Yannick Jadot, Eurodéputé, tête de liste des écologistes à l'élection européenne de 2019, est l’invité de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

Invité à préciser son refus de faire campagne avec Ségolène Royal en vue des élections européennes, Yannick Jadot a dit considérer la stratégie de l'ancienne ministre de l'Environnement, celle de rassembler la "gauche plurielle" de "vieille politique".

L'écologiste qui rappelle comment, lorsqu'elle était ministre, Ségolène Royal a plié devant les "bonnets rouges", faisant perdre "5 milliards de recettes fiscales" destinées au développement des transports publics. Yannick Jadot insiste aussi sur les négociations menées par la ministre, au moment du Dieselgate, pour négocier au niveau européen un doublement des normes autorisées d'émission de gaz à effet de serre.

L'eurodéputé insiste : "L'écologie a été la victime expiatoire des "bonnets rouges", je ne veux pas que l’écologie soit la victime expiatoire des renoncements politiques." Pour préserver l'environnement, pour porter les idées écologiques, Yannick Jadot dit avoir tiré la leçon de ses alliances passées : "Ma logique a toujours été de dire 'comment nos idées gagnent' et ma leçon de tout cela, c'est que s'il n'y a pas d'écologiste pour porter les idées écologiques, ça ne marche pas."

"J'ai été choqué" par les images de l'acte VI des "gilets jaunes"

Sur le mouvement des "gilets jaunes", alors que l'acte VI, samedi, semble s'essouffler et laisser la place à une traîne plus violente et extrémiste, Yannick Jadot s'est dit "choqué" par les images diffusées ce samedi : "Je crois que ça suffit ! Quand vous avez des policiers qui sont quasiment lynchés, quand vous avez en Charente un procès organisé et où l'on décapite une effigie du président de la République, on balance du faux sang, on brûle... C'est extrêmement choquant !", a énuméré l'ancien candidat d'EELV à l'élection présidentielle de 2017. "Quand vous avez des manifestants qui vont à Montmartre pour soi-disant "commémorer la commune" et qui font la quenelle et qui instrumentalisent le beau chant des partisans pour en faire un chant antisémite, je me dis que là, on a dépassé les limites."

Yannick Jadot qui dénonce aussi les responsables politiques du Rassemblement national ou de la France insoumise qui, pour certains, applaudissent le mouvement et l' "attisent", au lieu de "jouer l'apaisement". Le député européen appelle le gouvernement à mener le débat public qu'il propose avec un objectif de construction politique, afin d'en finir avec ce défaut de représentativité qui a cristallisé la colère des militants.

Pour l'écologiste, si ce mouvement est né dans la hausse des carburants, il traduit surtout la projection "d'un ras le bol de la vie chère". Pour y remédier, il prône un investissement sur le logement et notamment les travaux nécessaires pour réaliser des économies d'énergie, une solution qui soulagerait à la fois le porte-monnaie des ménages, l'emploi local et l'environnement. 

"Les budgets pour la rénovation des logements ont baissé" déplore Yannick Jadot qui appelle à un "plan Marshall de l'isolation des logements".

Interrogé sur le projet du futur aménagement d'un complexe touristique en Îles de France, nommé Europacity, Yannick Jadot a dénoncé un projet "totalement aberrant" qui vise à "sacrifier de bonnes terres agricoles" pour "enrichir les investisseurs chinois", qui "nous emmène dans l'impasse".

"Les citoyens attendent beaucoup de l'État" a convenu Yannick Jadot, pour adopter un mode de vie plus écologiste. Mais l'élu rappelle sa vision de l'écologie. Il ne s'agit pas de "prendre une douche par semaine dans le noir", mais de trouver de la satisfaction, du plaisir, à l'écologie.

Notre force, martèle-t-il, c'est d'investir dans le renouvellement durable, dans les énergies vertes, car c'est dans ces secteurs, affirme Yannick Jadot, que l'on crée des richesses et de l'emploi.

____________________________________________________

10 avril 2019 - Droit de réponse de M. Thomas GUENOLE 

Monsieur Thomas GUENOLE estime que les propos tenus par Monsieur Yannick JADOT, député européen Europe Ecologie Les Verts, le dimanche 23 décembre 2018 sur le plateau de l’émission « Questions politiques » de France Inter portaient atteinte à son honneur et sa réputation. 

Monsieur GUENOLE tient dès lors à préciser qu’en évoquant les manifestants « Gilets Jaunes » présents la veille à Montmartre auxquels il avait fait référence, Monsieur JADOT faisait en fait référence à un tweet de la part de Monsieur GUENOLE émis le 22 décembre 2018 dans lequel il félicitait un graffiti, fait à Montmartre, qui revendiquait la filiation politique entre les Gilets Jaunes et la Commune de Paris. Il précise qu’en aucun cas il ne félicitait « la quenelle » ou l’antisémitisme d’une partie des manifestants. Il n’a d’ailleurs pas pu évoquer ces expressions d’antisémitisme attribuées à certains gilets jaunes puisqu’il précise ne pas en avoir encore eu connaissance au moment de son tweet.

Monsieur GUENOLE tient également à rappeler son engagement sans relâche, actif et constant contre l’antisémitisme, soulignant que ces dix dernières années, il avait consacré de nombreuses tribunes dans la presse nationale, ainsi que plusieurs chapitres de ses livres, à combattre l’antisémitisme dans la société française. 

  • Légende du visuel principal: Yannick Jadot © Radio France
Les invités
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.