Diane Dufour, directrice du BAL, Luce Lebart, historienne de la photographie et Christian Delage, historien et réalisateur, viennent présenter l’exposition Images à charge, qui se tient au Bal__ (Espace contemporain dédié à l’image) du 4 juin au 30 août 2015.

plateau regardez voir
plateau regardez voir © / F leroy

Images à charge questionne la construction de la preuve par l’image à travers 11 cas clés. Parmi ces cas, Luce Lebart évoquera l’histoire du Saint Suaire, comme la première empreinte photographique de crime. L’historien Christian Delage, raconte l’utilisation de l’image pour confronter les nazis à leurs crimes. Et la commissaire Diane Dufour revient sur la période de la Grande terreur qui vu l’élimination arbitraire de 750 000 citoyens soviétiques sur ordre de Staline de 1937 à 1938. Avant d’être fusillés ces citoyens furent tous photographiés, ces images poignantes constituent l’un des documents visuels à charge les plus éloquents du premier Crime d’Etat contre son propre peuple.

EXPO

Images à chargeLa construction de la preuve par l'image au BAL

empreinte digitale sur une toile cirée, Rodolphe Reiss, 1915
empreinte digitale sur une toile cirée, Rodolphe Reiss, 1915 ©

Première exposition au BAL sans œuvre et sans artiste,Images à charge est consacrée à l’image produite en tant que preuve par des experts, chercheurs et historiens dans des cas de crimes ou de violences individuelles et collectives.

Voir, c’est croire ». La capacité d’attestation de l’image, qui prévaut dans la perception commune, est d’autant plus avérée dans le champ légal. La photographie révèle, enregistre, valide, certifie et l’usage courant de photographies dans les tribunaux, le démontre : le pouvoir de vérité de l’image est un instrument de conviction essentiel au service de la justice. En réalité, ce pouvoir de vérité a toujours été ardemment débattu, parfois légitimement contesté et souvent contredit.

Comment les traces, les signes ou les symptômes d’un acte criminel peuvent-ils être découverts, compris et validés par l’image ? Comment des dispositifs de capture ou de présentation de l’image sont-ils conçus par les experts pour renforcer son caractère probatoire ? Comment l’image se construit-elle dans un discours scientifique et historique de vérité ?

Autant de questions qui traversent cette exposition.

Diane Dufour, commissaire.

Luce Lebart

Historienne de la photographie et commissaire d’exposition, Luce Lebart est directrice des collections de la Société française de photographie . Spécialiste des procédés et des dispositifs photographiques, elle a contribué à l’ouvrage Vocabulaire technique de la photographie.

Elle a récemment été commissaire des expositions Un laboratoire des premières fois : les collections de la Société française de photographie (Arles, 2012), La Guerre des gosses (Arles 2014).

  • Traces de pas, piétinement à proximité du lieu d'infraction, Affaire des Chemins de Fer fédéraux. Photo de Rodolfe Reiss, 13 octobre 1907
Traces de pas  Rodolfe Reiss, 1907
Traces de pas Rodolfe Reiss, 1907 ©

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Luce Lebart devant l'expo
Luce Lebart devant l'expo © fanny Leroy 2015

Etrangement, le visage et le corps se donnent à lire en positif, au lieu d'être inversées. tout se passe comme si le tissu lui même, "première photographie de crime", était un négatif...

Luce Lebart

  • Le cas du Saint Suaire. Visage, marques sanguines et séreuses mises sur le front par les épines de la couronne. Négatif.
Le Saint Suaire
Le Saint Suaire ©

L'auteur des premiers clichés du Saint Suaire, tissu réputé avoir gardé des "marques faibles" d'une empreinte du corps et du visage du christ est Secondo Pia, juriste et photographe amateur italien. Les premières photos sont réalisées en 1898.

Enfermé dans mon cabinet, tout attentif à mon oeuvre, j'ai éprouvé une émotion très forte, pendant le développement...

Secondo Pia

Christian Delage

Historien et réalisateur français, Christian Delage dirige depuis 2014 l’Institut d’histoire du temps présent , unité de recherche du CNRS. Il est l’auteur deLa Vérité par l’image. De Nuremberg à Milosevic (2006) et réalisateur du film Nuremberg : les nazis face à leurs crimes (2006).

ll est le commissaire de l’exposition, Filmer les camps. John Ford, Samuel Fuller, George Stevens, de Hollywood a Nuremberg. (Paris, New York, Atlanta, 2010-2015).

  • Le cas du procès Nuremberg

En 1945, lors du procès, Le juge Jackson, procureur général déclare vouloir « établir des faits incroyables au moyen de preuves crédibles » pour la première fois dans l’histoire judiciaire, c’est un écran qui occupe une place centrale. Sur cet écran, sera projetté un film sur les camps de concentration réalisé par l'équipe de John Ford.

Le cas Nuremberg 1
Le cas Nuremberg 1 ©

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Nuremberg 2
Nuremberg 2 ©

Nous vous montrerons des films sur les camps de concentration tels que les armées alliées les ont trouvés à leur arrivée.. Nos preuves sont répugnantes et vous direz que j’ai troublé votre sommeil, mais ce sont des choses qui ont soulevé le cœur du monde entier et dressé tout être civilisé contre l’Allemagne nazie . …

Le juge Jackson__

Diane Dufour

Directrice du BAL à Paris, espace contemporain dédié à l’image-document (photographie, vidéo, cinéma, nouveaux médias) créé en 2010 avec Raymond Depardon. Reconnu internationalement pour la qualité de ses expositions (Anonymes, l’Amérique sans nom - Topographies de la guerre - Antoine d'Agata, Anticorps - Paul Graham - Lewis Baltz, Common Objects .... ),.

