Eric Woerth, député LR de l’Oise, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale et Pascal Canfin, député européen LREM, sont les invités de Questions Politiques avec Ali Baddou, Carine Bécard et Françoise Fressoz.

Éric Woerth et Pascal Canfin
Éric Woerth et Pascal Canfin © Radio France / Eric Piermont et Vincent Isore

Première partie : Eric Woerth, député LR de l’Oise, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale

Le député LR Eric Woerth plaide avant tout pour un "déconfinement économique". "Il y a urgence. Non pas à retrouver exactement la vie d’avant mais à déconfiner sur le plan économique. Sinon le chômage partiel va se transformer en chômage réel et nous allons vivre un krach social. Il faut tout faire pour éviter ça". 

Pour cela, il faut donc des mesures garantissant la sécurité de ceux qui retourneront au travail, souligne-t-il, mettant en garde contre un "enchainement terrible" : "une crise sanitaire, provoquant une crise économique, provoquant du chomage, une poussée populiste et de nouveaux mouvements de Gilets Jaunes". 

Aux yeux d'Eric Woerth, "on ne peut pas nationaliser la moitié des salaires des Français. On n’en a pas les moyens. On préparerait à ce moment là des lendemains qui déchantent". Il appelle à une levée progressive du chômage partiel, et à un accompagnement des entreprises. 

Le discours du Premier ministre mardi doit selon lui "donner définitivement une cohérence" au déconfinement. Il souhaite également que le vote ne se fasse pas immédiatement ensuite, afin de laisser 24h ou 48h aux parlementaires le temps de la réflexion. 

Est-il favorable à un traçage numérique dans le cadre du déconfinement ? "Je pense qu’il faut utiliser tous les outils à notre disposition pour stopper propagation du virus", répond le député. "Si le gouvernement veut employer cet outil, il doit donner des garanties juridiques sur le fait que ce ne sera pas attentatoire aux libertés, sur les conditions d’archivage, les entreprises qui sont derrière cela. Savoir s’il y a des entreprises américaines ou étrangères concernées. Je pense que l’archivage est un point fondamental". 

"Je dirai oui si le gouvernement est suffisamment clair sur les garanties techniques." 

Pour Eric Woerth, pas question de demander aux Français de renoncer à leurs vacances d'été. "Il faut que les Français puissent partir en vacances. C’est nécessaire si on veut avoir des gens en bonne santé et en bonne forme psychologique. Les Français ont besoin de respirer de de changer d’air. On doit pouvoir allier l’idée d’une reprise rapide, mais extrêmement ordonnée, organisée. Pour reprendre le travail dans de bonnes conditions, il faut un sas. Et il faut que les hôtels, les campings soient prêts pour ça."

Deuxième partie : Pascal Canfin, député européen LREM

La France est-elle prête à se déconfiner le 11 mai ? "Aucun pays n’est prêt par construction à affronter quelque chose qu’il n’a jamais affronté par le passé. C’est à chacun d’entre nous d’être responsable, prudent. On va écrire l’histoire", répond Pascal Canfin. L'eurodéputé rappelle qu'à cette heure, "personne n’a de solution magique". "Le vaccin, il va falloir encore des mois avant le trouver. Durant cette période intermédiaire, il va falloir s’acclimater de ces nouvelles obligations sociales".

Pascal Canfin souligne qu'il est malaisé de comparer la gestion de la crise des différents pays européens, chacun ne comptant pas de la même façon les morts du Covid-19. "À statistiques non comparables, on est le 4e pays européen le plus touché", déclare-t-il. "Cette réalité s’explique par le fait qu’il y a eu quelques foyers dans l’Oise, dans le Grand-Est, qui ont fait que deux ou trois régions ont été sur-touchées. C’est ce qui explique que la France est très au dessus de la moyenne européenne." 

Alors qu'Air France va bénéficier d'un prêt de 7 milliards d'euros de la part de l'État, les garanties exigées sont-elles suffisantes ? "Les intentions sont là, en revanche les modalités concrètes ne sont pas encore négociées et mises en place", estime le député européen. "Nous devons négocier avec les entreprises qui vont être le plus soutenues par l’Etat et celles qui sont les plus impactantes sur les enjeux climatiques pour qu’il y ait des contrats de transitions écologiques négociés et signés par les entreprises", poursuit-il.

"C’est une question de vision stratégique. Est-ce qu’on relance Renault pour en faire un constructeur toujours dépendant des voitures fossiles ou est-ce qu’on le soutient et on oriente cet investissement vers la relance verte ?"

Pascal Canfin plaide également pour un fond de relance européen commun. "C’est évident que l'Italie et l’Espagne n’auront pas la capacité de s’endetter seules avec des taux d’intérêts bas, on va devoir les aider. En Grèce, l'économie très dépendante du tourisme va s’enfoncer cet été. On a besoin de mutualiser une partie de la réponse".

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