Nicolas Dupont-Aignan, tête de liste Debout la France pour les élections européennes, et Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les élections européennes, seront les invités de "Questions Politiques" ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Carine Bécard, Virginie Malingre et Nathalie Saint-Cricq.

Nicolas Dupont-Aignan, tête de liste Debout la France pour les élections européennes, et Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les élections européennes, sont les invités de "Questions Politiques"
Nicolas Dupont-Aignan, tête de liste Debout la France pour les élections européennes, et Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les élections européennes, sont les invités de "Questions Politiques" © AFP / Anne-Christine POUJOULAT

Nicolas Dupont-Aignan : "Nous sommes beaucoup plus européens que ceux qui multiplient des milliers de pages de règlements"

Candidat tête de liste pour Debout la France aux élections européennes, Nicolas Dupont-Aignan plaide pour "un retour à une Europe des nations : on abandonne la commission, Bruxelles, on retrouve nos lois, nos frontières, notre budget, et on se concentre sur des grands défis", explique-t-il. "Je suis Européen parce que je crois qu’on a des coopérations à avoir ensemble, des partages, mais pour que ça marche il faut respecter les peuples, il faut le faire sur la base du volontariat, et ça ne peut marcher qu’à géométrie variable, avec quatre ou cinq pays", défend-il à plusieurs reprises tout au long de son interview, avançant Airbus comme exemple - une structure qui n'est pas issue de l'Union européenne. 

De plus en plus de gens comprennent très bien qu’on peut aimer sa nation, vouloir défendre le peuple, et réussir des coopérations qui nous permettront de peser dans le monde.

"A chaque fois, je fais le double de ce qu'on me prédit dans les sondages", clame l'homme politique, qui assume et revendique son ralliement à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle : "J'ai bien eu raison, quand je vois le bilan du macronisme". Il affirme que sa liste a signé un accord avec 23 partis politiques issus de l'un des groupes du parlement européen (le groupe ECR). "Ils ne sont pas fédéralistes", explique-t-il, "nous sommes d'accord sur un point, c'est que nous attendons des projets à 4 ou 5 pays pour affronter la Chine et les Etats-Unis". 

Nicolas Dupont-Aignan défend l'idée de bloquer le budget européen autant qu'il le pourra : "J'en ai assez qu’on donne 11 milliards d’euros par an à une organisation qui favorise les délocalisations, alors que ces milliards je veux les rendre aux Français".

La commission européenne a été incapable de faire de beaux projets.

Défendant encore l'idée d'agences de coopération incluant un nombre réduit de pays, il affirme que cela le place dans une position beaucoup plus pro-européenne qu'on le croit : "Contrairement à l’image que vous voulez faire passer de moi, nous sommes beaucoup plus européens que ceux qui multiplient les milliers de pages de règlements qui ne servent à rien et n’ont pas fait un projet commun pour affronter la Chine et les Etats Unis".

"Si les Français ne votent pas là, on ne pourra pas régler les problèmes français si on ne change pas les causes du malheur français".

Enfin, invité à revenir sur ses propos quant à l'incendie de Notre-Dame de Paris, il assume : "Nen déplaise aux inquisiteurs de notre pays, tous les Français se posent la question, je demande une enquête indépendante, car la réaction hystérique de M. Castaner et Mme Loiseau montre sans aucun doute que le gouvernement nous cache quelque chose". 

Yannick Jadot : "Ce que nous proposons, c'est une Europe de la vie et de l'égalité des droits"

Ce que défend la tête de liste EELV Yannick Jadot, c'est "qu’on ne va pas se replier derrière des frontières qui ne sont plus protectrices de rien, qu’il faut rompre avec un libéralisme prédateur". L'Europe que sa liste défend est, selon lui, "une Europe de la vie, où on va protéger le vivant, sortir des pesticides, être 100% renouvelables, où on va dépendre de l’eau, du vent, du soleil, de la biomasse, plutôt que de Trump, de Poutine ou des pétromonarchies du Golfe, une Europe de l’égalité des droits, où les femmes, les homosexuels sont protégés".  

Alors que les sondages le placent pour l'heure en position délicate, il explique que la campagne n'est pas terminée, et affirme qu'il "ne suffit pas d’avoir beaucoup d’argent et de moyens, il faut une équipe sincère, qui se bat. Et moi tous les matins quand je me lève, j'ai une incroyable fierté pour les candidates et les candidats qui sont sur ma liste. (...) Nous irons tous dans le même groupe vert au parlement Européen, qui est le groupe qui permet toutes les avancées sur l’environnement et la santé". 

"Nos valeurs, on les a chevillées au corps. Nous, on est écologistes, ça perturbe beaucoup en France : on se bat tous les jours pour nos valeurs, c’est ça qu’on veut porter tous les jours au Parlement."

"La seule perspective c’est de donner de la cohérence, de la clarté. Je suis partout sur le territoire pendant cette campagne", explique-t-il par ailleurs. "L’écologie, ce n’est pas simplement répondre à la préoccupation citoyenne en matière de communication, c’est agir. On veut convertir toute la société à l’écologie : la société avance, ce sont les dirigeants qui n’avancent pas. Ce n’est pas un hasard si nous gagnons tous les combats sur l’écologie". 

Il explique croire en la possibilité que la BCE soit capable de "mettre autant d'argent sur le climat que sur les banques", avançant le fait que 4000 milliards d'euros ont été injectés pour "sauver des banques et racheter des dettes". "Nous ce qu’on dit c’est qu’il faut mettre autant d’argent sur le climat que sur les banques. Il y a cet outil, banque centrale européenne, qui pourrait racheter des prêts pour faire ce grand plan Marshall de la transition écologique. On peut créer des dizaines de milliers d’emplois d'artisans autour du bâtiment sur tout le territoire, à un moment où il y a une telle demande, on peut créer des milliers de PME des énergies renouvelables". 

Sur le nucléaire, il fixe un objectif de sortie d'ici 20 ans. Il déplore par ailleurs la position d'EDF qui cumule "37 milliards d'euros de dettes et d'un mur d’investissements". "On renationalise le nucléaire français parce qu’on va faire payer des dizaines de milliards d’euros aux contribuables notre échec industriel, par contre nous sommes en train de privatiser nos barrages, notre patrimoine hydroélectrique. Comme avec les aéroports et les autoroutes, dès que ça gagne un peu d’argent, c’est pour le privé". 

Et pour arriver à faire avancer les questions écologiques, il défend l'idée de négocier avec les autres députés : "Il n’y a pas un seul groupe majoritaire au Parlement Européen : pour gagner, il faut construire des majorités, des coalitions. Comment on a gagné contre la pêche électrique, pour la protection des données, pour les lanceurs d’alerte ? On ne négocie pas avec des groupes, on négocie avec des députés. Alors parfois il y a des groupes qui sont d’accord. Mais c’est toujours autour de thèmes, de projets".

Enfin, en guise de note d'espoir à la fin de son interview, Yannick Jadot explique que le monde écologique dont il parle existe : "Quand vous avez des paysans qui sont sortis du roundup et qui sont bio, le monde des collectivités locales, des associations, il existe. Le monde de l’écologie, la société dont on rêve, elle existe, simplement, elle est en marge des politiques publiques". 

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