Les Black Panthers sont l'emblème du mouvement d'émancipation du peuple noir américain dans les années 1960 aux États Unis. Elles furent fondées par Huey Newton et Bobby Seale, un duo aux facultés oratoires fascinantes. Le photographe Stephen Shames fut leur compagnon de route pendant sept ans.

Enterrement de George Jackson à l'égliste Ste Augustine. Glen Wheeler et Claudia Grayson, connue sous le nom de Soeur Sheeba, posent au premier plan.
Enterrement de George Jackson à l'égliste Ste Augustine. Glen Wheeler et Claudia Grayson, connue sous le nom de Soeur Sheeba, posent au premier plan. © Stephen Shames / courtesy : Steven Kasher Gallery

À Lille, à la Maison Folie Moulins jusqu'au 6 janvier 2019, on peut voir les photographies de Stephen Shames dans l'exposition "Power to the people, The Black Panthers". Audrey Hoareau en est l'une des commissaires et je la reçois aujourd'hui.

Stephen Shames a vécu de l'intérieur l'aventure des Black Panthers aux États-Unis pendant de longues années. Photographe engagé politiquement, il documente la vie quotidienne de ce mouvement qui lutte contre l'oppression du peuple noir.  Par leur éloquence, les dirigeants Huey Newton et Bobby Seale rassemblent. Les mots sont importants, les apparences aussi : tenues vestimentaires et attitudes codifiées. Stephen Shames met ces luttes en image, ce qui n'est pas sans risque, il est le seul blanc au milieu des Black Panthers. 

La révolution a toujours été entre les mains des jeunes. Les jeunes seront toujours les héritiers de la révolution.

– Huey Newton, écrivain et théoricien afro-américain, cofondateur du Black Panther Party

Devant le tribunal - rassemblement en faveur de Booby Seale et Ericka Huggins - New Haven, Connecticut, 1er mai 1970
Devant le tribunal - rassemblement en faveur de Booby Seale et Ericka Huggins - New Haven, Connecticut, 1er mai 1970 / Stephen Shames / courtesy : Steven Kasher Gallery

Le journal du Black Panther Party est l'organe de presse du mouvement, il informe, éduque et promeut le programme en 10 points. En 1970, sa publication varie de 125 000 numéros à 139 000 exemplaires par semaine.  Il est distribué à la criée dans une trentaine de lieux à travers les États Unis. 

Le journal The Black Panthers est l'une des opérations de propagande les plus efficaces du parti. (...) Si l'on peut bâillonner sa voix, cela permettra de l'affaiblir.

– John Edgar Hoover, 1er directeur du FBI (de 1935 à 1972, soit pendant 37 ans)

Vente à la criée du journal The Black Panther, Boston, Massachusetts
Vente à la criée du journal The Black Panther, Boston, Massachusetts / Stephen Shames / courtesy: Steven Kasher Gallery

Protéger et améliorer le sort de la communauté noire est au au cœur de l'idéologie des Black Panthers, avec des programmes d'aide et d'actions sociales.

Aucun enfant ne devrait aller à l'école la faim au ventre.

– Bobby Seale, militant afro-américain pour les droits civiques

Black Panther Breakfast San Francisco, Californie, 1970
Black Panther Breakfast San Francisco, Californie, 1970 / Stephen Shames / courtesy : Steven Kasher Gallery

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l'exposition à la Maison Folie Moulin

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