Le président de l'Assemblée nationale était l'invité d'Ali Baddou, avec Jeff Wittemberg de France télévision, Françoise Fressoz du Monde et Carine Bécard de France Inter

François de Rugy est président de l'Assemblée nationale depuis le 27 juin 2017.
François de Rugy est président de l'Assemblée nationale depuis le 27 juin 2017. © AFP / Eric FEFERBERG

Plus une loi serait longue à adopter plus ce serait démocratique ?

Pour le président de l'Assemblée nationale invité de Questions politiques ce dimanche, ce n'est pas la durée des débats qui les rends plus démocratiques. C’est pour cela qu'il a lancé "sept groupes de travail pour avoir des chantiers de réforme qui touchent tous les aspects de la vie de l'Assemble nationale". François de Rugy ne se satisfait pas de la manière dont aujourd'hui on débat et on vote une loi ou un budget. "Au lieu d'enrichir les textes, on a une prime à l'obstruction, au nombre amendements. [...] On s'auto caricature comme une scène de mauvais théâtre". 

François de Rugy souhaite donc des débats plus courts et moins de tension dans le pays, et une "rationalisation des amendements". 

Changer le mode d'élection

François de Rugy l'a rappelle lors de son premier discours de président de l'Assemblée "il ne faut jamais oublier que pour la première fois plus de la moitié des Français se sont abstenus aux élections législatives". Comment résoudre cette crise de la représentation. Selon François de Rugy, l'une des solutions est une Assemblée plus démocratique et pour l'obtenir il veut changer le mode d'élection pour instituer une dose de proportionnelle et diminuer le nombre de députés de 30 %.

Le chantier de la réforme constitutionnelle a été ouvert par Emmanuel Macron le 3 juillet dernier, mais depuis, les élections sénatoriales sont passées, ce qui pourrait bien compliquer les choses. François de Rugy reste résolument optimiste. Le président à demandé au Président su Sénat et de l'Assemblée nationale de lui faire des propositions pour la fin de l'année 2017, début 2018, explique François de Rugy qui veut "bâtir un compromis avec le Sénat" et selon lequel Gérard Larcher a justement fait montre "d'un esprit de compromis". 

Laurent Wauquiez, c'est Nicolas Sarkozy sans les idées

Interrogé sur les portrait au vitriol que dresse Laurent Wauquiez qui parle dans le JDD d'un Emmanuel Macron président sans "âme" et qui n'aurait pas "un amour charnel pour la France", François de Rugy  pense que le favori LR "essaie de faire du Trump à la française. Monsieur Trump avait au moins pour lui d'avoir une réussite personnelle [...] Nicolas Sarkozy faisait des propositions, il avait des idées. Elles sont où les propositions de monsieur Wauquiez ?", s'est interrogé François de Rugy.  

Harcèlement

Interrogé sur le harcèlement sexuel et la parole qui se libère dans la suite de l'affaire Weinstein et du hastag #balancetonporc ou #metoo, François de Rugy a rappelé qu'il avait été le seul responsable des Verts à répondre sur l'antenne de France Inter le jour où notre station avait sorti l'affaire Baupin.  Sa position constante, dit-il est le "soutien aux femmes qui s'estiment victimes", "les accompagner pour qu’elles portent plainte et qu'on laisse la justice travailler et que ce ne soit pas réglé dans l'entre-soi des politiques ou du cinéma ou des médias".

À l’Assemblée nationale un dispositif a été mis en place pour "recueillir la parole des femmes qui se disent victimes", explique son président, "pour qu'ensuite elles portent plainte et que la justice fasse son travail [...] car il ne faut pas exclure que dans les témoignages il puisse y avoir une dénonciation calomnieuse." Questionné sur le cas d'un député LREM qui fait l'objet d'une enquête préliminaire pour "harcèlement et agression sexuelle", François de Rugy pense que 'bien que difficile à mettre en oeuvre, un dispositif de retrait des députés mis en cause peut-être étudié dans le cadre des réformes de l'Assemblée nationale, le temps que la justice fasse son oeuvre".

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