Le secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, est l'invité de "Questions Politiques". Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Jeff Wittenberg (France Télévisions).

Sur les manifestations anti-Macron de samedi

Au-delà de sa fonction au sein du gouvernement, en tant que secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard, et notamment en charge de la politique du logement, est aussi l'un des membres les plus médiatiques du gouvernement. Au lendemain des manifestations de ce samedi, qui étaient annoncées comme "une marée populaire" par Jean-Luc Mélenchon, il a été invité à réagir aux propos du Premier ministre, qui a déclaré ce dimanche que "le coefficient de la marée était faible". 

Arrogance ? "Je ne pense pas, je crois qu'il faut faire la différence entre deux choses ; il y a ceux qui manifestent, pour lesquels j'ai le plus profond respect. Il est légitime de ne pas être d'accord. Mais il faut différencier cela de certains comportements comme celui de Jean-Luc Mélenchon : quand vous appelez à une révolution populaire, vous n'êtes pas démocrate", affirme le secrétaire d'Etat. "Il faut que Mélenchon comprenne que son bateau s'est échoué le soir du premier tour de la présidentielle", ajoute-t-il. 

"Je ne crois pas à une convergence des luttes, il y a plutôt une juxtaposition entre ceux qui sont contre la politique du gouvernement et ceux qui manifestent parce que leurs conditions de vie, de travail, ne sont pas acceptables", précise Julien Denormandie, qui répète "nous ne lâcherons rien", évoquant "la volonté de transformer le pays, ce qui ne veut pas dire que nous ne le ferons pas dans le dialogue". 

Sur la phrase des "deux mâles blancs" d'Emmanuel Macron

Le secrétaire d'Etat a également été invité à réagir aux propos du président de la République , qui a évoqué "deux mâles blancs" pour désigner Jean-Louis Borloo et lui-même, pour justifier l'abandon du plan pour les banlieues que l'ancien ministre avait proposé. "Si certains ont mal perçu cette phrase, il faut comprendre ce qu'elle voulait dire. Cela revient à se demander comment faire pour travailler sur les banlieues avec une méthode qui diffère et qui vient des habitants", explique Julien Denormandie. 

"La seule manière de trouver des solutions, ce sont des mesures fortes et de la dynamique. Depuis un an on a remis autour de la table des gens qui sont des associations, des élus, et on les fait travailler tous ensemble".

"Le rapport Borloo c'est autant le sien que le mien. Moi ça fait un an que je reçois sans cesse les élus locaux, les associations.... Il faut arrêter de se dire que parce qu'on va décider d'en haut un certain nombre de mesures ça va marcher", justifie-t-il également, assurant que la concertation avec les associations lui est essentielle. "Je suis évidemment un mâle blanc, mais ce n'est pas pour cela que je ne suis pas légitime pour m'occuper de ces questions"

Sur les questions de sécurité dans les banlieues, Julien Denormandie rappelle qu'Emmanuel Macron a annoncé le recrutement de 1 300 agents de police d'ici 2020 dans 60 quartiers. "Il y a un moment où on ne peut pas lutter contre une kalachnikov avec un pistolet ; mais la solution, ce n'est pas d'équiper les policiers de kalchnikov mais de lutter contre les réseaux", explique Julien Denormandie. Faut-il alors légaliser la consommation de cannabis ? "Ce n'est pas la solution pour moi, en revanche la prévention est essentielle. On ira vers un durcissement, qui se fera de façon opérationnelle", assure-t-il. 

Sur la politique du logement

C'est le portefeuille principal de Julien Denormandie : "Le logement était un secteur complètement bloqué : notre projet de loi ne fait que casser des obligations, pour pouvoir construire plus vite et moins cher", explique-t-il, avançant une volonté de ne plus avoir "des individus qui doivent s'adapter aux logements, mais des logements qui s'adaptent aux individus", avec notamment la création d'un "bail mobilité" pour les personnes qui souhaitent s'installer sur des courtes durées.

"On a créé une garantie qu'on a étendu à tous les jeunes de moins de 30 ans. Vous pouvez apporter à un propriétaire ce document qui montre que l'Etat se porte garant. Mais j'en appelle aux propriétaires : on a enfin une loi qui n'oppose pas les propriétaires aux locataires. On vit dans un monde incroyable où tout propriétaire serait un nanti et où tout locataire aurait pour seul objectif de casser son appartement". 

Parmi les mesures prévues, la construction de 40 000 logements "très sociaux" destinés à "des publics prioritaires". Autre proposition : "On va demander aux bailleurs sociaux de proposer aux locataires, tous les six ans, de changer de logement s'il est trop grand. Pour le bailleur ça fait plus de place, pour le locataire c'est une occasion de payer moins cher. En aucun cas il ne s'agit de déloger des gens, c'est sur la base du volontariat".

Pour résoudre la crise du logement et le manque de logements, il envisage également des avantages fiscaux pour les propriétaires de terrains qui accepteront de vendre leurs terrains pour la construction de logements. 

Enfin, face aux abus sur la plateforme AirBnb, le secrétaire d'Etat dit lutter "contre les gens qui achètent des appartements pour ne faire que du AirBnb. Parce que ça fait moins d'appartements disponibles", et le tout en collaboration avec les mairies et les plateformes comme AirBnb, qui risquent des sanctions. 

Le zapping politique de Laurence Peuron

Le portrait de Julien Denormandie par Carine Bécard

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