Issu lui-même d'une procréation médicalement assistée (PMA), le secrétaire d'État Gabriel Attal s'est dit "satisfait" du débat qui se tient à l'Assemblée sur le sujet mais estime avoir été "heurté" par certains discours. Il juge par ailleurs que "ce débat a été tranché dans la société".

Invité de France Inter dimanche midi, le secrétaire d'État Gabriel Attal, se dit "très satisfait de la manière dont les débats se profilent à l'Assemblée sur la procréation médicalement assistée (PMA) qui se déroule de manière dépassionnée, sans hystériser. J'espère qu'on va garder ce climat là dans le débat public" accordant toutefois que cela ne présageait pas de la bonne tenue du débat public. 

"Il faut entendre tous les regards" mais "il y a certains discours qui m'ont heurté" sur la PMA, témoigne Gabriel Attal qui a lui-même été conçu par une PMA dans une famille hétéroparentale, alors que l'ouverture de la PMA à toutes les femmes sera examiné à partir de mardi à l'Assemblée nationale.

Gabriel Attal estime que ne pas autoriser la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes, couples de femmes ou femmes seules serait "méconnaître la situation d'énormément d'enfants qui sont élevés dans des familles homoparentales ou monoparentales". 

"Moi, je suis issu d'une PMA. C'est la science qui m'a permis d'être là. Je n'ai pas le sentiment d'avoir été moins aimé par mes parents que les autres et je considère avoir été très bien élevé", déclare le secrétaire d'Etat en dénonçant les propos de certains opposants à la PMA pour toutes qui disent que les enfants en naissant seront "moins bien élevés" que les autres parce que le désir d'enfant des parents primerait sur l'intérêt de l'enfant. "Si on retient cet argument, on peut l'étendre y compris à toutes les PMA et à la PMA qui existe aujourd'hui, et donc je me suis senti assez concerné", commente-t-il.

"Ce débat, il a été tranché dans la société"

Alors que l'Académie nationale de médecine a émis des "réserves" quant à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, Gabriel Attal met en avant sa "légitimité pour s'exprimer sur ce sujet" tout en renvoyant l'Académie à l'avis positif rendu par le Comité national d'éthique. Il balaie son argument en disant qu'on "ne peut pas considérer" que les enfants élevés par des femmes seules sont "des enfants gâchés". Si l'Académie s'inquiète de l'absence de figure paternelle, le secrétaire d'Etat estime que "ce débat, il a été tranché dans la société. On voit bien qu'aujourd'hui les enfants ont la possibilité d'avoir des repères masculins, féminins dans leur entourage, dans l'entourage de leurs parents" et "beaucoup d'enfants ont grandi dans des familles homoparentales, dans des familles monoparentales et finalement les choses se font parce qu'on est dans cette société-là".

Il assure par ailleurs que la gestation pour autrui ne sera pas légalisée et qu'il s'agit d'un débat très différent : "C'était l'un des engagements d'Emmanuel Macron : elle restera interdite". "Pour moi il faut être très clair sur ce sujet-là parce que sinon on agite un peu des peurs et on donne du carburant à ceux qui veulent essayer d'instiguer le doute. Il n'y a pas de doute à avoir sur ce sujet", conclut-il. 

"Des violents, des black bloc", ont "pourri" la manifestation

Le secrétaire d'État est également revenu sur la Marche pour le climat de ce samedi, en affirmant que les black blocs avaient "pourri l'ambiance" : "Ce qui a dominé hier c'est que des black bloc, des violents ont pourri la manifestation pour le climat et je le regrette, mais le pire a été évité en terme d'ordre public et de sécurité".

Selon lui, sur la question écologique, "il faut changer radicalement de modèle" pour préserver l'environnement "et c'est ce qu'on est en train de faire". "Il y a eu un virage écologique très fort depuis quelques mois et on le doit notamment à la mobilisation des jeunes" a estimé par ailleurs Gabriel Attal. 

Les "gilets jaunes" ? "On a mis du temps à répondre"

"Évidemment qu'on n'a pas transformé l'état du pays, qu'on n'a pas refermé le couvercle d'une cocotte minute qui bouillait depuis 20 ans", a réagi Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, interrogé ce dimanche sur la nouvelle journée de mobilisation des "gilets jaunes" sur France Inter, dans Questions Politiques. 

"On a mis du temps à en tenir compte, à y répondre. C'est vrai, on a traîné mais il y a eu une prise de conscience", a déclaré le plus jeune ministre nommé sous la Ve République. "On peut avoir un peu d'humilité et penser qu'on s'est planté sur un certain nombre de choses et qu'on s'est rendu compte qu'il fallait gouverner différemment", a ajouté Gabriel Attal.

Des ministres "surveillés" ?

Pour atteindre ses objectifs, quel que soit le domaine, le président de la République surveille ses ministres à travers une application, comme l'a appris franceinfo en début de semaine. Gabriel Attal, qui sera par ailleurs candidat sur une liste aux municipales à Vanves (Hauts-de-Seine), commune où il est déjà conseiller municipal, y voit quelque chose de "normal et sain" : "Il (Emmanuel Macron) nous demande d'être efficace. C'est normal que le président, qui fixe des objectifs, contrôle la manière dont on y arrive", a-t-il assuré. 

L'immigration, un débat nécessaire

Gabriel Attal s'est dit favorable au débat sur l'immigration voulu par le chef de l'État au Parlement : "Je pense qu'il est important d'avoir un discours de vérité. J'ai le sentiment qu'on en parle mal, que c'est un totem de l'extrême-droite et un tabou pour les progressistes" a-t-il estimé, expliquant qu'il serait aussi l'occasion de faire le bilan de la loi "asile et immigration" votée il y a un an. 

À ce propos, Gabriel Attal assure le maintien de l'aide médicale d'état : "Quelqu'un qui est en France, quelque soit son origine, sa nationalité : on le soigne. C'est un enjeu d'humanité et de sécurité sanitaire : on ne laisse pas crever quelqu'un dans la rue. Maintenant, il faut voir s'il y a des abus."

  • Légende du visuel principal: Gabriel Attal, dans les studios de France Inter le 22 septembre 2019. © Radio France /
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  • Gabriel AttalSecrétaire d'État auprès du Ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse
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