Une émission spéciale pour fêter les Rencontres photographiques, en direct d'Arles, avec le photographe Yan Morvan; et les passionnés Sébastien Lifshitz et Stefano Stoll.

Yan Morvan

« Un photographe c’est un voyeur, moi j’ai toujours eu honte de photographier » Y. Morvan

Eléments de parcours

Yan Morvan est né à Paris en 1954. Après des études de mathématiques puis de cinéma, il effectue des reportages sur les Hells Angels de Paris, puis sur les prostituées de Bangkok. En 1974, il publie sa première photographie dans le quotidien Libération. Jusqu'en 1976, il collabore à l'agence Fotolib de Libération, puis à l'agence Norma. La même année, paraît son premier livre sur les rockeurs, Le Cuir et le baston (prémices d'un travail sur les gangs qui durera vingt ans). Plus tard, il intègre l'équipe de Paris Match, puis celle du Figaro Magazine jusqu'en 1980. De 1980 à 1988, il rejoint l'agence Sipa et devient correspondant permanent de l'hebdomadaire américain Newsweek, pour lequel il couvre les principaux conflits et même le mariage de Lady Di dont sa photo fera le tour du monde. Photographe indépendant depuis 1988, reconnu comme l'un des plus grands spécialistes de la photographie de guerre, il collabore régulièrement avec la plupart des grandes publications internationales. Ses reportages de guerre lui vaudront le prix Robert-Capa, pour son travail au Liban en 1983, deux prix du World Press Photo et de nombreuses récompenses décernées par les écoles de journalisme américaines. Depuis 2004, il enchaîne les reportages sur des sujets de fond : les banlieues et les victimes de guerre ou de la route.

Yan Morvan est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands photojournalistes français. Ses nombreux scoops lui vaudront une reconnaissance et une notoriété internationale, mais également beaucoup d'ennuis : au Liban, il sera condamné à mort à deux reprises, en y réchappant toujours de façon miraculeuse. En France, son travail pour Libération ou Paris-Match sur les gangs lui vaudra d'être pris en otage et torturé pendant trois semaines par le serial killer Guy Georges. Yan Morvan est membre du studio Hans Lucas depuis 2015.

« Ces paysages blessés dessinent l’œuvre de destruction de l’humanité recouverte par le silence et la puissance de la nature. » Y. Morvan

Sébastien Lifshitz

.
. / Sébastien Lifshitz

Eléments de parcours

Après des études d’histoire de l’art à l’Ecole du Louvre, Sébastien Lifshitz travaille dans le milieu de l’art contemporain au Centre Georges Pompidou ou auprès de la photographe plasticienne Suzanne Lafont. En 1994, il se tourne vers le cinéma et réalise son premier court-métrage, Il faut que je l’aime.

Suivront en 1995, un documentaire sur la réalisatrice Claire Denis, et en 1998, le moyen-métrage, Les Corps Ouverts qui obtient le prix Jean Vigo et le prix Kodak du meilleur court-métrage. En 1999, il réalise pour Arte un téléfilm, Les Terres Froides pour la série Gauche-Droite, sélectionné à la Mostra Internationale de Venise. En 2000, il réalise son premier long-métrage, Presque Rien, puis en 2001, La Traversée, road-movie documentaire sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs. En 2004, il se lance dans la réalisation de Wild Side. Le film sera sélectionné dans de nombreux festivals internationaux, et remportera, entre autres récompenses, le Teddy Award au festival de Berlin. En 2008, il entreprend le tournage de Plein Sud, présenté au festival de Berlin en 2010. Puis, en 2012, il réalise le documentaire Les Invisibles, présenté en sélection officielle (hors compétition) au festival de Cannes. Le film obtiendra le césar du meilleur film documentaire en 2013. La même année, Sébastien Lifshitz termine le film documentaire Bambi qui a été présenté au festival de Berlin où il a remporté le Teddy Award. Le film a été simultanément diffusé sur Canal + et sur les écrans de cinéma en juin 2013. Le réalisateur sera fait l’année suivante Chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres. En 2016, il réalise "Les vies de Thérèse", documentaire qui vient clore l'aventure des "Invisibles". Le film est sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs et sera diffusé à la rentrée prochaine sur Canal +.

