Le photographe suisse est en Chine pour présenter deux expositions dans le cadre du Festival de Lianzhou. C'est là que Brigitte Patient l'a rencontré

Exposition "Seven Sunset" de Yann Mingard
Exposition "Seven Sunset" de Yann Mingard © Radio France / Brigitte Patient

Seven sunset

Yann Mingard raconte comment est née cette série :

"Le 5 avril au matin, une première détonation déchira le ciel au-dessus de l'île de Sumbawa. Cinq jours plus tard, l'éruption atteignit son paroxysme avec "trois colonnes de flammes", selon certains témoins. On estima à 41 kilomètres cubes le volume de coulée pyroclastique, et des détonations se firent entendre à 2 600 kilomètres de distance; les cendres éjectées dans la stratosphère firent plusieurs fois le tour de la terre. 

Les explosions subites du volcan Tambora, resté endormi durant des siècles, provoquèrent un refroidissement climatique, et l'année suivante fut appelée une "année sans été", même en Angleterre. Nous somme en 1815. William Turner est affairé à la composition d'un sujet tiré de l'Enéide de Virgile. Il cherche une vision à donner à l'aube d'un nouvel empire. Songe-t-il à l'ère industrielle ou à l'Antiquité ? Il titre finalement sa toile Dido Building Carthage, or The Rise of The Carthagian Empire et l'expose à la Royal Academy Summer Exhibition. Lorsqu'on lui demande d'où vient ce magnifique coucher de soleil rougeoyant, il répond : "Je ne peins pas celà pour que ce soit compris, mais pour montrer à quoi ressemble un tel spectacle."

La précision de son observation des ciels fut relevée par le Dr Christos Zerefos, spécialiste des sciences atmosphériques à l'Académie d'Athènes. Dans son étude parue en 2014, le Dr Zerefos démontre l’impact de l'éruption du volcan Tambora, en identifiant la présence de cendres, de gaz volcaniques et d'autres aérosols dans l'analyse picturale des paysages: "Le rapport entre les proportions de rouges et de verts dans les crépuscules peints par les grands maîtres correspond bien à la quantité d'aérosols volcaniques dans l'atmosphère." La communauté scientifique admet à présent que les particules en suspension dans l'air ont la faculté de dévier une partie des rayons du soleil, modifiant ainsi les nuances du spectre lumineux.  Doit-on lire une amorce de réponse à la question "Pourquoi tant de beauté dans le monde ?" ?"                                        

de la série “Everything is up in the air, thus our vertigo”, Chapter 01 / Seven Sunsets
de la série “Everything is up in the air, thus our vertigo”, Chapter 01 / Seven Sunsets / Yann Mingard / Courtesy of Parrotta Contemporary Art Gallery

Photo ci-dessus : à gauche : Coucher de soleil sur un lac / William Turner (détail) - à droite : Détail d'une capture d'écran d'une image trouvée sur Google Image avec les mots clés “AQI + air pollution in China 2015” 

Great Aletsch Glacier, chapter 04 from the serie "Everything is up in the air, thus our vertigo"
Great Aletsch Glacier, chapter 04 from the serie "Everything is up in the air, thus our vertigo" / Yann Mingard / courtesy Parrotta Contemporary Art Gallery
Mammoth, chapter 08 from the serie "Everything is up in the air, thus our vertigo"
Mammoth, chapter 08 from the serie "Everything is up in the air, thus our vertigo" / Yann Mingard / courtesy Parrotta Contemporary Art Gallery

Aller + loin

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