Rip Hopkins, photographe anglais installé en Belgique. Membre de l'agence VU, il a travaillé une dizaine d'années auprès de Médecins sans Frontières. Il navigue entre photographie documentaire et expression artistique. Portrait d'un photographe à l'humour si singulier.

Rip Hopkins
Rip Hopkins © Radio France / Brigitte Patient

J’ai choisi d’évoluer dans le domaine artistique tout en ayant une approche documentaire sur des contextes réels. 

"Le beurre est un vecteur du gout. Dans les macarons, ils mettent énormément de beurre pour que le goût du fruit explose. La photographie, c’est pareil avec la parole : les gens, à travers le processus photographique, s’expriment autrement, ils disent des choses qui les touchent de très près. J’adore entrer dans cette intimité presque indécente de la photographie."

Rip Hopkins est né en 1972 en Angleterre. Il vit aujourd'hui en Belgique. Il fait de la photographie depuis ses dix ans.  Ayant grandi dans une famille collectionneuse d'art, de  peinture, il choisit la photographie pour avoir son  son propre champ d'expérimentation, son antre de création.  "J’avais une chambre noire à la maison. mon grand père adorait la photographie. on faisait des récits à travers la photographie." 

Il rentre à agence VU à l'âge de 23 ans. Pendant près de dix ans, en collaboration avec Médecins Sans Frontières, il réalise des reportages photographiques et des documentaires sur des populations en danger et des personnes en marge de la société aux quatre coins du monde.  " Je faisais des film documentaire, et en parallèle je faisais de la photographie. Petit à petit, la photo a pris plus de place."

Dans une photographie, il y a du travail, mais à 95% c’est juste de la chance, c’est le bol.

Soudan du Sud, 1995
Soudan du Sud, 1995 / Rip Hopkins

(Photo décrite par Eric Hauswald) 

"C'est une photo que j’ai faite très rapidement sans mise en scène, de manière très spontanée. Je faisais un film avec MSF. Les gens étaient à la fenêtre car ils étaient curieux du tournage. Ce sont les photographies sans mise en scène que j’apprécie le plus

"le travail de photographe c’est un travail très solitaire. Surtout quand on est photoreporter, on se sent presqu’illégitime dans les endroits où on est, un peu comme un prédateur."

Dans une île au milieu du Tadjikistan, 1995.
Dans une île au milieu du Tadjikistan, 1995. / Rip Hopkins

(photo décrite par Djubaka, programmateur musical)

A chaque fois que je vois cette photo, ça me nourrit 

Le pays sortait d’une guerre civile. C’était une zone coupée du monde; ces enfants étaient dans la paille; je passais par là ... C’est fait sur le vif, et ça capte la joie de l’enfance; ça me fait penser à mon enfance quand je roulais dans le foin, la poussière légère qui se met sur la peau, les promesses des années à venir."  

« Une bonne photographie c’est une image qui reste dans le temps, dans les yeux du photographe. pas forcément dans les yeux du reste du monde. »

L'humour caractérise les travaux les plus récents de Rip Hopkins, dans sa série "Belgian Blue Blood", ou "Another country"  notamment" 

Anthony et Paul
Anthony et Paul / Rip Hopkins

(photo décrite par Eric Hauswald) 

"Ce sont deux amis, Anthony et Paul, agents immobiliers dans le Périgord. C‘était la dernière photo de la série pour Another Country, sur les britanniques vivant en France. On avait diné ensemble. et la photo s’est faite en deux secondes. Avec une chance inouïe : ils étaient habillés exactement comme dans les tableaux aux murs, exactement pareil !  " 

Allez + loin

LIVRES 

"Le livre est plus important qu’une exposition. C’est l’aboutissement. On peut raconter une histoire à travers l’articulation entre texte et image. Je ne saurais pas dire ce qu'est une image, c’est comme de dl’eau, ça se transforme tout le temps. J’aime bien que les images soient figées dans un livre - un objet qu’on peut s'approprier." 

  • Canada Canada, Filigranes édtions, 2017. Un portrait du canada et des canadiens.  « Canada canada est un fantasme photographique. j’ai fait du Canada mon propre film où je suis son protagoniste principal. Dans cette série documentaire, j’ai construit les photographies comme des extraits de film nord-américains dans le style de ceux de Martin Scorsese, des frères Cohen ou de Brian de Palma."
  • Belgian Blue Blood,Filigranes éditions, 2016. 96 portraits. de ceux qui composent l’aristocratie belge.
  • Another Country, Filigranes éditions, 2010
  • Tadjikistan Tissages, Actes Sud, 2002 (textes Christian Cajole et Rip Hopkins) 

DISQUES 

  • The Beatles, « A hard day’s night »  
  • Françoise Hardy, « Le Large » 
  • Young Fathers, « In my view ».
Programmation musicale
  • RAPHAËLLE LANNADÈRE

    Laisser passer (mix voix bitch intro cut)

    2016

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