Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, président de Debout la France est l’invité de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Virginie Malingre (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

Au lendemain de l'acte 15 des "gilets jaunes", Nicolas Dupont Aignan, président de Debout La France, qui soutient le mouvement depuis son commencement, déclare : "Enfin le peuple français se réveille parce qu’on ne peut plus être gouvernés comme cela. Je suis certain qui ce qui a commencé ne va pas s’arrêter (...) On ne peut plus continuer à prélever toujours plus sur les plus modestes, et à alléger toujours la charge des puissants et des riches". 

Sur les débordements constatées dans et en marge des manifestations, il assure avoir été l'un des premiers à demander que les manifestations soient déclarées et aient lieu le dimanche pour ne pas pénaliser les commerçants. Mais Nicolas Dupont Aignan accuse le gouvernement d'avoir laissé "pourrir" la situation : "Qui a laissé pourrir ces manifestations pour les déconsidérer ? Qui a bloqué le pays, si ce n’est Emmanuel Macron et son gouvernement ? J’ai demandé une commission d’enquête parlementaire". 

Il ajoute : "Je considère que quand des policiers laissent des casseurs s’infiltrer, qu’il y a des ordres de la préfecture de police de ne pas intervenir, je considère que tout a été fait pour scénariser les violences". Selon lui, "la responsabilité du pouvoir, c'était d'apporter des solutions, elles existent. Quand un pouvoir laisse pourrir une crise, il y a des dégâts collatéraux dramatiques". 

Quelles sont ces solutions ? "La seule façon de désamorcer le mouvement des 'gilets jaunes', ce n'était pas d’attendre, de laisser pourrir. Pourquoi ne pas agir, pourquoi ne pas agir sur l’ISF ? Pourquoi attendre ?", dit-il. Le leader de Debout le France dénonce "un grand débat qui n’est qu’un grand blabla et qui va aboutir à une catastrophe" face à ce qui pour lui aurait été la bonne solution, c'est-à-dire "de vraies mesures de justice sociale pour les retraités, pour les bas salaires qui travaillent, lutte contre l’assistanat, contre l’immigration clandestine, le référendum d'initiative citoyenne, etc". 

"Quand un pouvoir a été élu sur un malentendu, quand il a menti, qu'il avait promis une 'hausse légère de la CSG pour nos anciens pour qu’ils contribuent au travail'... Nos auditeurs retraités, s’ils reprennent la profession de foi d’Emmanuel Macron à la présidentielle et ils regardent leur feuille de retraite, _et ils verront qu’il y a eu un mensonge total_. Emmanuel Macron est légal, mais il n’est plus légitime parce qu’il a menti aux Français", déclare-t-il par ailleurs.

A quelques semaines des élections européennes, Nicolas Dupont Aignan explique qu'il a tenté d'obtenir une union de ce qu'il appelle "les patriotes et les républicains" : "J'ai essayé de faire comprendre à Laurent Wauquiez et à Marine Le Pen qu'aucun des deux ne gagnerait seul, et que si l'on reste divisés, des personnalités et des pouvoirs comme celui de Macron resteront en place". Il dit avoir tiré cette leçon de son alliance avec le Front national au deuxième tour de la présidentielle : "Il manquait une aile, l'aile républicaine : c'était un duo entre Marine Le Pen et moi, mais ça ne suffisait pas. On a aussi payé un programme qui n’a pas été jugé assez crédible et assez sérieux pour les Français". 

Il lancera donc une liste en faisant alliance "avec 24 partis politiques issus de 24 pays, où beaucoup gouvernent, comme en Pologne, au Danemark, en Finlande", et qui sont selon lui "des groupes eurosceptiques modérés. On n'est pas contre l'Europe, on veut renégocier les traités, rendre aux nations des pouvoirs, et concentrer l'Europe sur des projets de coopération scientifique et technique". 

Il demande par ailleurs à ce que tous les partis d'opposition puissent emprunter des fonds pour faire campagne : "Il y a un vrai problème, et je demande au président de la République de permettre à monsieur Mélenchon, à monsieur Bellamy, à monsieur Bardella, d’emprunter. Car une démocratie où les banques ne prêtent qu’au pouvoir et pas à ceux qui sont contre le pouvoir n’est plus une démocratie”.  

Nicolas Dupont Aignan, qui veut lutter contre l'immigration de masse, réfute le terme exact de "grand remplacement" mais explique qu'il "y a un danger de déstabilisation et de guerre civile en Europe, parce qu’on ne maîtrise pas l’immigration. L’immigration, à doses raisonnables, peut être positive pour un pays". "Je n’accepte pas qu’une minorité qui arrive sur notre sol veuille détruire des siècles de conquête notamment pour les femmes, veuillent détruire la laïcité, et veulent empêcher les Français récents d’être Français. J’ai un monsieur un jour, un chirurgien algérien, qui m’a dit qu’il n’avait pas fui l’Algérie pour retrouver en Seine Saint Denis les barbus qui ont fait des milliers de morts en Algérie”, raconte-t-il par aussi.

 Interrogé sur son invitation à Eric Zemmour dans sa ville, qui est revenu sur le rôle du maréchal Pétain sous l'occupation, Nicolas Dupont Aignan a d'abord justifié : “J’écoute Eric Zemmour, je lui ai dit ce que j’en pensais, ce qu’il a dit c’est que la zone libre avait fait en sorte que moins de juifs soient envoyés dans les camps que dans les zones complètement occupées. (...) Je ne suis pas d’accord avec tout chez Eric Zemmour, je lui ai dit en introduction que son livre sur l’histoire de France était remarquable, mais qu’ensuite on est d’accord ou pas au regard de l’histoire officielle". 

Mais il a ensuite pris à parti les journalistes de Questions Politiques : "Il y a ceux qui pensent que la France est en danger et qui veulent changer de politique, et il y a ceux qui alimentent de fausses polémiques pour discréditer ceux qui veulent sauver leur pays. Vous, par exemple, parce que vous truquez tout, parce que vous passez votre vie à faire passer vos convictions personnelles avant votre déontologie de journaliste. (...) Je m’en fiche complètement de ce que vous pensez. Je viens ici pour parler aux Français parce que vous êtes une radio publique et que vous avez le devoir d’inviter tout le monde, ce que vous ne faites pas. Moi ce que je dis, c’est que la petite classe médiatique qui veut faire croire aux français qui ne pensent pas comme eux qu’ils sont racistes, antisémites, xénophobes, pétainistes, c’est insupportable. C’est toujours les mêmes méthodes : ce sont des méthodes bolcheviques".

Enfin, le député de l'Essonne a évoqué la question du rapatriement des djihadistes français : "J’accuse le gouvernement et madame Belloubet, au cas par cas, de faire entrer aux frais du contribuable des tueurs en série, par idéologie, parce que monsieur Castaner a dit “ils sont Français avant d’être djihadistes”, or ils ont combattu contre la France, ils ne sont plus français, ils doivent être condamnés en Irak et en Syrie et mourir là-bas. Ce sera le cas. Le gouvernement, c’est la honte de la France". 

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Nicolas Dupont-Aignan sur le plateau de Questions Politiques © Radio France / Capture d'écran
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