Gilles Le Gendre, député de Paris et nouveau président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, est l'invité de Questions Politiques ce dimanche.

Elu récemment président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, le député de Paris Gilles Le Gendre estime que le travail législatif, désormais, implique "plus de politique, plus de collectif et plus d'efficacité dans le travail parlementaire"

"Nous ne sommes ni des godillots, ni des frondeurs".

S'il reconnait qu'aujourd'hui "le travail parlementaire ne fonctionne pas bien", il estime son élection comme "une chance inestimable" d'occuper "une place centrale dans la majorité" : "Nous sommes là pour réussir : c'est vrai que la période est compliquée, le défi m'intéresse". 

Faut-il, selon lui, que tous les députés s'alignent sur un même avis ? Absolument pas, assure-t-il. "Les propositions, y compris les propositions divergentes par rapport à l’axe central de l’exécutif, il y en a tous les jours. De ce point de vue là il n’y a rien de nouveau. Que des députés aient envie d’enrichir, d’orienter un texte dans une direction différente, c’est normal". Mais, rappelle-t-il, "ma mission est de faire en sorte qu'à la fois les députés puissent exprimer leur avis, et qu’en même temps le jour venu on se réunisse sur un projet collectif". 

"C'est notre travail de convaincre les députés, quand ils émettent un avis qui, selon nous, ne tient pas la route". 

"Ce qui fait la marque de fabrique du chef de l'Etat et du gouvernement, et celle de notre majorité : c'est de tenir des caps", explique-t-il. "Pour la première fois, nous considérons que nous devons faire preuve d'un esprit de responsabilité dans la manière de transformer le pays". Il prend comme exemple la question de la baisse de la CSG, "contrat désagréable" passé avec les Français,  : "Si nous commençons, alors que la mesure a été votée il y a un an (...), à ne pas tenir le contrat, nous ruinons toute forme de confiance avec les Français". 

Sur la hausse des prix du carburant

Gilles Le Gendre reconnait que "c'est difficile". Mais, dit-il, "Il faut dépassionner ce débat et refuser de céder à la démagogie dans laquelle sont en train de s’abîmer toutes nos oppositions". Il explique que l'augmentation est liée à 75% à la hausse des cours du pétrole et à 25% à la fiscalité écologique, et déclare :

Pour un plein de 60L par semaine, cela cause 74€ de coût supplémentaire sur l’année pour le consommateur et 167€ pour le diesel. Ces sommes sont loin d’être négligeables, mais elles sont marginales par rapport à l’ensemble des distributions et d’améliorations de pouvoir d’achat que nous sommes en train de mettre en place.

Il rappelle par ailleurs que l'objectif de la mesure est écologique. "Nous avons pris des mesures d'accompagnement (...) : il y a un chèque énergie qui va toucher quatre millions de foyers pour 200€ par foyer", affirme-t-il notamment. 

Sur la popularité d'Emmanuel Macron et Edouard Philippe

Alors qu'un sondage, paru dimanche dans le JDD, montre que seuls 20% des Français pensent qu'Emmanuel Macron pourra redresser le pouvoir d'achat, Gilles Le Gendre explique que le fait de vouloir agir "par étapes" est "très clairement un facteur de complication et de défiance". Mais il dit rester convaincu que la relance de l'emploi est le meilleur moyen de distribuer du pouvoir d'achat. 

Il nie, en revanche, le fait que la politique du gouvernement soit avant tout à destination des plus riches : "Quand on distribue 4 milliards de baisse de la taxe d’habitation, ça concerne 80% des Français, quand on revalorise le complément de mode de garde des familles parentales ça concerne évidemment des Français en grande difficulté (...) Faire tourner le pays, c’est développer l’emploi, c’est développer les recettes fiscales qui permettront de financer la protection sociale autrement que par de la dette, c’est faire en sorte qu’on ramène dans des situations sociales normales des populations entières qui en étaient exclues". 

Il explique par ailleurs que selon lui, le rapport de confiance passe par une relation plus proche aux Français, et affirme que pour cette raison il compte "affecter des moyens beaucoup plus importants pour accompagner mes collègues sur le terrain. Pour expliquer la politique du gouvernement, et faire remonter ce que nous dit le terrain". Il souligne aussi la place que doivent jouer les corps intermédiaires, "et pas seulement les syndicats". 

"Nous devons travailler avec eux. Nous ne transformerons pas la France tout seuls". 

Comment explique-t-il le différentiel de popularité entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe ? "C'est le président de la République qu'ont élu les Français (...), c'est lui qui leur rendra des comptes à la fin du quinquennat. Dans une période où les Français ont du mal à comprendre notre politique, il est absolument normal que le président de la République soit questionné plus que le Premier ministre". Gilles Le Gendre qualifie la relation qui lie les deux hommes d'assez "mystérieuse" : "Elle est faite d'une très grande confiance, d'une capacité des deux à s'impressionner mutuellement". 

En revanche, il réfute totalement l'idée d'un décrochage des Français vis-à-vis d'Emmanuel Macron. "Je n'y crois pas un seul instant : quand on sort des simples sondages de popularité, ce que reconnaissent les Français au président de la République, c'est sa capacité à dire ce qu'il fait, à faire ce qu'il dit". Il réfute également l'idée d'arrogance chez le Président : "Pour connaitre le chef de l’Etat, il n’a en aucun cas l’arrogance ni le mépris social" explique-t-il, reconnaissant toutefois "qu'il puisse y avoir, comme chez nous tous, une maladresse de communication". 

Sur la sécurité

"Quand on parle d'insécurité", précise Gilles Le Gendre, "il y a celle vis à vis du terrorisme et nous avons pris les mesures qu’il fallait - et je rends hommage à Gérard Collomb - et il y a celle du quotidien, qui empoisonne la vie de nos concitoyens", explique-t-il, ajoutant que selon lui l'attirail nécessaire a également été déployé "avec la police de sécurité du quotidien". 

Sur la sécurité à l'école, après l'incident survenu la semaine dernière à Créteil lorsqu'un élève a sorti une arme factice en classe, il affirme : "Quand on dépasse les bornes de l’indiscipline pour arriver au délit, il y a la sanction pénale". Il ne croit pas, toutefois, à l'idée de sanctionner les familles sur leurs allocations : "

Une famille dont le gamin se tient mal, je ne suis pas sûr que nous lui donnions les moyens de remettre ses gamins sur les bons rails en lui coupant ses allocations familiales 

Légende du visuel principal:
Gilles Le Gendre, député de Paris © AFP / Ludovic Marin / Pool
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.