Féministe, elle a fait parti deux ans plus tôt des signataires du Manifeste des 343, ces 343 femmes qui déclarent avoir avorté et réclament le libre accès aux moyens anticonceptionnels et à l'avortement libre. Aujourd'hui, elle a été invitée par Jacques Chancel pour un entretien-fleuve pour Radioscopie.

Gisèle Halimi et Delphine Seyrig, pendant le procès en 1972 de Marie-Claire Chevalier, accusée d'avortement
Gisèle Halimi et Delphine Seyrig, pendant le procès en 1972 de Marie-Claire Chevalier, accusée d'avortement © AFP / MICHEL CLEMENT

"Êtes-vous la voix des femmes, Gisèle Halimi ?" C'est la question de Jacques Chancel dès le début de l'émission Radioscopie. L'avocate militante féministe répond en affirmant qu'elle n'est pas en croisade, elle se bat pour que la femme puisse choisir ses maternités. C'est-à-dire le droit à la contraception, à l'éducation, et à l'avortement en cas d'échec. Pour elle, il s'agit de progrès, voire d'humanisme. 

Les femmes sont concernées en premier lieu, physiquement, intellectuellement par le droit à l'avortement.

Ce que je crois, c'est que la majorité des femmes même celles qui n'ont pas de conscience politique nous soutiennent, même si elles n'osent pas s'engager, car elles sont conditionnées. Si vous posiez la question aux femmes directement concernées, entre 17 et 50 ans, la question de l'avortement, non pas "êtes-vous pour ou contre l'assassinat d'un enfant ?" mais "êtes-vous pour ou contre le choix de vos maternités ?".

En définitif, c'est "êtes-vous pour ou contre le bonheur ?"

"Ce n'est pas moi qui dérange ou qui fait scandale. C'est ce combat, qui remet en cause et dérange les idées reçues, les tabous religieux et qui donne un éclairage très important sur ce qu'est la condition de la femme."

Aux côtés notamment de Simone de Beauvoir et de Jean Rostand, elle a fondé en 1971 le mouvement féministe Choisir la cause des femmes et milite en faveur de la dépénalisation de l'avortement. "Si je dois choisir, je choisirais mon combat. Celui de faire reconnaitre les femmes comme des êtres humains à part entière, comme vous Jacques Chancel."

Ce combat me coupe des gens que j'aime le plus au monde : mes parents. Je n'ai jamais voulu les accabler, ni leur faire honte.

Et puis, il y a eu, l'année précédente, le procès de Bobigny : Elle y défend une mère qui a aidé sa fille mineure à avorter après un viol, en faisant une tribune contre la loi de 1920. Ce procès a contribué à l'évolution vers la loi Veil, votée en décembre 1974 et promulguée en janvier 1975, sur l'Interruption Volontaire de Grossesse.

"Le pire pour les femmes qui ont eu la chance d'étudier, qui ont ce 'pouvoir du savoir', comme je l'appelle, c'est de laisser tomber les autres femmes."

Enfermée dans "l'enfer" de l'INA, elle n'en est ressortie qu'en 2012 .

►►► POUR ALLER LOIN

> Le procès de Bobigny

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