Nathalie Loiseau, ministre chargée des Affaires européennes, est l'invitée de "Questions Politiques". Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

L'actualité européenne a été particulièrement marquée cette semaine par les désaccords sur la question des migrants. Une question que Nathalie Loiseau regrette de voir instrumentalisée à des fins politiques : "Certains se servent des difficultés non pas pour les résoudre mais pour les envenimer. Il y a un défi migratoire depuis 2015. Mais au moment où les populistes agitent le chiffon rouge, on a déjà divisé par dix le nombre d'arrivées sur les côtes et sur le sol européen."

Sur l'exemple de l'Aquarius, la ministre assure que "c'était à l'Italie d'accueillir ce bateau. En droit de la mer, quand un bateau est en difficulté, il débarque ses passagers dans le port sûr le plus proche." Elle dénonce l'attitude du gouvernement local : "Est-ce que nos partenaires italiens veulent trouver des solutions ou envenimer des problèmes ? Je serais intéressée de voir quelles solutions faisables les Italiens mettent sur la table. Nous, on cherche une solution, avec sincérité, on est prêt à y mettre des moyens."

Pour Nathalie Loiseau, la question migratoire est avant tout une question à gérer dès "les pays d'origine". "Depuis l'année dernière, nous avons proposé et mis en place un système où l'Ofpra se rend régulièrement au Niger ou au Tchad. Nous évitons [aux migrants] le calvaire de la traversée de la Libye et de la Méditerranée."

Elle assure que "la plupart du temps, il y a 10 % de véritables demandeurs d'asile, et il y a un détournement par des passeurs du droit d'asile. On fait miroiter la possibilité d'obtenir l'asile dans un pays européen alors qu'ils ne l'obtiendront pas. Les ONG sauvent des vies, la vraie question c'est de lutter contre les passeurs. Aujourd'hui, vous gagnez plus d'argent en trafiquant des êtres humains qu'en trafiquant de la drogue."

"Il y a un constat commun, c'est qu'on n'a jamais eu autant besoin d'Europe"

L'Union européenne fait-elle face au blocage de trop ? Y compris au sein des "locomotives" comme l'Allemagne, où la question divise ? "L'Europe n'avance que quand la France et l'Allemagne se mettent d'accord sur un projet, et qu'ensuite il est adopté par les autres. La vie politique allemande est mouvementée, on souhaite le succès d'Angela Merkel parce que l'Allemagne et l'Europe en ont besoin. Il y a un constat commun, c'est qu'on n'a jamais eu autant besoin d'Europe."

Sur les élections européennes : "Je suis ministre, je suis à 100 % à ma tâche"

Qui pour mener la prochaine bataille électorale ? Pas Nathalie Loiseau, qui rappelle qu'elle est "ministre, à 100 % à [sa] tâche". "Avoir peur des élections, ce serait être antidémocratique. Mais la REM fonctionne pour les européennes comme pour les élections précédentes : on commence par trouver un projet."

La communication selon Emmanuel Macron

Petites phrases, "pognon de dingue", vidéos opportunément diffusées par l'Élysée... La communication de la présidence pose question aussi. "Je ne dis pas que vous les inventez, je dis que vous en faites votre miel", assure la ministre sur les "petites phrases" du président. "Il y a une focalisation sur une phrase par ci, une phrase par là." Quant aux "bugs" de cette communication, quand on parle par exemple des "assiettes de l'Elysée" ou de la "piscine de Brégançon", Nathalie Loiseau peine à trouver des justifications...

Le portrait de Nathalie Loiseau par Carine Bécard

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