Le ministre de l'Éducation nationale était l'invité de Questions Politiques d'Ali Baddou avec Carine Bécard (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Nathalie Saint-Cricq (France Télévisions).

Jean-Michel Blanquer
Jean-Michel Blanquer © AFP / Jacques Demarthon

Le Bac de 2021 n'aura plus que quatre épreuves et le reste en contrôle continu

Selon le ministre de l'Education nationale "le Bac est devenu trop lourd, a perdu une partie de son sens et fait préparer un certain nombre de choses d'une manière qui ne prépare pas pour la suite". Il fallait donc le réformer. 

"Ce que sera le bac de 2021, je le dirai le 14 février en Conseil des ministres", à l'issue d'une concertation avec des acteurs du monde éducatif, et "des choses peuvent se discuter", a affirmé le ministre qui s'est dit "certain" qu'il n'y aura plus que "quatre épreuves" en fin de terminale, contre 10 à 15 actuellement, et un poids accru du contrôle continu. 

"La réflexion est probablement d'avoir le choix de deux disciplines que vous souhaitez passer en contrôle terminal", et "deux autres épreuves communes à tout le monde, l'une sans doute la philosophie dans la grande tradition française qu'on n'a pas envie de fragiliser", a-t-il expliqué.

On va préparer tous les élèves à mieux s'exprimer à l'oral

Parmi ces quatre épreuves du nouveau Bac, le ministre défend l'introduction d'un grand oral. "On va valoriser l'oral", a-t-il expliqué, en déplorant une compétence "largement insuffisante aujourd'hui dans notre pays" lorsqu'il s'agit de "s'exprimer dans un bon français, avec des arguments"

Alors que certains s'interrogent sur les risques de discrimination des enfants de milieux défavorisés, Jean-Michel Blanquer a assuré qu'"on ne va pas accentuer les inégalités sociales mais au contraire les compenser parce qu'on va préparer tous les élèves". Même s'il "il y a une part de vérité" dans ces critiques, "il faut éviter les clichés teintés de mépris social", a-t-il mis en garde. 

"J'ai une ambition extrêmement forte pour l'enseignement professionnel"

Jean-Michel Blanquer a voulu marquer fortement son "ambition" pour l'enseignement professionnel. Le ministre de l'éducation ne vet plus qu'on "se trouve un peu par hasard dans l'enseignement professionnel ou parce qu'il se sont trouvés orientés par défaut".  Son but ce "qu'on aille dans l'enseignement professionnel pour le prestige" - comme en ce moment pour la cuisine -. Jean-Michel Blanquer veut "des campus, des Harvard du professionnel qui font envie." 

Première décision du ministre : "J'ai demandé à ce que cette année ce ne soit pas un objectif spécifique, pour les collèges, que d'envoyer tel pourcentage en général, tel pourcentage en lycée technologique et tel pourcentage en lycée professionnel". Selon lui l'Education nationale vivait une contradiction. "Elle disait égale dignité des trois voies, mais il y avait une sorte de bonus à envoyer plus de monde en général."

"Nous devons aimer nos professeurs" et mieux gérer les ressources humaines

Pour Jean-Michel Blanquer, les professeurs doivent être remis "au centre de la société Française et les respecter", donc améliorer aussi "les relations familles-professeurs. Il faut un discours de prestige vis à vis de la fonction professorale, il faut aimer nos professeurs et le ministre lui même doit le dire"

Pour créer un "bonheur professionnel il faut une vision au plus près du terrain avec une gestion des ressources humaines beaucoup plus humaines". Mais quand il est interrogé sur une réévaluation des salaires, le ministre de l'Education nationale est moins enthousiaste... "Sur le quinquennat, nous avons le but de revaloriser" le métier, ce qui "passe par la question salariale mais pas seulement et dans le cadre budgétaire de la France" précise Jean-Michel Blanquer qui travaille "à une prime importante pour les professeurs qui vont dans l'éducation prioritaire" avec un "point de repère de 3 000 euros annuels", a-t-il notamment dit. 

On va interdire les portables au collège

Concernant le portable à l'école, le ministre regrette que "les enfants qui autrefois jouaient au football, à chat ou à la marelle" dans les cours de récréation, ne le font plus. "Vous les voyez rivés sur leur téléphone portable". Jean-Michel Blanquer assure que "bien sûr", "à la rentrée" le portable " sera interdit pour le bien des élèves", ce qui veut dire "qu'on n'utilisera pas son portable en classe, ni dans la cour, ni dans l'établissement en général".  

Coté pratique, le ministère en discute actuellement et préconisera probablement plusieurs solutions parmi lesquelles les casiers.

Un policier municipal non armé dans les écoles de Nice

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation a accepté la proposition du maire de Nice, Christian Estrosi, de mettre un policier municipal non armé dans les écoles primaires. Le ministre a annoncé que c'était une "experimentation" et qu'elle commencerait "prochainement" dans quelques écoles.                      

"C'est une expérimentation qui commencerait prochainement et pour laquelle j'ai donné mon feu vert en tant qu'expérimentation. Cela permet de tester des choses à petite échelle et voir ce que cela donne", a-t-il expliqué.                     

"Une des choses qui m'a paru intéressante c'est la relation entre la police et les enfants car le policier non armé à l'intérieur de l'école, c'est quelqu'un qui va vivre au quotidien avec les enfants et va en fait s'intégrer dans leur vie", a-t-il poursuivi.                      

La FCPE (Association de Parents d'élèves adhérents) a jugé la proposition "démagogique", mais Jean-Michel Blanquer veut tenter l'expérience :  "On va voir ce que cela donne. Si ça se trouve dans un an on fera le constat que ce n'est pas une bonne idée mais peut que ça peut être une très bonne idée, y compris pour cette relation entre la police et la population qui doit toujours être une bonne relation et qui peut passer par l'école". 

La proposition du maire de Nice est également critiquée par le Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) pour qui "en cas d'attaque terroriste dans une école, le policier sera une cible privilégiée", sans moyen de défense, puisqu'il sera non armé.

La société est mure pour des réformes

"Dans le domaine de l'éducation comme dans d'autres domaines, la société est mure pour les réformes, car dans beaucoup de choses qui devaient être faites ne l'ont pas été" selon le ministre de l'Education pour qui l'explication est le nerf de la guerre.

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