Un regard sur les médias qui s'est principalement porté cette semaine sur Visa pour l'Image, le festival international de photojournalisme, qui se tient à Perpignan depuis le week-end dernier.

Et si pendant les 15 jours que dure ce festival, qui réuni la crème de la profession, on vit un peu en vase clos généralement, et bien l'actualité s'est tout de même invitée cette semaine à Visa. Jeudi notamment, avec la parution internationale et surtout la non parution en France de la photo du petit Aylan... Une photo qui a été projectée dès mecredi soir à Visa, sur écran géant, dans le cadre d'une retrospective sur l'actualité du jour. Alors ne pas la retrouver le lendemain en Une de la presse française, et bien cela a pas mal agité la profession, suscité beaucoup d'incompréhension.Vendredi, la plupart des journaux ont rectifié le tire. Certains se sont justifiés ,dans leur colonnes, comme La Croix par exemple, qui a expliqué que si le cliché n'avait pas été publié c'était en raison de l'idée qu'on se fait de la dignité humaine au sein de La Croix.

Le Monde, jeudi après-midi, a finalement été le seul quodien national à publier la photo de l'enfant à sa Une... Mais, en page 5, que pouvait-on voir? Une publicité avec une femme langouresement allongé sur sable, accrochée à son sac à main... Une faute de goût qui a fait le bonheur de réseaux sociaux!

Autre sujet dont on a beaucoup parlé à "Visa pour l'image" : la crise de la profession.Une profession de photoreporter qui se popérise d'annnée en année... Il y a 20 ans un sujet exclusif pouvait se vendre 10000 ou 15 000 euros, c'était banal selon le directeur de Visa, Jean-François Leroy. Aujourd'hui, si c'est 3000 ou 4000 euros, on dit "génial ils ont fait des effort". La plupart des photographes sont free-lance. Et sutout, sur les terrains de guerre, les plus jeunes prennent de plus en plus de risques.Alors pour tirer la sonnette d'alarme, la SCAM, société civile des auteurs multimedias, a présenté à Visa son livre noir du photojournalisme.

C'est pour cela qu'il faut les soutenir les photographes. Et si vous le pouvez, allez à Visa pour l'image, vous avez encore une semaine. L'an passé, 187 000 visiteurs s'y sont pressés pour découvrir des reportages venus des quatre coins du monde. Des photos des conflits qui agitent la planète, mais pas que. Cette année par exemple, une étonnante rétrospective sur Hara-Kiri, le journal qui a précédé Charlie Hebdo, grâce à deux photographes, Arnaud Baumann et Xavier Lambours. En 1974, alors âgés de 19 et 21 ans, ils forcent la porte d'Hara-Kiri dont les membres n'ont aucune envie de se faire photographier. Cela donne des clichés truculents : Choron debout sur la table de la rédaction, le poing levé, ou alors raccompagné par la police après une soirée un peu arrosée chez Castel. Cabu pendant la Marche pour la paix à Verdun en 76. Et puis Wolinski, Reiser, en train de desssiner. Une très belle exposition que vous pouvez retrouver dans un livre qui vient de paraître aux Editions de la Martinière " Dans le ventre d'Hara-Kiri".

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