LE BAL a pour ambition d’inscrire les arts visuels dans une réflexion sur nos sociétés. Diane Dufour a conçu de nombreux ouvrages autour du travail de photographes contemporains. Elle est à l'initiative du Curators'day , plateforme d'échanges de projets qui réunit 30 musées européens. Elle a été Directrice Europe deMagnum Photos de 2000 à 2007.

A.Bertillon, Assassinat M.Canon 9 dec1914.
A.Bertillon, Assassinat M.Canon 9 dec1914. ©

Les images d'actes criminels se distinguent par le fait qu'elles transgressent un tabou, celui de la représentation de la mort... Mais leur finalité est que justice soit faite.

D Dufour

  • Le cas de la Grande terreur, Union Soviétique 1937

Un cas exposé au Bal par Tomasz Kizny et pérsenté ici par Diane Dufour

La Grande terreur définit l'apogée de la répression stalinienne des années 1937-1938. Durant cette période, une personne sur cent est abattue d'une balle dans la nuque en Union soviétique. Ce crime de masse est l'un des plus grands massacre d'Etat commis contre son propre peuple. Les personnes arrêtées sont photographiées de face et de profil sur un fond uniforme, conformément aux normes établies en France par Alphonse Bertillon dans la seconde moitié du XIX. Ces photos utilisées alors comme preuve de l'identité des condamnés sont devenues au fil du temps des documents à charge contre l'Etat soviétique.

  • Rytchardovitch Stanislaw, Polonais, photographié et exécuté le 21 septembre 1937.
Rytchardovitch Stanislaw, Polonais, exécuté le 21 septembre 1937/ la grande terreur
Rytchardovitch Stanislaw, Polonais, exécuté le 21 septembre 1937/ la grande terreur ©

Réhabilité en 1956.

  • Elizaveta Alekseivna Voinova

Femme au foyer née à Moscou en 1905, arrêtée le 23 septembre 1937. Exécutée le 13 novembre 1937. Réhabilitée en 1989.

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Elizaveta Alekseivna Voinova / la grande Terreur
Elizaveta Alekseivna Voinova / la grande Terreur ©

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LIVRE

images à charge le livre
images à charge le livre ©

Que peut-on vraiment apprendre d’une image? Comment la photographie se construit depuis son origine dans un discours de vérité et comme elle est reçue comme preuve? L’ouvrage répond à ces questions à travers onze cas d’images produites par des experts, chercheurs et historiens.


Regardez-voir, Agenda et Actu

Festival Portrait(s) à Vichy

du 12 juin au 6 septembre__

Affiche Portraits vichy
Affiche Portraits vichy ©

Ce festival qui voit cette année sa troisième édition est le seul en France à être centré exclusivement sur l’art du portrait . Il célèbre toutes les formes de portraits, les plus classiques comme les plus inattendues, et s’appuie sur la tradition documentaire comme sur des dispositifs conceptuels ou fictionnels. il offre un bouquet d’expositions à la fois exigeant et grand public.

Charles Fréger expose BRETONNES, Un événement photographique déployé dans quatre institutions :

Charles Fréger expositions
Charles Fréger expositions ©
  • [Au Centre d’art et de recherche GwinZegal à Guingamp ](: http://www.gwinzegal.com/exposition.html)

  • Au Musée Bigouden de Pont-l’Abbé

  • Au Musée de Bretagne / Les Champs Libres à Rennes

  • Au Musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc

Chaque lieu offre une approche différente du sujet

Avec cette série, Charles Fréger dresse le portait de femmes d'aujourd'hui arborant des vêtements traditionnels. Il ne s’agit pas de folklore, mais d’une réflexion sur l’héritage et l’appartenance.

Un livre intitulé Bretonnes est disponnible chez Actes Sud.

Bretonnes C. Fréger, livre
Bretonnes C. Fréger, livre ©

En quelque vingt années, Charles Fréger s’est imposé comme le portraitiste des communautés humaines, dans leurs dimensions collective et individuelle, dressant, par le biais de l’inventaire photographique, des typologies de manières d’habiter, pour les individualités qui la composent, sa communauté d’héritage ou d’élection. Signe visuel d’appartenance et de ralliement, l’uniforme, sinon le costume, du plus protocolaire au plus « sauvage », constitue le motif central de son œuvre. L’inventaire ici dressé est celui des coiffes bretonnes : il impose la vitalité et la contemporanéité de traditions que l’on aurait trop vite fait de remiser au rang de folklore.

LAURENT MILLET a été a été honoré du Prix NIEPCE 2015

Laurent Millet est représenté par La Galerie Particulière, à Paris et édité chez Filigranes. Il était à l'honneur dans Regardez-voir du 18 décembre consacré à nos coups de coeur!

Laurent Millet petites machines littorales 1997
Laurent Millet petites machines littorales 1997 © littorales

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