Le secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement, était l'invité de Questions Politiques. Une émission présentée par Ali Baddou avec Cyril Graziani (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement
Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement © AFP / Joël Saget

Quelques heures après de nouveaux bombardements du régime syrien sur la Ghouta orientale, le porte-parole du gouvernement a souhaité que la trêve humanitaire demandée par l'ONU samedi puisse être "mise en oeuvre dès aujourd'hui". 

"Les bombardements ont continué ce matin, la résolution de l'ONU a été votée hier soir. C'est un premier pas et il faudra faire en sorte qu'elle puisse être (...) mise en oeuvre dès aujourd'hui", a expliqué Benjamin Griveaux. 

Il y avait des discours, désormais on a une résolution adoptée à l'unanimité au conseil de sécurité des Nations unies. 

"Est-ce que ça règle tous les problèmes ? Non. Est-ce que d'un coup de baguette magique la situation du peuple syrien, qui vit ce drame depuis sept ans, va s'arrêter ? Non. Mais c'est un premier pas qui était indispensable"

Après 30 années d'immobilisme, transformer le pays ça prendra du temps

Réforme de la SNCF, du marché du travail, du modèle agricole, du logement, du capital, de l'entreprise, de l'asile et de l'immigration... Pour Benjamin Griveaux, les Français ont voté pour Emmanuel Macron car ils "en avaient marre de 30 années d’immobilisme". Les réformes arrivent toutes ensemble et très rapidement, car "il y a beaucoup d'impatience dans le pays et beaucoup de colère. Il faut donc pouvoir engager toutes les transformations en même temps". 

Vous ne transformez pas le pays en essayant de ne pas désespérer la CFDT ou de faire plaisir

A la veille de la présentation de la réforme de la SNCF par Edouard Philippe, Benjamin Griveaux, s'étonne de la "drôle de manière de procéder" de certains syndicats qui ont appelé à la grève le 22 mars, "avant de voir les propositions sur la table".  

Autre sujet qui crispe, le recours possible aux ordonnances pour faire passer la réforme du rail plus vite. "Cette possibilité-là existe" a indiqué Benjamin Griveaux, "mais ce n'est pas la priorité". 

Le porte-parole du gouvernement n'a pas exclu une remise en cause du statut des cheminots, comme l'a préconisé le rapport Spinetta. "Je ne sais pas expliquer que ce statut peut rester inchangé", a déclaré Benjamin Griveaux qui a répété la déclaration d'Emmanuel Macron samedi au Salon de l'Agriculture : "On a d'un côté des exploitants du monde agricole qui n'ont pas de retraites, ou quasiment, et de l'autre un statut qui n'a pas bougé depuis un demi-siècle. Il faut pouvoir adapter les règles à un service public ferroviaire moderne", a conclu le porte-parole du gouvernement.

Moderniser la fonction publique en... la quittant

Pour Benjamin Griveaux le "drame de la Fonction publique" c’est qu'"il n'y a que 5% de mobilité dans les trois grandes fonctions publiques". Cette mobilité, ce départ de la fonction publique semble primordial au porte-parole du gouvernement selon lequel les jeunes talentueux sont rebutés par le statut actuel -protecteur- de la fonction publique et qui préféreraient un statut contractuel.

Quant à connaître la réponse du gouvernement à la revendication salariale des syndicats de la fonction publique, Benjamin Griveaux dit "qu'on a une année pour se parler", une année "pour tout mettre sur la table, sans se cacher qu'il y aura des points difficiles".

Le travail doit mieux payer pour les actifs

"On comprends la grogne", explique le porte-parole du Gouvernement, mais "on avait annoncé pendant la campagne qu'on augmenterait la CSG". "Tout ne peut pas se faire en une fois d'un coup de baguette magique", explique-t-il, c'est à la fin de l'année qu'on pourra en mesurer les résultats, via la diminution de la taxe d'habitation, mais aussi grâce à la hausse de certaines allocations. 

À Paris, l'objectif poursuivi est le bon, mais la méthode est un sujet

Quand on est la Maire de Paris, explique Benjamin Griveaux, "on ne peut pas prendre une décision unilatérale au sein de Paris intramuros" parce que ça impacte le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis d'où viennent beaucoup de véhicules. "Je suis sur la ligne du bon sens" dit-il, "mais l'objectif d'éviter la pollution atmosphérique est le bon".

J’appelle nos concitoyens à beaucoup de vigilance

Un homme de 62 ans qui vivait dans une cabane dans les bois dans les Yvelines a été retrouvé mort vendredi, un décès dû en partie au froid, selon la gendarmerie. Un sans-abri de 35 ans a été retrouvé mort dimanche matin, probablement en raison du froid, à Valence où le thermomètre est descendu jusqu'à -3 degrés dans la nuit.

Les températures de ce dimanche (jusqu'à -10°C, ressenti -18°C) et qui vont encore baisser dans les jours à venir, mettent en danger les sans-abri pour lesquels des hébergements supplémentaires ont été ouverts. Dans 37 départements le plan "grand froid" a été déclenché  avec plus de 3 100 places temporaires d'hébergement supplémentaires pour les sans-abri.  

"149 000 places en hébergement d'urgence ont été déployés en un mois" rappelle Benjamin Griveaux, qui salue le travail des association mais qui demande aussi aux Français de faire preuve de vigilance collective envers ceux qui peut-être dorment ce soir "dans le square ou aux pieds de notre immeuble"

La semaine politique d'Elodie Foret

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