Le ministre de l’Agriculture est l'invité de Questions Politiques. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Jeff Wittenberg (France Télévisions).

"Les agriculteurs sont les premiers concernés par la biodiversité et la transition écologique"

Selon le ministre de l'Agriculture  "il est hors de question de choisir entre écologie et agriculture". Il faut travailler avec les agriculture pour minimiser l'impact des pesticides, car eux aussi veulent préserver leur santé.

Programmation de la fin du glyphosate 

Au terme d'un long débat, les États membres de l'UE ont voté en novembre pour un renouvellement d'une durée de cinq ans de l'autorisation de ce produit jugé dangereux par les défenseurs de l'environnement mais indispensable par les agriculteurs. Quelques heures à peine après ce vote, Emmanuel Macron a réaffirmé que le glyphosate serait interdit en France "au plus tard dans trois ans".

Nicolas Hulot soutien un amendement demandant l’interdiction du glyphosate qui sera déposé par la majorité à l’occasion des débats de la loi sur l’alimentation. Pour le ministre de l'Agriculture le débat en séance publique doit avoir toute sa place .

"Le consommateur est prêt à payer quelques centimes de plus dès lors où il sait que le produit qu'il va acheter va mieux rémunérer les agriculteurs"

Le projet de loi sur l'agriculture présenté à partir de mardi à l’Assemblée nationale, est censé permettre une alimentation plus saine des Français et de mieux rémunérer les agriculteurs notamment en mettant fin à la "guerre des prix" avec la grande distribution.

Pour Stéphane Travert, mieux payer les agriculteurs ne se traduira pas par une forte hausse des prix pour les consommateurs.  

PAC : la France n'a pas dit son dernier mot

La France juge "inacceptable" la baisse proposée du budget de la politique agricole commune. Bruxelles prévoit notamment une baisse d'environ 5% des fonds alloués pour la période 2021-2027.  Beaucoup sont d'ailleurs sceptiques sur la manière dont sont présentés ces chiffres, et craignent qu'ils ne masquent en fait des coupes entre 10 et 20% en termes réels.   

Ces propositions ne constituent toutefois que le point de départ des négociations qui vont s'engager au niveau européen. La France s'est immédiatement mise en rapport avec les autres pays européens pour s'opposer à une PAC qui n’est pas "juste" selon Stéphane Travert et décider "un document commun".

"C'est le camembert de Normandie AOP au lait cru qu'on assassine" 

Des chefs étoilés ont signé une tribune dans Libération mardi, pour dénoncer un accord conclu entre les fabricants de ce fromage, qui risque de devenir, selon eux, "une vulgaire pâte molle sans goût". Dans le Figaro, Natacha Polony dénonce ce dimanche "Le camembert, appellation d'origine humiliée"...

Après 10 ans de bataille, un accord de principe a été trouvé en février dernier, pour mettre un terme au manque de lisibilité qu'entraîne la coexistence des appellations "Camembert de Normandie" et camembert "fabriqué en Normandie".  D'ici 2021, il n'y aura plus qu'un seul et unique camembert de Normandie AOP qui produira "une montée en gamme pour tout le monde" selon l'Institut national des appellations (INAO). Et qui ne produira pas de confusion pour le consommateur, explique Stéphane Travers qui souhaite la mise en place d'une "marque distinctive" selon la méthode de fabrication des camemberts.

Sept poules pondeuse sur dix sont élevées en cage

L'association L214 et l'actrice Sophie Marceau ont publié ce dimanche une vidéo dénonçant les conditions dans lesquelles les poules pondeuses sont élevées. Des images qui montrent des animaux en mauvaise santé ainsi que des cadavres en décomposition, dans des cages plongées dans le noir. L'association et la comédienne Sophie Marceau interpellent les députés pour qu'ils votent l'interdiction de l'élevage des poules en batterie.

Pour le ministre, la filière est déjà dans "une forme de progrès" et "dans quelques temps il n'y aura plus de poules en cage, au fur et à mesure des investissements nouveaux. "

Tournée du premier anniversaire

Le gouvernement a lancé jeudi une opération communication tous azimuts. Réunions publiques dans toute la France, interview au 20h, tracts, tout est mis en oeuvre pour assurer le service après-vente du "plan de transformation" initié il y a un an avec l'élection d'Emmanuel Macron. La quasi-totalité des ministres a donc tenu meeting simultanément dans un format imposé : quelques minutes d'introduction puis un jeu de questions-réponses avec la salle.  

Partout ou presque, les mêmes questions, mais surtout les mêmes critiques : la limitation à 80Km/h, mais surtout la baisse des retraites via la hausse de la CSG. Sur ce sujet, "nous n'avons pris personne en traître" se défend Stéphane Travers, "c'était dans le programme d'Emmanuel Macron".

Interrogé sur la suppression de la Taxe d'habitation, le ministre de l'Agriculture s'est prononcé pour son maintient sur les résidences secondaires.

Pour son opération d'"explication", le gouvernement a ciblé les villes petites ou moyennes, pour beaucoup dans des régions rurales, afin d'atteindre un public cajolé par l'opposition, notamment de droite, qui accuse l'exécutif de déconnexion avec ces territoires et Macron d'être "le président des villes" et maintenant également "le président des riches".

"Macron aime le contact avec les territoires", répond le ministre de l'agriculture.

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Jacques Travert est l'invité de Questions Politiques © Maxppp / Presse Océan / Olivier Lanrivain
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