Le musée de la photographie de Bièvres accueille l'exposition "Aux frontières de l'intime: les photographes et leurs enfants " jusqu'au 15 avril. Une exploration du regard et de l'intime en compagnie de Patrick Taberna photographe et de Julie Corteville, conservatrice en chef du patrimoine et directrice du musée.

Patrick Taberna

J'aime laisser aux spectateurs de mes images l'espace de se projeter dans mes images

Patrick Taberna est né en 1964 à St Jean de Luz. "L'usage du monde" de Nicolas Bouvier en poche, il commence la photographie lors de nombreux voyages en Europe, Asie, Moyen Orient, Etats-Unis.

Fasciné par la photo et le cinéma dès l’adolescence. Il se forme au Club des 30x40 et développe une pratique amateur tout en poursuivant sa carrière d’informaticien. Il réalise ses premières photos d’auteur au cours de ses voyages. Déjà la présence fantomatique de sa femme structure l’image. Influencé par Bernard Plossu, Robert Franck, Jim Jarmush, les photos de Patrick Taberna sont habitées par ses enfants. Le décadrage et le flou, attachés aux instantanés de la pratique amateur, dissimulent les visages pour permettre à chacun de s’identifier à l’image ou d’imaginer ce qui s’y passe. Nourri de littérature, il recherche au cours de ses voyages l’esprit des lieux décrits par ses auteurs préférés.

Ce que je ressens en voyant les images de Patrick Taberna, c'est qu'il en a besoin pour vivre . Bernard Plossu

Julie Corteville

Julie Corteville est ethnologue, conservateur en chef et directrice du musée français de la Photographie de BIèvres.

Docteur en anthropologie, Chevalier des Arts et lettres, elle a consacré l’essentiel de sa carrière de conservatrice aux musées, défendant « une vision du musée ouvert sur la société, plus questionnant que "savant".

Elle s’intéresse depuis longtemps à la photo, (son premier choc esthétique, à 12 ans est lié aux images des photographes Koudelka, Kertesz, Doisneau, Cartier Bresson...). Adulte elle a partagé la vie du photographe Marc Harrold, et a travaillé pour la valorisation de l'image dans quelques 25 expositions comme commissaire.

Elle manifeste un intérêt particulier à la photographie vernaculaire et la photo de famille qu’elle a fait entrer en collection très tôt. Consciente de la difficulté de vivre de la photographie, elle considère que les institutions publiques doivent défendre et acheter les photographes pour soutenir leur travail.

Exposition « Aux frontières de l’intime : les photographes et leurs enfants »

Du 20 novembre 2014 au 15 avril 2015. Musée français de la Photographie 78, rue de Paris, Bièvres Tél. 01 69 35 16 50 Ouvert du mercredi au dimanche de 13h30 à 17h30

musée de Bièvres
musée de Bièvres © musée de Bièvres / musée de Bièvres

Du daguerréotype au numérique, l’enfant traverse toute l’histoire de la photographie. Aujourd’hui sujet de toutes les préoccupations, incarnation du couple et de notre narcissisme, il constitue un objet photographique majeur. Les photographes prennent-ils leurs enfants en photo comme tout le monde ? Adoptent-ils une écriture particulière ? Quelle place occupent ces images dans leur travail ? Font-elles œuvre ? Quel statut ont-elles ? Pas si simple.

Les photographes qui font œuvre autour de leur(s) enfant(s) sont de plus en plus nombreux. L’avalanche de publications consacrées à l’enfant témoigne d’une véritable préoccupation pour l’intime dans notre société.

Les photographes participant à cette exposition sont: :Nelli Palomäki, Emmanuel Sougez, Paul Vitez,Bernard Plossu, Bertien Van Manen, AlainLaboile, Fouad Elkoury, Philippe Schuller,Julien Magre, Patrick Taberna, YvesTrémorin, Franck Gérard, Julie Blackmon,Ellen Kooi

Le choix photographique de Patrick Taberna :

  • A contre temps, Muscudy, 2011
Taberna a contre temps
Taberna a contre temps © taberna / Taberna

Une image étrange comme je les aime. Au départ, ma petite fille dans sa jolie robe d'été qui a ramassé quelques coquilles d'escargots...Et pourtant de cette douce familiarité peut naître un sentiment d'étrangeté qui amène le spectateur à se poser des questions. Qu'est ce qui se passe ? Pourquoi les escargots sur le bras ? Mystère de l'enfance. . .

