Olivier Postel-Vinay, directeur de publication de Books, magazine mensuel d’actus, d'idées et de livres sans frontières

Concept et Histoire En kiosque depuis décembre 2008, est un magazine doublé d’un site internet et d’une application mobile qui nous renseigne, grâce aux livres, sur l’état de notre monde.Passé d’une parution bimestrielle à une parution mensuelle, s’est progressivement affirmé comme le premier mensuel généraliste de débats d’idées.

Sa diffusion a progressé de +5,5 % entre 2011 et 2013, de 19710 exemplaires à 20 775 exemplaires par mois.

Le monde à la lumière des livres

Books est né d’un constat simple : le livre reste, partout dans le monde, le principal support d’expression des pensées les plus construites et les plus originales. Il permet de s’extraire de l’actualité immédiate pour mieux la comprendre.

En partant systématiquement d’essais ou de romans pour éclairer les sujets qui sont dans nos têtes - qu’ils concernent la politique, l’économie, les arts, les sciences ou la vie quotidienne -, Books fait sortir le livre des pages littéraires et prouve qu’il constitue un outil à part entière dans le traitement de l’information.

La méthode de Books repose sur une veille permanente des livres parus à l’étranger. Appuyés sur un réseau d’une dizaine de correspondants, les journalistes de la rédaction s’attachent à repérer, chaque mois, des articles stimulants parus dans le monde entier à propos d’ouvrages de fiction et de non-fiction, en traduisent certains et en synthétisent d’autres dans des ensembles thématiques (les livres bestsellers, les livres qui parlent de la France, les livres les plus commentés, etc.). Ils sélectionnent aussi des bonnes feuilles d’ouvrages particulièrement stimulants et réalisent des entretiens avec des auteurs (universitaires, journalistes ou romanciers), aux avant-postes des leur société ou de leurs domaines de recherche.

L'équipe

Books a été lancé à l’automne 2008 par Olivier Postel-Vinay. Ancien journaliste au Monde, Olivier Postel-Vinay a une carrière de journaliste scientifique puis de rédacteur en chef et de réformateur de magazines (Science & Vie, Courrier International, La Recherche). Il a publié plusieurs livres, dont Le Taon dans la cité, actualité de Socrate (Descartes & Cie).

La rédactrice en chefSandrine Tolotti a créé le trimestriel Alternatives Internationales, dont elle a également dirigé la rédaction. Elle a été durant deux ans responsable de l’édition de L’Etat du monde, aux éditions La Découverte.

Olivier Postel-Vinay et Sandrine Tolotti dirigent une équipe de quatre journalistes polyglottes. Âgés de 30 à 35 ans, ils sont diplômés de grandes écoles (Normale Sup et CFJ) et ont fait leurs armes au sein de plusieurs rédactions parisiennes (Courrier International, Philosophie Magazine, Le Nouvel Observateur).

Le Numéro 59, Novembre 2014

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books © Radio France

Y penser un peu

Dans les monts du Kurdistan irakien, où l’on meurt beaucoup ces temps-ci, il y a 60 000 ans, des hommes de Neandertal enterraient leurs morts. Peut-être même avaient-ils jeté des fleurs dans la tombe retrouvée, qui contenait un bébé, deux femmes et un homme. Les premières sépultures d’Homo sapiens sont encore plus anciennes. C’est dire la puissance exercée par la perspective ou la réalité de la mort sur le gros cerveau des humains. Mais dans nos contrées, que nous nous plaisons à considérer comme les plus « développées », le traitement de la mort subit de curieuses métamorphoses. Une sociologue tchèque dont nous avons rapporté les travaux décrit la nouvelle tendance : dans son pays, majoritairement athée, les obsèques se déroulent le plus souvent en l’absence des proches, sans l’ombre d’une cérémonie ; et il n’est pas rare, après une crémation, que la famille ne prenne pas la peine de venir chercher l’urne (lire Books , juin 2014). Nul ne l’ignore, la mort se produit le plus souvent « loin des yeux, loin du cœur », dans l’anonymat technologique de l’hôpital. En Europe du Nord, France y compris, les rites associés au décès d’un proche se réduisent comme peau de chagrin. Les cimetières sont moins visités et les crémations (dans l’obscurité d’un four) se multiplient : leur nombre est passé dans l’Hexagone d’un peu plus de 2 000 en 1975 à 200 000 environ aujourd’hui. Si la souffrance du deuil paraît se prolonger au-delà du raisonnable, le médecin vous propose un antidépresseur. Quand des sikhs protestent en Angleterre parce qu’on veut leur interdire la crémation sur un bûcher en plein air, on y voit un archaïsme absurde.

« Je crois, toutes réflexions faites, qu’il ne faut jamais penser à la mort : cette pensée n’est bonne qu’à empoisonner la vie », écrivait Voltaire à Mme du Deffand. Ce disant, il se moquait de Cicéron et de Montaigne (« Que philosopher c’est apprendre à mourir ») et prenait Pascal au mot (« Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser »). Que les mânes de Voltaire nous pardonnent : nous vous proposons d’y penser, un peu. Olivier Postel-Vinay

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