Wilting Point est un terme botanique qui se traduit par "le point de flétrissement". C’est ce moment où la plante bascule vers la vie (si elle est nourrie) ou la mort. Wilting point, c'est le titre de l'exposition et du livre du photographe William Daniels au Pavillon Carré de Baudouin à Paris jusqu'au 11 avril.

Femme Kirghiz
Femme Kirghiz © William Daniels

Le wilting point (« point de flétrissement ») décrit le seuil en deçà duquel la teneur en humidité du sol ne permet plus à la plante de survivre. Elle flétrit, avant de mourir si ces conditions hostiles perdurent. Dans notre monde, il existe d’autres points de rupture, des entre-deux fébriles qui maintiennent un lien ténu entre vie et mort. Avec Marie Lesbats, commissaire de l'exposition, William Daniels revisite dix ans de reportage. En reliant les lignes de fracture de notre planète, ils ouvrent un dialogue et nous précipitent dans le chaos.

L'exposition William Daniels
L'exposition William Daniels / Marie Lesbats

Des pays semblent voués à une instabilité chronique tels la Centrafrique, le Kirghizistan ou la frontière Bangladesh-Myanmar. C'est le fil qui relie toutes les photographies de l'exposition. On entre dans une première salle qui semble douce avec des paysages dans les tons blancs, des grands formats que nous n'avons pas l'habitude de voir pour un photographe qui s'exprime le plus souvent pour la presse.

Ces grands formats nous permettent justement de voir le regard de William Daniels au delà des événements qui précipitent les pays dans le chaos. Puis la progression dans les espaces du Pavillon Carré de Baudouin se fait plus sombre jusqu'à dernière salle qui emplit les murs des fracas de la réalité crue.

L'exposition William Daniels
L'exposition William Daniels / Marie Lesbats

Dans cette exposition et dans le livre, deux approches se font face : celle, directe, incisive, narrative et descriptive, qui prévaut dans l’univers du reportage documentaire ; et puis celle, théorique, émotionnelle, qui exprime le sentiment personnel de l’auteur.

Le parcours de William Daniels : Né en 1977, il commence sa carrière de photographe en 2002 avec un premier reportage qui l’emmène aux Philippines (les petits fantômes de Manille ou le sort des enfants des rues de la capitale philippine). Depuis lors, il parcourt le monde afin de couvrir les crises humanitaires, les conflits armés en s’intéressant particulièrement au sort des populations vulnérables. Son travail a été récompensé par de nombreux prix internationaux dont deux World Press, le Visa d’or humanitaire du festival de Perpignan, la Bourse de la fondation Lagardère, la Bourse Tim Hetherington et le Centre National des Arts Plastiques. Il collabore régulièrement avec des magazines tels Time et National Geographic. En 2018 la National Geographic Society lui octroie une bourse lui permettant d’entamer un travail personnel sur les apatrides dans plus de cinq pays.

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