Le secrétaire d'État auprès du Premier ministre chargé des Relations avec le Parlement, et porte-parole du gouvernement, est l'invité de Questions Politiques.

Christophe Castaner
Christophe Castaner © Radio France / Anne Audigier

"Jean-Luc Mélenchon est dans le déni de réalité"

Le porte-parole du gouvernement s'est à nouveau attaqué aux propos de Jean-Luc Mélenchon, estimant que "c'est une faute politique de mettre sur le même niveau ceux qui ont fait tomber les nazis (et la rue y a contribué) et Alain Juppé ou Emmanuel Macron" (même si la citation en question en question est en réalité bien plus longue et complexe).

"Jean-Luc Mélenchon est dans le déni de réalité", estime Christophe Castaner. "Il est dans une espèce de revanche permanente. Il voudrait nous faire croire que le pouvoir en France [pendant la Seconde Guerre Mondiale] est aussi illégitime que celui d'Emmanuel Macron. Il se trompe. Nous avons gagné les élections présidentielles et législatives, et lui-même a connu une vraie déroute alors qu'il veut nous imposer la cohabitation."

"Bloquer la France est la plus mauvaise façon de se faire entendre"

Autre front social contre la réforme du code du travail, la mobilisation des routiers prévue lundi, avec de possibles blocages de dépôts de carburant. Le gouvernement essaie d'ailleurs d'éteindre cette colère avant qu'elle ne s'exprime, ce que rappelle Christophe Castaner : "Les routiers portent une inquiétude légitime, d'abord sur les ordonnances. On peut leur rappeler qu'elles menacent pas leur temps de travail, les temps de pause ou leur salaire minimum."

Le gouvernement a-t-il peur des mobilisations des routiers ou des étudiants, reçus ces derniers jours pour lever leurs inquiétudes ? "Au fond, c'est la même méthode que pour les ordonnances", assure le porte-parole. "On a reçu la CGT. À un moment donné, on constate un désaccord et c'est la responsabilité du politique de prendre une décision. Là, évidemment nous travaillons avec les partenaires dans ces mondes. Nous ne voulons pas de blocage de la France : c'est la plus mauvaise façon pour eux de se faire entendre."

Sur la PMA : "Il faut éviter l'hystérisation qu'on a connue avec le mariage pour tous"

C'est un autre sujet délicat pour le gouvernement, même si Christophe Castaner rappelle qu'il s'agit bien d'un engagement d'Emmanuel Macron et qu'il sera tenu malgré les oppositions. Y compris celles qu'il pourrait y avoir en interne. "C'est un sujet sensible, où il faut éviter l'hystérisation qu'on a connue pendant le débat sur le mariage pour tous", explique-t-il. "Mais il faut assumer d'être offensif sur le sujet. Moi je considère que c'est pas forcément le fait d'avoir un père et une mère qui fait la structure familiale."

Christophe Castaner rappelle aussi que la PMA et la GPA sont deux questions totalement distinctes, et que la première devrait à terme être accessible à toutes les femmes. Mais sans doute pas dès 2018, comme le souhaitait Marlène Schiappa : "On veut lier ça au débat sur la loi bioéthique", explique le porte-parole du gouvernement. "Et le calendrier de la loi bioéthique va sûrement chevaucher la fin de l'année 2018 et aller jusqu'en 2019."

L'objectif, selon lui, c'est aussi d'éviter l'opposition violente de la part des opposants sur cette question : "On peut être brutal, et dire : c'est comme ça et pas autrement. Pendant le mariage pour tous, j'ai fait les 15 jours de débats assis dans l'hémicycle. Et on a généré de la violence pure. Là on veut qu'il y ait, sur la question bioéthique, un vrai débat."

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