Le porte-parole du Rassemblement national est l'invité de Questions Politiques ce dimanche.

Un entretien où il fut beaucoup question de la frontière de plus en plus poreuse entre le Rassemblement national et Les Républicains, à quelques mois des élections municipales. Même si elles sont peu visibles en surface, les discussions semblent se multiplier, comme lors de ce dîner entre Marion Maréchal et des élus LR. "On n'est pas en Union soviétique, on a le droit de discuter avec qui on veut", lance Sébastien Chenu. "Marion n'étant pas dans la politique active, n'assumant pas de responsabilité dans notre mouvement, elle n'a pas un devoir d'expliquer avec qui elle déjeune."

Il assure qu'au RN, "nous avons des échanges très libres avec beaucoup de parlementaires". "Le sectarisme, l'ostracisme, vient toujours des mêmes : nous, nous parlons à tout le monde."

Le fait que le Rassemblement national soit arrivé en tête aux européennes n'est sans doute pas étranger à ces discussions. Pour Sébastien Chenu, "mieux vaut faire envie que pitié : oui, nous faisons envie à nos adversaires politiques, comme l'étaient hier les Républicains". Et ce ne sont pas les "patrons" de droite qui intéressent le RN. "Aujourd'hui, les dirigeants des Républicains sont fascinés par Emmanuel Macron, nous les verrons le rejoindre les uns après les autres. Ceux qui nous intéressent, ce sont les gens (parlementaires, militants, adhérents, électeurs des Républicains) qui sont intéressés par le discours que nous proposons, validé par deux fois comme la principale opposition à Emmanuel Macron, à la présidentielle et aux européennes."

Greta Thunberg, "symbole" du "terrorisme intellectuel"

Sébastien Chenu tire à boulets rouges sur la jeune militante pour la sauvegarde du climat, "devant laquelle il faut plier le genou", "qui vient faire la leçon aux politiques matin, midi et soir". "Ça ne reste qu'une enfant de 16 ans qui ferait bien mieux d'étudier en classe", précise le porte-parole du RN. "Les dirigeants de ce monde ont la capacité à prendre conscience des problématiques climatiques sans avoir à mettre le genou à terre devant cette enfant de 16 ans."

Et quand on lui rappelle qu'il a lui-même commencé à militer politique à l'âge de 15 ans, Sébastien Chenu assure qu'il "n'a pas fait la leçon ; à l'âge de 15 ans on ne m'a pas offert les tribunes offertes à cette demoiselle. Je pense que beaucoup doivent le regretter !"

Un référendum sur la PMA pour toutes

Le porte-parole du RN, fondateur à l'époque de l'association GayLib proche de l'UMP, est contre la PMA pour toutes et assure que son groupe votera contre la mesure présentée en septembre prochain. "Ce n'est pas une position de confort de dire que la PMA n'est pas une bonne chose pour notre société", explique-t-il. "Je crois que les sujets de société pourraient et devraient être tranchés par la société, c'est aussi en cela que le référendum a une utilisé, ça permet de trancher des sujets sur lesquels il n'y a pas de consensus."

Sébastien Chenu est même plus royaliste que le roi, estimant qu'on pourrait aussi soumettre au référendum une éventuelle abrogation de la loi Taubira sur le mariage pour tous. "Nous évaluerons cette loi, nous verrons ce qu'elle a donné comme résultats. Si cette loi a créé des difficultés dans notre société, créé des fantasmes instrumentalisés par certains : c'est aux Français qu'il faudra demander."

Sur l'arrestation de la capitaine du Sea Watch 3

Arrêtée samedi matin alors qu'elle débarquait avec un navire hébergeant des migrants sauvés en Mer Méditerranée, la capitaine Carola Rackete est devenue une forme de symbole, notamment pour le gouvernement Salvini à qui elle s'oppose. Pour Sébastien Chenu, "certaines ONG humanitaires ressemblent souvent à des passeurs", "dans le cas présent il s'agit souvent de commerce". "On peut très bien porter secours à des migrants et les raccompagner là d'où ils viennent", tranche le porte-parole du RN. "Si nous ouvrons cette possibilité d'accueil supplémentaire, ce sera 10, 15, 20 bateaux demain."

  • Légende du visuel principal: Sébastien Chenu invité de Questions Politiques le 30 juin 2019 © Radio France /
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