La garde des Sceaux, ministre de la Justice, était l'invitée d'Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Jeff Wittenberg (France Télévisions).

La Garde des Sceaux Nicole Belloubet était ce dimanche l'invitée de Questions Politiques, et a d'abord réagi à la tribune, parue ce dimanche, signée par 300 personnes, contre "le nouvel antisémitisme" : "Il y a là pour notre pays, _comme dans tout ce qui caractérise les exclusions, un danger sur lequel on doit être vigilants_. Et c'est ce qu'a souligné le Premier ministre lorsqu'il a présenté son plan de lutte contre l'antisémitisme". 

"Pour mon ministère, il y a une volonté farouche de lutter contre l'antisémitisme", assure-t-elle, affirmant avoir envoyé une circulaire en ce sens aux procureurs. Face à un "nouvel antisémitisme", elle alarme sur l'urgence de "tout faire pour éviter une guerre des communautés, car la France est un pays de la mixité, de la cohésion". "Si cette tribune traduit une inquiétude, il faut y répondre par une volonté de cohésion". 

Sur la loi Asile et immigration

Alors que l'Assemblée nationale est le lieu de débats houleux, y compris au sein de la majorité, sur la loi Asile et immigration, qu'en pense la ministre de la Justice ? "Quand on est membre d'un gouvernement, on est par définition solidaire de ce gouvernement, sinon on n'y reste pas", explique-t-elle. "Le Parlement est le lieu du débat. Même s'il y a au sein même du gouvernement, avant qu'un texte de loi sorte, une phase "cachée", avec des réunions interministérielles où chacun débat". 

Selon elle, "dès lors qu'une position de groupe a été affirmée, il semble logique qu'elle soit respectée". Sur le fond, en outre la ministre estime que le projet de loi a une exigence d'équilibre, par exemple sur la question de la durée de rétention pour les familles et leurs enfants : "C'est l'idée de ne pas séparer les familles, ne pas prendre appui sur des enfants pour ne pas pouvoir expulser les parents. Je ne suis pas favorable à l'idée de séparer enfants et parents. Je tiens à redire que le texte de loi place l'intérêt supérieur de l'enfant avant toute chose".

Sur Tolbiac et la réforme de l'entrée à l'université

La ministre a également été invitée à réagir à l'évacuation de site de l'université Paris 1 à Tolbiac dans la semaine : "La réforme peut générer des inquiétudes, ça ne justifie en aucun cas ce qu'il s'est passé à Tolbiac", dit-elle, tout en justifiant la réforme : "Je suis professeure d'université, j'ai pu observer qu'en fac de droit que des dizaines d'élèves abandonnent en cours d'année ou à la fin de la première année. Je suis hostile à cela : il vaut mieux dire aux jeunes la vérité, que si c'est cela que vous voulez faire, il faut vous mettre à niveau, ou alors qu'il y a d'autres filières". 

Sur la réforme de la Justice

Après avoir présenté vendredi les grands axes de sa réforme de la Justice, Nicole Belloubet a été invitée à en défendre plusieurs points : "Dans cette réforme nous proposons par exemple une numérisation des procédures, mais pour numériser, il faut simplifier", explique-t-elle. "Quand un citoyen veut aller devant un tribunal au civil, aujourd'hui il a cinq manières différentes pour présenter son dossier. Nous voulons qu'il n'en reste qu'une".

Sur la disparition des jurys populaires pour les crimes passibles de moins de vingt ans de prison, la ministre précise qu'il s'agit d'une mesure qui sera menée "à titre d'expérimentation, pendant trois ans, dans une dizaine de départements". "La difficulté que nous avons c'est que les cours d'assisses ont une procédure très lente. Il nous arrive d'être condamnés par la CEDH. Ce que nous voulons, ce sont des jugements sur les crimes beaucoup plus rapides. Nous voulons éviter qu'on ait parfois une demande de déclassification du crime en délit pour aller plus vite devant un tribunal correctionnel". 

La question de la politique pénale est également posée. "Il faut reconstruire une politique pénale, comme l'a exposée le Président de la République à Agen. Puis regarder les résultats et adapter la construction des prisons à ces résultats. Nous voulons des peines qui soient adaptées aux personnes condamnées. Et que quand des peines d'emprisonnement sont prononcées, elles soient appliquées", déclare la ministre. 

Sur le recrutement des surveillants de prison, Nicole Belloubet explique par ailleurs que selon elle, "la difficulté n'est pas tant de trouver des candidats, c'est plutôt de fidéliser ces personnels, qui s'en vont parce que les conditions de travail ne sont pas toujours à la hauteur de ce qu'ils ont imaginé. L'attractivité, c'est la raison pour laquelle nous avons mis en place une prime pour que les personnels de surveillance restent. Et surtout je veux revaloriser le travail qu'ils font". 

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Le zapping politique de la semaine, par Aurélien Colly

Le portrait de l'invitée, par Carine Bécard

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