Photographe et passionné de photographie, le journaliste, écrivain, historien de la photographie, a toujours mis les autres en avant. Aujourd’hui ses oeuvres sont publiées dans un livre, il nous parle enfin de lui et de ses photographies, implacables.

L'assassinat de Baltard
L'assassinat de Baltard © Jean-Claude Gautrand

"Les Halles c'était un immense marché intérieur à Paris, quotidien, toutes les corporations de bouche étaient présentes, et c'est vrai qu'il y avait une vie extraordinaire, ça grouillait de vie là-dedans. Les photographes y venaient. Robert Doisneau a fait beaucoup de photographies  des Halles mais pendant leur fonctionnement, après il en a fait quelques unes mais ce n'était pas son univers. J'ai pris la relève en quelque sorte." 

Je suis resté un mois et demi sur le chantier à documenter la destruction des pavillons de Baltard aux Halles de Paris. 

"J’avais réussi à m’immiscer au milieu de ces pavillons qui s’écroulaient pour saisir ces moments, des moments assez extraordinaires de lumière. c’était d’une tristesse d’ailleurs….  J’ai appliqué le mot de Baudelaire: « sauver de l’oubli les ruines pendantes » ... ces choses précieuses qui demandent à disparaître mais méritent une place dans la mémoire collective."  

Portrait
Portrait / Jean-Claude Gautrand

Né en 1932, Jean-Claude Gautrand vit à Paris. Il  fait partie en 1970 de la première équipe de création des Rencontres d’Arles au côté de Lucien Clergue. Journaliste, écrivain, historien de la photographie, Jean-Claude Gautrand est un homme discret qui a toujours mis les autres photographes au coeur de son travail, auteur de nombreux livres sur ses amis Brassaï, Willy Ronis, Robert Doisneau. Aujourd’hui son oeuvre est publiée dans un livre Itinéraire d’un photographe (éditions Bourgeno). Une oeuvre en noir et blanc, et en argentique. « le noir est blanc c’est l’aristocratie de la photographie !"

La construction du boulevard périphérique à Paris en 1964.
La construction du boulevard périphérique à Paris en 1964. / Jean-Claude Gautrand

Photo extraite de la série « Métalopolis" (décrite par Sonia Devillers), première série de photographies de Jean-Claude Gautrand. 

C’est l’angle de prise de vue qui m’a permis de fabriquer cette hyperstructure, c’est de la fiction en quelque sorte qui va au-delà de la réalité.  c’est l’asphyxie du pourtour de Paris ! 

« Il faut oublier la technique. La technique ne m’a jamais passionnée. J’ai toujours eu le même appareil pendant des années. Le minimum de matériel, le maximum de réflexion !" 

Souvenirs de la découverte de la photographie, grâce à un copain qui l'emmène dans sa chambre noire . « Prendre un bout de papier, le mettre dans de l’eau - ce que je croyais être de l’eau  - et voir apparaître une image… C’était magique. Et encore aujourd’hui ça reste magique. Quand je tire une photo j’ai toujours l’émotion de l’apparition. » 

La mémoire du temps
La mémoire du temps / Jean-Claude Gautrand

Je suis toujours passionné d’histoire

Photo extraite de la série « Les forteresses du dérisoire » (décrite par Alex Vizoreq)    A Royan, à la recherche des restes du Mur de l’Atlantique....

ACTUALITES

EXPOSITIONS  

  • A Arles, exposition place Voltaire jusqu'au 8 juillet
  • A Paris, jusqu’au 1er septembre 2018, à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France, 15 rue Falguière, Paris 15ème  
  • Jusqu’au 29 septembre 2018 Jean-Claude Gautrand est le commissaire, avec Gérard Uféras, de la très belle exposition « Willy Ronis par Willy Ronis » à Paris au Pavillon Carré de Baudoin.   

LIVRES

  • Itinéraire d’un photographe, éditions Bourgeno  (entretien de Sylvie Hugues et préface d’Anne Biroleau)  
  • autre livre cité dans l'entretien :  Paris, portrait d’une ville, éditions Taschen, 2012    

DISQUES

  • Leon Bridges, « Beyond »
  • An Pierlé, « Il est 5 heures, Paris s’éveille » 
  • Camille, « Langue »
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