Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, sera l'invitée de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Virginie Malingre (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

"J'ai confiance dans l'action que nous menons"

Pour la ministre, le (long) passage à vide de la majorité dans les sondages est lié à la temporalité des réformes engagées : "Je suis profondément convaincue que les réformes que nous portons (celles de la lutte contre la pauvreté, de la santé, le budget de la Sécurité sociale qui va apporter de vraies avances) vont concrètement changer la vie des gens. Je suis persuadé que les Français sont très intelligents et qu'ils nous jugeront sur le fond."

"Ce que j'assume complètement, c'est que l'ensemble des réformes que je porte ne donneront pas de résultats dans un ou deux ans, elles auront des effets à long terme.", assure-t-elle. "C'est un combat dont les fruits apparaîtront dans 10 ou 15 ans."

PMA et GPA : "Certains agitent des chiffons rouges pour essayer de mobiliser les troupes"

Agnès Buzyn évoque également la future loi bioéthique : "Le calendrier a toujours été au début 2019. Un certain nombre d'étapes ont été franchies, la loi est en cours d'écriture. Elle comprend une centaine de mesures, ce n'est pas une loi sur la PMA, elle contient énormément de mesures."

Elle espère également éviter un débat similaire à celui sur le mariage pour tous : "La PMA c'est une bombe si l'on décide d'en faire un combat de société. Moi je pense qu'on est capables de travailler ces sujets avec respect, et c'est comme ça que je mènerai les débats dans l'hémicycle. Moi je suis favorable à l'ouverture de la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules. Je voudrais un débat apaisé."

Enfin, sur la question de la GPA, la ministre rappelle qu'elle n'est pas dans le projet de loi : "Certains agitent des chiffons rouges pour essayer de mobiliser les troupes, soyons clairs : la GPA n'est pas discutée."

"Je crois en la science et donc en la preuve scientifique"

Sur la question d'un possible déremboursement de l'homéopathie : "La première question, c'est est-ce qu'il faut continuer à rembourser à 30 % l'homéopathie alors que tous les médicaments remboursés aujourd'hui par la Sécurité sociale sont évalués pour leur efficacité. J'ai simplement demandé à la Haute autorité de santé qu'elle évalue l'homéopathie comme n'importe quel médicament. Si elle montre que c'est efficace, ça continuera à être remboursé. Mais ce n'est pas parce que ce n'est plus remboursé que ça ne pourra plus être prescrit." 

Sur l'IVG : "Nous avons différents outils pour faire en sorte que l'avortement soit un droit réel"

"J'ai demandé un état des lieux pour connaître combien de médecins font valoir la clause de conscience", explique Agnès Buzyn. Elle assure qu'il n'y a pas aujourd'hui de difficulté majeure pour accéder à l'IVG. "Il y a dans certains territoires des délais d'accès qui sont un peu longs", reconnait-elle. "Je dois veiller à ce que ce soit rapide pour que les femmes ne souffrent pas, car chaque jour qui passe est pénible."

Concernant une éventuelle suppression de la clause de conscience des médecins, "ce n'est pas à l'ordre du jour parce qu'il n'y a pas une diminution du nombre d'avortements réalisés en France chaque année, un peu plus de 200.000, et ce chiffre est stable depuis 10 ans."

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Agnès Buzyn, ministre de la Santé, sur le plateau de l'émission politique de Franceinfo le 21 août 2018. © Radio France / Jean-Christophe Bourdillat
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