Regards sur les médias, par Alexandra Ackoun

Regard sur les médias cette semaine c'est d'abord Canal Plus : le groupe audiovisuel pensait pouvoir s'affranchir des accords d'entreprise. La justice vient de le condamner à verser près de 15 millions d'euros à ses salariés.
Une affaire qui débute en février dernier. Un CE au cours duquel les représentants des salariés découvrent médusés que la direction a décidé de revoir le périmètre de calcul de leur prime annuelle d'intéressement, malgré un accord signé 7 mois plus tôt. Et tranquillement, on leur annonce que, cette année, seuls les résultats France seront pris en comptes excluant de facto la filiale la plus lucrative, Canal+ Overseas, qui gère les abonnements en Outremer, Pologne et Afrique.
Autrement dit, les près de 5000 salariés se partagent un peu plus d'un million d'euros contre les 16 millions prévus.

Les syndicats saisissent alors la justice

Le tribunal de grande instance de Nanterre vient de leur donner raison. Pour Françoise Feuilly du syndicat autonome + Libres, c'est donc une victoire même si tous les problèmes sont loin d'être réglés. En attendant la direction a fait savoir qu'elle allait faire appel, appel non suspensif, de ce jugement qui lui paraît, je cite : "en complet décalage avec la réalité économique du groupe".

Cet espace dont parle Jean-François Leroy, directeur du festival Visa pour l'Image, c'est l'arche du photojournalisme.

Il a été inaugurée avant-hier au sommet de la grande arche de la Défense. Il en est le directeur artistique. Et le travail dont il parle, c'est celui de Stéphanie Sinclair : un travail incroyable sur un sujet coup de poing à découvrir d'urgence à l'arche du photojournalisme : les mariages forcés des petites filles. Plus de 150 clichés sont exposés dont la plupart pour la première fois en France.
Toutes les 2 secondes dans le monde, une fillette est contrainte d'épouser un homme bien plus vieux qu'elle : voilà ce que l'on peut lire dès l'entrée de l'exposition. La photographe américaine documente cette problématique depuis près de 15 ans. La première fois c'était en 2003, en Afghanistan.

Vraiment je vous recommande cette exposition qui est une claque. C'est jusqu'au 24 septembre à l'Arche du photojournalisme.

Et puis impossible de terminer sans évoquer la mémoire d'Hervé Guesquière.

Grand reporter spécialiste des zones de conflits, il est mort cette semaine des suites d'un cancer. Hervé Guesquière avait 54 ans et son nom restera à jamais associé à celui de Stéphane Taponier, caméraman. Tous deux avaient été enlevés par des talibans en décembre 2009 en Afghanistan. Ils étaient alors en reportage pour le magazine de France 3, "pièces à conviction". 18 mois de détention qui avaient profondément marqué Hervé Guesquière. Cela et les polémiques sur les supposés risques qu'il avait pris, lui qui au moment de sa prise d'otage s'était affranchi de la protection de l'armée française. Fidèle à son caractère, il avait rapidement contre attaqué à son retour avec un livre dans lequel il réglait ses comptes avec l'armée. Sur le plateau de Laurent Ruquier, en décembre 2012, il était venu s'en expliquer.

Les obsèques d'Hervé Guesquière auront lieu mardi prochain. On pense très fort à sa famille et à ses amis.

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