Brigitte Patient vous propose d'arpenter deux festivals dédiés à la photographie: Le festival Circulation(s) à Paris, au 104 et le festival montpelliérain Les Boutographies. Deux festivals qui défendent avec ferveur la création photographique de jeunes artistes venus de toute l’Europe.

Rencontre avec Marion Hislen, directrice artistique de Circulation(s), Ida Jakobs et Pierre Liebaert, photographes exposés aux rencontres photographiques de Montpellier.

  • Marion Hislen et Brigitte Patient
Marion Hislen et Brigitte Patient
Marion Hislen et Brigitte Patient ©

.

Le festival Circulation(s) au centquatre à Paris

Le festival Circulation(s) est dédié à la diversité photographique européenne et il a pour vocation de faire émerger les talents. Depuis sa création en 2011, il a exposé plus de 225 artistes et reçus près de 175 000 visiteurs. Le festival est le projet de Fetart, association créée en 2005 pour promouvoir les jeunes photographes. Entièrement monté et dirigé par des bénévoles, Circulation(s) est animé par une dynamique et un esprit d’équipe qui montrent un autre visage de l’art contemporain et crée un réel dialogue avec le grand public.

L’édito 2016

affiche circulations 2016
affiche circulations 2016 ©

« Le monde dans lequel nous vivons est chahuté avec une violence que nous n’avions pas ressentie depuis des décennies. Des peuples entiers fuient la guerre et cherchent refuge en Europe, mais la paix en Europe est elle-même menacée. (…) Plus que jamais, le monde a besoin de visionnaires. Si nous avons créé depuis six ans déjà le festival Circulations, si nous défendons chaque année une cohorte de jeunes photographes issus de toute l’Europe, c’est parce que nous croyons que les artistes portent à leur façon ce feu sacré. Dans un monde menacé par le repli identitaire et des formes de plus en plus alarmantes de radicalisation, dans une société contemporaine obsédé par la performance économique, c’est à eux que nous nous adressons pour redéfinir les vraies valeurs. Nous croyons en eux et nous avons raison. Ils sont 51 cette année à exposer leurs œuvres au Centquatre-Paris et il faudrait être aveugle pour ne pas voir à quel point leurs images poétiques, irrévérencieuses, incarnées, nous rechargent en énergie – que cette énergie passe par la colère ou le réenchantement, l’humour ou la désillusion.

Cette édition 2016 est caractérisée par une tendance sociétale, avec des problématiques comme les réseaux sociaux, l’écologie, les migrants...

Marion Hislen

Marion Hilsen
Marion Hilsen ©

Eléments de parcours

Marion Hislen a été directrice de la Photo pour la Fnac, gérant en particulier les galeries Photo Fnac à travers la France. Elle est aujoyurd’hui commissaire principale et directrice du Festival Circulation(s) , l'événement photographique Parisien pour la promotion des jeunes photographes qui a lieu au Centquatre à Paris.

Le festival Circulation(s) est porté par une association et ne vit que grâce à l’énergie des bénévoles … il a pris beaucoup d’ampleur et nécessite aujourd’hui un réel coup de pouce financier pour continuer à exister !

.

RV bandeau Photos choisies
RV bandeau Photos choisies ©

.

Benjamin Renoux

Benjamin Renoux
Benjamin Renoux ©

Né en 1986 à Abidjan (Côte d’Ivoire), benjain Renoux vit et travaille entre Paris et Londres (Royaume-Uni). En 2015, il est sélectionné pour le 60ème Salon de Montrouge et en 2010, il reçoit le prix Art Contemporain de Chic Art Fair pour son projet Souvenir du Père . Il est l’un des artistes invités du festival Circulation(s) 2016.

  • Tondo, Benjamin Renoux
Benjamin Renoux Tondo 2015
Benjamin Renoux Tondo 2015 © Benjamin Renoux Tondo 2015

Le tondo est un format de peinture circulaire devenu populaire à la Renaissance. Il était surtout utilisé pour des portraits et des représentations de Vierge à l’Enfant. Benjamin Renoux reprend ce gabarit pour son travail sur le «stade du miroir», c’est-à-dire le moment où l’enfant reconnaît pour la première fois son reflet dans le miroir.

Tondo consiste en une série de vidéos de format rond, présentées dans des cadres sculptés façon Renaissance. Les vidéos présentent le reflet de l’artiste parlant à des photographies . La conversation demeure inaudible dans le but d’en préserver l’intimité. Tondo est le moyen pour Benjamin Renoux de juxtaposer les espaces-temps : celui de la photographie, celui du reflet et celui du spectateur.

.

VilmaPimenoff

vilma Pimenoff
vilma Pimenoff ©

Née en 1980 à Vammala (Finlande) elle vit et travaille à Fontenay-sous-Bois en France. Elle fait partie des artistes sélectionnés par le Jury 2016 du festival Circulation(s).