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  • De sable et de vent , Milos, 2007
taberna de sable et de vent milos
taberna de sable et de vent milos © Taberna de sable et de vent Milos / Taberna

Dans cette photographie sont réunis tous les éléments qui m'inspirent pour produire des images : Le livre car c'est souvent un livre qui me pousse sur la route (ici "L'été Grec" de Jacques Lacarrière qui m'avait donné envie de visiter la Grèce) , la lumiére de la Grèce, le voyage , mon fils et la chaise ( laisser au temps toute sa place)...

P. Taberna

  • Nos italies, Montepulciano, 2000 __
Taberna
Taberna © taberna / Taberna

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Le choix photo de Julie Corteville :

Thimothy Archibald
Thimothy Archibald © Thimothy Archibald / Thimothy Archibald

A travers ce projet très personnel le photographe américain aborde l'autisme de son fils.

  • Emmanuel Sougez ( 1889- 1972) , Portrait de Claude et Madeleine Sougez
Emmanuel Sougez
Emmanuel Sougez © Emmanuel Sougez / Emmanuel Sougez

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  • Patrick Taberna, Série "Au fil des jours"

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Patrick Taberna
Patrick Taberna © Patrick Taberna / Patrick Taberna

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EXPO:

La main Variations sur le thème de la main par dix-neuf photographes, (dont Patrick Taberna)Galerie Camera Obscura / 29 janvier - 14 mars 2015.

la main Masao Yamamoto
la main Masao Yamamoto © Masao Yamamoto camera obscura / Masao Yamamoto

Pour les photographes qui font de leur vie le matériau d'une oeuvre, la main est un sujet qui tombe sous le sens du regard. Elle accompagne l'oeil dans l'exploration du monde, créant, par sa présence dans l'image, une sorte de pontsymbolique, par dessus l'appareil photographique, entre le photographe et ce qu'il voit, ce qu'il nous montre. Elle est l'affirmation d'une vision subjective. Mais elle peut aussi être tout simplement un magnifique sujet. Expressive et signifiante à l'égal d'un visage (quoique certainement plus énigmatique), la main nous parle comme le ferait un regard.

Didier Brousse

LIVRES

  • Au fil desjours, Patrick taberna, Bernard Plossu, Actes Sud , 2004
au fil des jours Taberna
au fil des jours Taberna © Patrick Taberna / Patrick Taberna

Prix de la fondation CCF pour la photographie 2004.

Le travail de Patrick Taberna se compose d'une série de portraits d'individus et d'endroits souvent vus au travers de détails : une épingle à cheveux, une carte déchirée, des bras tendus...

Les visages n'apparaissent pas clairement, ce qui permet à chacun de projeter son propre imaginaire.

Texte en japonais de Takeki Sugiyama traduit en anglais et français.

le gout des mandarines
le gout des mandarines © taberna / le caillou bleu / Patrick Taberna

Souvent les souvenirs sont liés aux cinq sens. C’est parfois étrange. Pour moi, ce serait un son. Parfois, c’est un goût, parfois une odeur. Au Japon, les gens disent que l’amour a le « goût du citron”, il doit donc y avoir un chemin dans notre mémoire qui par les cinq sens nous ramène aux instants passés.

Souvenirs. (...) Le goût des mandarines, toujours, me rappelle ma famille. Les mains de ma mère épluchant une mandarine, la table basse couverte de pelure rouge et une feuille de journal tachée par le jus de la mandarine. Et toujours présent en moi, une sorte de découragement, comme peut-être face à un amour déçu. Le goût des mandarines me ramène à ces souvenirs d’adolescence, pleins de douceur et d’amertume. Pour Patrick, Le goût des mandarines a le goût de ses souvenirs. Takeki Sugiyama


PRIX

Les résultats du 58e World Press Photo ont été annoncés ce jeudi 12 février.

C'estMads Nissen , photojournaliste danois, qui remporte le premier prix avec cette image qui montre un jeune couple homosexuel dans son intimité.

Mads Nissen world press
Mads Nissen world press © Mads Nissen / Mads Nissen

La photo a été prise à Saint-Pétersbourg et réalisée dans le cadre d'un sujet consacré aux discriminations faites aux homosexuels en Russie.

Voir les autres photos primées par le World press photo dans cet article du journalLe Monde.

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