« J’ai toujours été intéressé par les discours de la marge, ceux qui s’écrivent sur les bords de l’Histoire » S. Lifshitz

Stefano Stoll

Stefano Stoll
Stefano Stoll / Seb Kohler

Eléments de parcours

Né en 1974 à Zurich, Stéfano Stoll est le directeur du Festival Images Vevey, Suisse. Cette biennale d’arts visuels est spécialisée dans les installations monumentales en plein-air. Elle propose tous les deux ans des projets photographiques réalisés sur-mesure dans les rues, les parcs mais aussi dans les musées et galeries de la ville. Dans le cadre de cette activité il gère également un "off space" dédié à la photographie contemporaine (Espace Images Vevey) ainsi que l'une des plus anciennes bourses de photographie en Europe : le Grand Prix Images Vevey. Au cours de ses études en histoire de l’art et économie, il cofonde et codirige le premier festival de photographie de Suisse : Les Journées Photographiques de Bienne. Il a également été en charge des affaires culturelles de la ville de Vevey de 2004 à 2015 et créateur de PictoBello, un événement dédié aux dessins géants dans l’espace urbain. Comme auteur, il est membre d’AICA Press et écrit sur les thèmes tels que la politique culturelle, l’art et la photographie.

Photos choisies

  • Yan Morvan
Les blousons noirs
Les blousons noirs / Yan Morvan

* les pieds des " Blousons Noirs ". « C’est l’une de mes premières images" en septembre 1975 –

Champ de bataille
Champ de bataille / Yan Morvan

*Une des dernières, issue de la série Champs de bataille en mars 2014, les " têtes" des tombes de soldats italiens sur le Monte Grappa ( site de la bataille).

Dans mes photos je montre beaucoup les ciels, parce que le ciel c’est l’esprit alors que la terre c’est la chair et qu’elle est trop souvent meurtrie. Y. Morvan

  • Sébastien Lifshitz
Adolescente en habit d’homme, "Souvenir de 15 ans" photo-carte, circa 1920
Adolescente en habit d’homme, "Souvenir de 15 ans" photo-carte, circa 1920 / Sébastien Lifshitz

« Je collectionne depuis de nombreuses années les photographies amateur : elles inventent une autre perspective sur la société. » S.L

Prisonniers de guerre travestis en femme dans le camp de Konigsbruck vers 1915
Prisonniers de guerre travestis en femme dans le camp de Konigsbruck vers 1915 / Sébastien Lifshitz
  • Stefano Stoll, nominateur du Prix découverte des Rencontres d’Arles présente
.
. / Béni Bischof

*Béni Bischof est né en Suisse en 1976. Il travaille à l’intuition.

« Je m’amuse à condenser le grotesque, le ridicule, le banal et l’absurde… en utilisant une grande variété de médias (collages, peintures, sculptures, installations…) » B. Bischof

Contemporary Floral Arrangement 4 (Two Monochromatic Color Schemes),
Contemporary Floral Arrangement 4 (Two Monochromatic Color Schemes), / Sara Cwynar

*Sara Cwynar est née en 1985 à Vancouver (Canada) et vit à NY. En détournant des images commerciales démodées, elle compose des images qui tentent de capturer la sensation du temps qui passe. Comment le glamour s’émousse, lorsque les objets fétichisés de la mode perdent leur éclat …

EXPOSITIONS

Yan MORVAN ''Champs de bataille''

AU Capitole

14 Rue Laurent Bonnement, 13200 Arles

4 JUILLET - 11 SEPTEMBRE

10H -19H30

Après avoir photographié la guerre sous le son assourdissant des tirs, Yan Morvan nous montre les paysages silencieux de l’après-guerre.

L’impression que la couverture médiatique des conflits, très souvent, ne se résume plus qu’à une vaste consommation d’images et à une spectacularisation de l’information décide Yan Morvan à orienter différemment son travail pour témoigner autrement d’une réflexion sur l’image et de la réalité de la guerre. C’est ainsi qu’à partir du printemps 2004, il sillonne le monde et pose le trépied de sa Deardorff 20x25 cm à la recherche de ces lieux qui ont fait l’histoire depuis 3 500 ans. Racontent-ils encore l’Histoire ? Si les conditions de travail diffèrent de celles d’un photo-reporter de guerre, Yan Morvan continue en réalité à photographier la guerre à travers son absence. Cette exposition, composée de 80 photographies extraites du corpus de 430 images, fonctionne comme un aperçu de l’Histoire nous invitant à la réflexion.

Commissaire de l’exposition : Marco Zappone.