  • 21 st Century Still Life, Vilma Pimenoff

Dans la peinture classique, les natures mortes rappellent au spectateur que sa vie sur Terre est limitée. Un regard attentif porté sur le travail de Vilma Pimenoff révèle que ses natures mortes sont réalisées avec de la toile cirée. En utilisant des matériaux plastiques, qui mettent plusieurs centaines d’années à se décomposer, l’artiste renverse le rapport à l’éphémère.Still Life s’avère une réflexion de l’artiste sur le consumérisme.

vilma Pimenoff still life
vilma Pimenoff still life ©

Les Boutographies 2016

Rencontres photographiques de Montpellier

Du 30 avril au 22 mai

14 rue de l’Ecole de Pharmacie

les boutographies 2016 affiche
les boutographies 2016 affiche ©

Tout ce qui est montré ici est porté par de jeunes, parfois très jeunes auteurs, dont le rapport à leur propre époque est impressionnant de sensibilité et de maturité. Les images photographiques sont associées au son, à l’image en mouvement, au texte et à la littérature, dans des scénographies souvent complexes et toujours argumentées. Les démarches elles-mêmes sont multiples : venues du documentaire, de la sociologie, des arts visuels, du cinéma ou du théâtre, mobilisant les réseaux sociaux et les thèmes scientifiques, elles montrent queces jeunes auteurs s’inscrivent pleinement dans les questionnements artistiques et sociétaux d’aujourd’hui. Des travaux consacrés à l’Ukraine, à la Tunisie et aux territoires occupés de Palestine sont là pour apporter des regards très personnels sur des situations dont les devenirs nous concernent en premier lieu.

IDA JAKOBS

Ida Jakobs aux boutographies
Ida Jakobs aux boutographies ©

Eléments de parcours

Après des études de lettres, Ida Jakobs travaille pendant dix ans pour la communication dans le théâtre, puis elle revient à ses premières amours, la photographie. En 2013 où elle suivra pendant une année l'atelier de Pierre Barbot, à l’ETPA à Toulouse.

La vie devant soi

Ida Jakobs La vie devant soi
Ida Jakobs La vie devant soi © Ida Jakobs

Série exposée à La Panacée Centre de culture contemporaine de la ville de Montpellier

Cette série de photo présente une famille de femmes « ma grand-mère, sa sœur, ma mère et moi ». Un petit théâtre, un jeu qui parfois n’est pas si drôle. Des histoires de famille. La maternité. La mort. L’oubli. L’enfant que je suis. La figure de la mère. Retrouver par un geste une identité. Une genèse. Régresser, transgresser, aller à l’essence. Passer de la réalité à la fiction pour inventer une mythologie familiale, sur les pas de Gabriel Garcia Marquez et d’Hervé Guibert.

PIERRE LIEBAERT

Né en 1990 à Mons en Belgique, diplomé de l'Art High School, Il vit et travaille à Bruxelles. Son travail est exposé lors de festivals ou au sein d'institutions muséales. Sa série intitulée Macquenoise est publiée par l'éditeur belge Le caillou bleu. L'ouvrage est reconnu par le site américain Photo-eye , comme l’un des 26 meilleurs de l’année 2013. Très souvent immersifs, les projets qu'il mène portent sur le long terme et le dévorent. Si ceux-ci sont majoritairement photographiques, sa série Libre maintenant se construit telle une installation composée d'un film, de musique, d'enregistrements sonores et de textes. Le film, seul, a été projeté dans de nombreux festivals de cinéma internationaux.

Pierre Liebaert aux Boutographies
Pierre Liebaert aux Boutographies ©
  • Série Libre maintenant, Pierre Liebaert
Pierre Liebaert, sérieLlibre maintenant
Pierre Liebaert, sérieLlibre maintenant © Pierre Liebaert, sérieLlibre maintenant

Tout commence par une annonce déposée par l'artiste dans les réseaux sociaux. Les modèles qui ont répondu ont souhaité venir poser dans l’intimité d’une chambre close et semblent n’avoir rien tant désiré que cet instant du face à face avec un photographe qu’ils ne connaissaient pas. Nul autre désir que celui d’être devant lui, d’être contemplés, de se livrer à l’appareil en transgressant une norme à quoi leur vie publique ou leur situation familiale paraît les contraindre. Pierre Liebaert a retrouvé l’essence de la photographie, de la relation entre le modèle et le photographe, exacerbant ici la notion de pouvoir qu’elle induit en cette soumission désirée. (Xavier Canonne).

Je pense que ces hommes en posant devant moi accomplissent un rite magique qui les soulage, ils otent dans cette séance le masque qu’ils portent dans la société. P Liebaert

.

RV bandeau Photos choisies
RV bandeau Photos choisies ©

.

  • Ida Jakobs, La vie devant soi, photo de sa grand-mère âgée de 100 ans.__
Ida Jakobs la vie devant soi
Ida Jakobs la vie devant soi © Ida Jakobs, La vie devant soi

.

  • PIERRE LIEBAERT, Série Libre maintenant
Pierre Liebaert, série libre maintenant
Pierre Liebaert, série libre maintenant © Pierre Liebaert, série libre maintenant

.

Les liens

Regardez Voir sur Facebook

L'oeil de la photographie

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.