Reporter Sans Frontières a publié cette semaine son classement annuel, et c'est loin d'être réjouissant.

Dans les deux tiers des 180 pays répertoriés, la situation de la presse a empiré en 2016.

Plus grave : les violations de la liberté d'informer ne sont plus l'apanage des seuls régimes autoritaires et des dictatures. En démocratie aussi cette liberté s'avère de plus en plus fragile, et notamment dans les démocraties européennes.

La Pologne est aujourd'hui à la 54ème place du classement

C'est sept places de moins en un an pour ce pays où les médias privés eux aussi sont sous pression.

Yarrossoif Korowski est bien placé pour le savoir, il est le redacteur en chef adjoint de Gazetta Debortcha, seul quotidien d'opposition devenu symbole de la liberté d'expression en Pologne. Pour tenter de le mettre à terre, les autorités ont choisi une autre méthode qu'avec les médias publics. Elles ont opté pour l'asphyxie économique.

Et la France ?

Elle est remonté en un an de la 45ème à la 39ème place, principalement pour cause de disparition de "l'effet Charlie hebdo"... La France reste très loin des pays d'Europe du Nord qui sont traditionnellement en tête, et cette année, c'est la Norvège.

Et pendant cette campagne on a vu des violences verbales, parfois même physiques, extrêmement inquiétantes pour l'exercice du journalisme en France estime l'Organisation.

D'ailleurs, pas plus tard qu'avant hier, 32 sociétés de journalistes de différents médias ont signé une tribune contre l'entrave à la liberté d'informer du Front National : déplacement de Marine Le Pen non communiqué, accréditation refusée... Des mois que les exemples se multiplient, notamment envers les journalistes de Médiapart, de l'AFP, de Quotidien (l'émission de Yann Barthès sur TMC), etc.

Mais dans cet entre-deux-tours, les choses semblent s'être intensifiées. D'où cette tribune signée entre autres par les SDJ (Société des journalistes) des Echos, du magazine Elle, de TF1, du Point, de France Inter, pour dire non aux méthodes du FN.

Autant vous dire que tout cela n'a provoqué aucune réaction du côté du FN.

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