. Yan Morvan ''Blousons noirs''

Galerie HUIT Arles

4 - 23 juillet 2016

La galerie SIT DOWN en partenariat avec la galerie HUIT Arles expose “Blousons noirs“, première série de Yan Morvan réalisée il y a quarante ans. Avec les années cinquante, Paris et sa banlieue voient apparaître les “Blousons noirs“, les mauvais garçons se réunissent en bande au son du Rock’n’roll qui débarque en France avec les 45 tours. Cette jeunesse a les yeux tournés vers les États-Unis. Un style rockabilly-bikers qui fera peur aux français jusque dans les années soixante-dix. Yan Morvan livre avec ce travail initial une œuvre documentaire, un témoignage dont il est le premier à révéler un aspect de la société française en marge. Reconnu par le milieu journalistique pour son audace et son indépendance. Une immersion qui se fait au fil des rencontres du photographe qui n’hésite pas non plus à se mettre en danger, captant ainsi les tensions et les rivalités qui s’exercent au sein des bandes.

La devise des blousons noirs : “ vivre vite, mourir jeune, faire un beau cadavre“

. Mauvais Genre

Aux Ateliers des Rencontres de la photographie d’Arles

De juillet à septembre 2016

Puis du 3 novembre au 17 décembre 2016 à la Galerie du jour Agnès b, à Paris

Rassemblant un siècle de photographies, de 1880 à 1980, l’exposition "Mauvais genre" est pleine de femmes et d’hommes qui osent jouer avec le genre sous l’oeil de la caméra. Prises dans un studio photographique à la fin du XIXe siècle ou dans les coulisses des cabarets des années 30, dans l’intimité de la chambre ou sous le flash d’un appareil Polaroid, sagement posées ou complètement délurées, ces photographies constituent un corpus aussi insolite que précieux. Chinées aux puces et sur internet par Sébastien Lifshitz, ces images racontent des identités chahutées qui ont trouvé dans la transgression vestimentaire l’instrument de leur liberté. Elles rappellent aussi à quel point (et avec quel poids) le costume a reflété l’ordre social et normatif assignant à chacun son rôle selon son sexe.

LIVRES

Champs de bataille, Editions Photosynthèses, Photos de Yan Morvan, Textes de Gaëlle Maïdon et Sarah Bertin

Dans Champs de bataille, Yan Morvan capte dans leur état actuel quelque 250 lieux de bataille du passé : « 250 paysages hantés » .

« Pourquoi et comment photographier la guerre ? Comment raconter l’inracontable – les images d’horreur succèdent aux images d’horreur. La spectacularisation du monde par la télévision, la presse, Internet et l’information en temps réel ont entamé notre capital d’empathie et notre faculté à nous émouvoir du malheur des autres.

En 2004, avec une chambre photographique Deardorff 20 × 25, je commençais une série sur les lieux de batailles. Ces lieux racontaient-ils encore l’histoire ? Sans céder à l’émotion brute, je voulais m’adresser à la conscience, montrer par des paysages parfois anodins une “géographie” de la démence humaine. Je recherchais une autre manière de témoigner d’une réflexion sur l’image et de la réalité de la guerre. J’ai commencé à photographier les champs de bataille de France, les plages du débarquement, puis ceux de l’Europe, notre famille qui s’est si souvent déchirée. Mon projet est ambitieux : montrer la terre sur laquelle les hommes se sont battus, raconter l’histoire, J’ai parcouru les champs de bataille d’Europe et de l’océan Pacifique, d’Afrique, d’Amérique, d’Asie. Certains sites sont dûment répertoriés, balisés, d’autres méritent un travail minutieux d’enquête et de localisation – certains États ne semblent pas désireux de commémorer les défaites ou bien sont amnésiques… » Yan Morvan

Les blousons noirs, Ed La manufacture des livres

Un voyage dans les années 70, aux côtés des blousons noirs, rockers et autres mauvais garçons , figures d’une jeunesse libre qui fait peur.

« Les Blousons noirs c’est mon premier travail en 1975, mais aussi l’histoire que j’ai vécu pendant trois ans avec les marginaux, les loubards, les fifties et les hell’s angels » Y M

La série “Bousons noirs“ offre un témoignage sociologique de référence.

Mauvais genre, Ed. Editions Textuel

Les travestis à travers un siècle de photographie amateur. COLLECTION SEBASTIEN LIFSHITZ. Textes de Christine Bard et Isabelle Bonnet.

AVEC UN CORPUS EXCEPTIONNEL DE 200 IMAGES ANONYMES REUNIES PAR SEBASTIEN LIFSHITZ, CE LIVRE EXPLORE UN SIECLE DE TRAVESTISSEMENT (1880-1980) AVEC UNE REJOUISSANTE AUDACE.

Trouble dans le genre, plaisir du travestissement, beauté saisissante et familière… les auteurs de ce livre nous éclairent sur ce pan méconnu, souvent tû, des représentations hommes/femmes, au carrefour de la vie privée, de l’histoire de l’homosexualité et du militantisme féministe.

Les invités
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.