Sa famille est connue depuis le XVIIIe siècle. Ce sont de hauts et puissants marchands qui sous l’enseigne « Au Roy des oiseaux et de la bonne renommée », tenaient commerce de grains et de plantes rue de la Mégisserie à Paris. Ils avaient acheté à Verrières-le-Buisson l’ancienne demeure de Mademoiselle de La Vallière. « Je riais sous l’arbre que voici et que planta mon père », écrit Louise.

De ce nom fameux, protégé par l’état-major de ses frères, elle va faire quelque chose de miraculeux. Il est vrai qu’elle était une séductrice née. A combien d’hommes a-t-elle murmuré : « Je t’aimerai d’amour. Toujours. Ce soir ». Quand on lui demandait qui elle avait aimé vraiment, elle ne répondait généralement pas de la même façon, elle avait toujours des noms de rechange à fournir et elle ne donnait pas nécessairement ceux de ses deux maris : le premier l’emmena dans le Kansas à Las Vegas qui n’était encore qu’une bourgade et le second dans une immensité de neige, un château au pied des Carpates… Ce qui est sûr, c’est que son premier fiancé était Antoine de Saint-Exupéry et que son dernier compagnon fut André Malraux : « Je suis Marilyn Malraux », disait-elle.

Malraux avait d’ailleurs été son premier éditeur dans les années 30, avec Sainte Unefois . De temps à autre, elle donna quelques beaux livres : Le lit à colonnes , Madame de , Migraine … Et à la presse, d’innombrables papiers.

Son sort était d’apparaître et de disparaître. Et, quand elle réapparaissait à Verrières, d’y être une hôtesse incomparable : le salon était bleu, les chandelles brillaient dans les candélabres d’argent et on conversait dans le parc. C’est là qu’ont été enregistrés les entretiens qu’on va entendre. André Parinaud les avait enregistrés un peu à l’emporte-pièce. Louise avait donné ensuite l’autorisation de les diffuser. Ce qui fut fait à l’automne 1957.

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