Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et candidat à l'élection présidentielle, est l'invité de Questions Politiques ce dimanche.

Nicolas Dupont-Aignan sur le plateau de Questions Politiques
Nicolas Dupont-Aignan sur le plateau de Questions Politiques © Radio France / Capture d'écran

Où se positionne Nicolas Dupont-Aignan, dans le paysage politique ? Candidat à l’élection présidentielle, le président du parti Debout la France affirme que la question de “l’espace entre Fillon et Le Pen” ne l’intéresse pas. “L’essentiel, c’est qu’il y a 20 millions de Français qui n’ont pas fait leur choix”, explique-t-il. “Des instituts de sondage me disent que leurs sondages n’ont aucune valeur, la moitié des gens répondent qu’ils n’ont pas encore fait leur choix”, assure le député de l'Essonne.

Il rejette aussi l'étiquette d'extrême-droite : "Aujourd'hui, si on est patriote, on est immédiatement assimilé FN", déplore-t-il, assurant que son programme - qu'il promet de détailler le 1er février prochain - n'est pas le même que celui de Marine Le Pen.

Une nouvelle voie ?

Ce que prône Nicolas Dupont-Aignan, c’est une voie “alternative” : “Je suis certain que la vie politique aujourd’hui est un marécage, je suis convaincu qu’il y a autre chose” que “les Fillon, Valls, Macron qui ont si mal gouverné”. Interrogé sur le programme de François Fillon, qu’il qualifie de “programme de souffrance absurde”, il se dit convaincu qu’il faut privilégier, à la place, “la relance du pouvoir d’achat”.

“Fillon est un candidat très fragile, qui ne sera pas au second tour si on continue comme ça”.

Que pense-t-il de l’élection de Donald Trump ? S’il dit ne pas avoir d’amitié particulière pour le nouveau précédent des Etats-Unis, il dit toutefois qu’à force “de laisser les injustices l’emporter, les chômeurs devenir plus chômeurs, les produits fabriqués en Chine, on arrive à Trump. Quand on fait du déni permanent, on arrive toujours à une alternative plus ou moins raisonnable”. Il dit aimer chez Donald Trump, comme chez la Première ministre britannique Theresa May, le fait que ce sont des chefs d’Etat qui défendent leur pays.

“La Chine va nous manger”

Pour Nicolas Dupont-Aignan, qui prône une indépendance vis-à-vis de l’Union européenne, la France peut-elle faire son destin seule ? “Je n’ai jamais dit “seule”, je veux que la France soit libre”, répond-il. Or “la liberté n’est pas liée au poids [démographique] d’un pays, surtout dans la mondialisation d’aujourd’hui (...). Notre pays a tous les atouts dans la mondialisation, à condition de ne pas être prisonnier de règles injustes”.

Ce que prône le candidat gaulliste, c'est "un dosage entre ouverture au monde et protectionnisme intelligent", sans quoi selon lui, "la Chine va nous manger". "Quand les Chinois vendent des panneaux solaires sous le prix du marché et que ça tue toute notre industrie du panneau solaire, vous appelez ça la liberté ?" demande-t-il.

Relance par le pouvoir d'achat

Le programme économique de Nicolas Dupont-Aignan repose donc selon lui sur deux piliers qui permettront, promet-il, de créer deux millions d'emplois en cinq ans. D'une part, des mesures incitant les entreprises à relocaliser en France, et notamment une division de l'impôt sur les sociétés par deux pour les entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices en France ; d'autre part, une relance du pouvoir d'achat avec une hausse de 100€ pour chaque pension de retraite, financée par les huit milliards d'euros qu'il compte économiser sur la contribution de la France à l'Union européenne.

Le candidat de Debout la France promet aussi une lutte contre la grande fraude fiscale et en particulier contre les arnaques à la TVA, qui coûtent selon lui 20 milliards d'euros à la France. Dans son viseur également, le pantouflage des hauts fonctionnaires, qui partent dans le privé "avec leur carnet d'adresses pour se vendre, se prostituer".

"Notre modèle social est en danger"

Sur les questions d'immigration et de contrôle aux frontières, Nicolas Dupont-Aignan préconise un retour des contrôles systématiques à l'aide des nouvelles technologies, "comme les portiques de l'écotaxe qui permettront de photographier les plaques d'immatriculation".

"Je tiens à l'assimilation comme à la prunelle de mes yeux", assure-t-il, regrettant que selon lui, le manque de contrôle de l'immigration mette en danger le modèle d’assimilation français. "Si on continue à laisser l'immigration prendre le dessus sur la natalité , on va changer de population" affirme-t-il, tout en disant ne pas adhérer à l'idée du "grand remplacement". Sa proposition : "freiner les flux migratoires pour digérer les enfants d'étrangers qui sont en France et qui sont Français".

Le candidat à la présidentielle propose donc que pendant les cinq premières années de résidence, un étranger arrivé en France ne reçoive pas d'aides sociales, même s'il cotise pour. "Vous contribuez d'abord à la richesse du pays qui vous accueille, et quand vous avez contribué pendant cinq ans, vous avez chargé vos droits, et vous avez le droit de percevoir vos allocations", détaille-t-il.

VTC : statut d'indépendant et numerus clausus

Interrogé sur la situation des chauffeurs de VTC (notamment chez Uber), il estime qu'il s'agit du "résultat de la non-prise en compte de la mutation technologique" et propose trois mesures : la création d'un statut d'indépendant allant de l'auto-entrepreneur à la PME, la mise en place d'un numerus clausus pour les VTC comme pour les taxis, et l'obligation pour Uber de salariés les chauffeurs "lorsque le lien de subordination devient trop fort".

Une "Europe des projets"

Invité à préciser sa position sur la place que doit occuper la France dans l'Europe, il dit croire en "l'Europe des nations et des projets", et se dit favorable à une Europe où "chaque peuple contrôle ses dirigeants qui ont les moyens de mener leur politique", c'est-à-dire "voter nos propres lois sans subir les directives de Bruxelles". S'il est élu, Nicolas Dupont-Aignan propose de dénoncer immédiatement tous les traités européens, de suspendre l'application des mesures les plus choquantes selon lui (dont l'espace Schengen), et de proposer un nouveau traité. "Soit ça passe dans les six mois, soit on s'en va", conclut-il.

Souveraineté numérique

Interrogé sur ce principe de "souveraineté numérique", Nicolas Dupont-Aignan donne l'exemple du système informatique du nouveau ministère de la Défense à Paris confié à une entreprise américaine. "Je trouve ahurissant que notre loi de programmation militaire ne se concentre pas sur la cybersécurité", ajoute-t-il également. S'il est élu, il promet d'accorder l'asile au lanceur d'alerte Edward Snowden, actuellement hébergé en Russie.

REVOIR : La première partie de Questions Politiques

La deuxième partie de Questions politiques et les réponses aux auditeurs

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