Le photographe Pierre de Vallombreuse s'est engagé depuis longtemps à témoigner auprès des minorités ethniques menacées. Il nous parle de son parcours, de ses voyages, de ses rencontres.

LaVallée, Palawan, Philippines, 2016
LaVallée, Palawan, Philippines, 2016 © Pierre de Vallombreuse Tous droits réservés.

Le philosophe Edgar Morin à propos de Pierre de Vallombreuse :

Pierre de Vallombreuse s’est engagé, utilisant le témoignage photographique, pour l’existence et la survie de tous les peuples victimes historiquement des États nationaux et dont les civilisations sont victimes de notre civilisation. Il s’est découvert dans sa propre humanité en découvrant leur humanité. Dans ce combat, s’est révélé également le sens de sa vie.

Pierre de Vallombreuse : "Je suis allé au cœur de Bornéo, le deuxième jour, quand je me suis réveillé au bord d’un fleuve, magnifique. À 5h du matin, avec la brume, les oiseaux, les odeurs, à l’orée de la jungle, j'ai eu un flash. Cette lumière m’est apparue. Je l’ai ressentie physiquement dans le cœur, la tête et le corps. Ce rayon de lumière m’a dit « Ma vie ce sera ça. Au lieu d’imaginer des histoires je vais les vivre. Et la photo me permet de les raconter. D'être un raconteur d'histoires.» "

Pierre de Vallombreuse lors de l'enregistrement de l'émission à France Inter
Pierre de Vallombreuse lors de l'enregistrement de l'émission à France Inter © Radio France / Perrine Malinge

Elements biographiques

Pierre de Vallombreuse est né à Bayonne en 1962. Au contact de Joseph Kessel, grand ami de ses parents, il ressent très tôt l’envie d’être un témoin de son temps.

En 1984, il rentre à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris avec l’idée de faire une carrière de dessinateur de presse. Mais un voyage à Bornéo l’année suivante va bouleverser le cours de sa vie... Il partage en effet son quotidien avec les Punans, derniers nomades de la jungle. D’artiste sédentaire, il décide de devenir un témoin nomade, et la photographie devient son mode d’expression.

En 25 ans de voyages sur tous les continents, il a constitué un fond photographique unique sur 42 peuples autochtones, plus de 140 000 clichés, rendant ainsi hommage à cette précieuse diversité et nous faisant découvrir la réalité de ces peuples. 

Papou de l'ethnie Dani dans un restaurant tenu par des Indonésiens. Irian Jaya. Indonésie. (Photo décrite à l'antenne par Laurence Garcia)
Papou de l'ethnie Dani dans un restaurant tenu par des Indonésiens. Irian Jaya. Indonésie. (Photo décrite à l'antenne par Laurence Garcia) / Pierre de Vallombreuse Tous droits réservés.

Pierre de Vallombreuse : 

On est tous le sauvage de quelqu’un d’autre

"Jeune fille abandonnée sur les routes du Jharakand. Inde. 2005." (Photo décrite à l'antenne par Ali Rebeihi).
"Jeune fille abandonnée sur les routes du Jharakand. Inde. 2005." (Photo décrite à l'antenne par Ali Rebeihi). / Pierre de Vallombreuse Tous droits réservés.

Pierre de Vallombreuse :

C’est une des photos qui me bouleverse le plus

"Enfants Badjao. Mer de Sulu. Nord Bornéo, Malaisie". (Photo décrite à l'antenne par Nicolas Stoufflet)
"Enfants Badjao. Mer de Sulu. Nord Bornéo, Malaisie". (Photo décrite à l'antenne par Nicolas Stoufflet) / Pierre de Vallombreuse Tous droits réservés.

Pierre de Vallombreuse :

Une photographie réussie pose une interrogation. Je n'ai rien à affirmer. Je pose des questions avec mes photographies.

Pierre de Vallombreuse a passé quatre ans chez les Palawan, au sud des Philippines : "C’est le peuple qui a la plus belle philosophie que j’ai jamais rencontrée. Il n’y a pas d’ostentation. Tout leur art réside dans leur philosophie et leur mode de vie : c’est la parole. Ce sont de doux anarchistes ; il n’y a pas de chef chez eux. Quelques conseillers ou des juges, mais aucune coercition. C'est une justice de l’énonciation, on doit dire les choses. Sans punition. Chacun est responsable de ses actions. C'est une des rares sociétés dans le monde identifiée comme fondamentalement pacifique. Ils préfèrent fuir que se battre."

À propos de la photo en haut de page, LaVallée, Palawan, Philippines, 2016 :

"C’est une photo verticale. Un jeune garçon est assis sur ce qui reste d’un tronc d’arbre, qui domine des champs sur lesquels on voit que des arbres ont été abattus. Au fond se dessine une vallée, avec des nuages, la brume - une fantastique envolée de nuages dans le ciel. C'est ma vallée chérie ;  ma petite vallée de l’ile de Palawan au Sud des Philippines. Il y a tout le mystère, la beauté de ce lieu. Il faut garder le mystère. ça reste la plus belle chose que je connaisse. »

Pour aller plus loin

Souveraines, ces peuples où les femmes sont libres, avec des textes de Tristan Savin (paru en 2015) est disponible aux éditions Arthaud.

Le site de Pierre de Vallombreuse 

Actualité

Le livre Une Vallée est publié par The(M) éditions.

En 1988, Pierre de Vallombreuse foule pour la première fois les terres de cette Vallée, au sud de l’île de Palawan, qui abrite  les Tau’Batu, ou hommes des rochers. Fasciné par cette communauté autochtone pacifique de chasseurs-cueilleurs, Pierre de Vallombreuse a depuis plus de trente ans multiplié les séjours dans la Vallée et est devenu un témoin privilégié de l’évolution de ce peuple et de son environnement progressivement impactés par le progrès.  A travers un travail photographique aussi sensible et poétique qu’ethnographique, Pierre de Vallombreuse nous donne à voir le quotidien de ce peuple de la Vallée au milieu d’une nature idyllique, peu à peu bouleversé par la modernité et les influences extérieures. 

Extrait (double page) du livre "Une Vallée" de Pierre de Vallombreuse, publié par The(M) éditions
Extrait (double page) du livre "Une Vallée" de Pierre de Vallombreuse, publié par The(M) éditions / Pierre de Vallombreuse / The(M) éditions

Programmation musicale

  • Sting, «  Fields of gold »  
  • Art Mengo,« Grand Ciel » 
  • Mormor, « Heaven’s only wishful »
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