Cet été, goûtez chaque samedi la crème des émissions de l’année agrémentée de pépites inédites. Ce samedi, Jean-Pierre Laffont et Sandra Calligaro.

Jean-Pierre Laffont

par lui même

« Je suis né français en Algérie, j’ai grandi au Maroc et poursuivi des études de photographie en Suisse, avant de travailler comme photographe de stars à Paris. Mais ce que je voulais vraiment, c’était être photojournaliste et les États-Unis me fascinaient.

Jean-Pierre Laffont et Brigitte Patient
Jean-Pierre Laffont et Brigitte Patient © Radio France / Fanny Leroy

À partir de 1965, et pendant plus de trente ans, j’ai sillonné les États-Unis pour documenter autant de sujets que possible sur la société américaine et capturer l’esprit de cette époque.
 Dans les années 1960, New York était une ville sale et dangereuse. J’ai fait des reportages approfondis sur la construction du World Trade Center, les gangs du Bronx et la violence de la 42e Rue. Ces années symbolisaient la liberté d’expression et c’était excitant d’être jeune. Le pays traversait de profonds changements et il semblait que tout le monde était dans la rue en train de protester. J’ai photographié la génération sex, drugs and rock n’roll, les hippies, la naissance du mouvement de libération des femmes et les astronautes d’Apollo XI revenant de la lune. C’était une période exaltante sur laquelle, cependant, planait l’ombre des crimes de la prison de Cummins Farm, les conditions inacceptables de la
vie carcérale et l’utilisation de la chaise électrique. Il y aura également les assassinats de Martin Luther King et de Robert Kennedy. Dans les années 1970, le rêve américain semblait se désintégrer …

Lorsque je regarde, une à une, ces photos prises pendant ce quart
de siècle, elles semblent au premier abord décrire un état de chaos, émeutes, protestations, désintégration et conflit. Mais prises dans leur ensemble, ces images montrent la naissance houleuse, parfois douloureuse, de l’Amérique du XXIe siècle — une nation où un président noir, des mariages homosexuels et des femmes chefs d’entreprises
sont la norme plutôt que l’exception. Elles accomplissent ce que les photos font de mieux, figeant dans le temps des moments décisifs pour un examen futur. Elles forment un portrait personnel et historique d’un pays que j’ai toujours observé de manière critique, mais avec affection, et pour lequel j’ai une énorme reconnaissance. »

PHOTOS CHOISIES

Dans les années 70, Jean-Pierre Laffont suit un gang new yorkais du nom des Savage skulls , Ils sont d'origine portoricaine, ont entre treize et vingt ans et sont armés. Leurs réglements de compte avec les vendeurs de drogue sont redoutables.

Le gang des Savage Skulls
Le gang des Savage Skulls / Jean-Pierre Laffont

Comme dans une scène de West side story, Ils adorent marcher en ligne côte à côte, occuppant toute la largeur du trottoir, car c'est en groupe qu'ils se sentent forts .

Watergate, Nixon quitte la Maison Blanche en Hélicoptère, le 9 aout 1974
Watergate, Nixon quitte la Maison Blanche en Hélicoptère, le 9 aout 1974 / Jean-Pierre Laffont

Le jour ou je prends cette photo, je manque l'instant ou G. Ford prête serment et devient le 38ème président des Etats-Unis.Lorsque Richard Nixon et sa femme montent dans l'hélicoptère, il se tourne une dernière fois vers la Maison blanche et fait le signe de la victoire avec ses bras, puis la porte se referme. J'ai juste le temps de prendre quatre photos. Cette photo du départ de Nixon deviendra une des photos les plus publiées.

Roc Mc Tigert a 80 ans et vit seul. Il ne peut plus utiliser sa camionnette car l'essence est trop chère. Il se sert de son cheval pour le labourage et le transport.

     Rural crisis ,Dry Banch, Arkansas, 11 décembre1980
Rural crisis ,Dry Banch, Arkansas, 11 décembre1980 / Jean-Pierre Laffont

Ces fermiers m'ont beaucoup ému, je suis moi même né dans une ferme et j'ai suivi de près leur infortune.

►►► POUR ALLER + LOIN |

  • Exposition Tumultueuse Amérique, Au Tri Postal de Lille, dans le cadre des Transphotographiques-2016, jusqu'au 31 juillet
  • Une sélection de ses photos sur l’Amérique et la Chine sera présentée en Chine à PINGYAO dès le 17 septembre 2016
  • La MEP a fait l’acquisition d’une trentaine de ses images qui seront exposées au Festival de Mérignac entre le 19 nov et le 22 janvier

Sandra Calligaro

Sandra Calligaro. Née en 1981. Photographe indépendante, représentée par l’agence Picturetank. Elle travaille entre la France et l’Afghanistan depuis 2007.

Sandra Calligaro
Sandra Calligaro © Radio France / Brigitte Patient

Eléments de parcours

Après avoir suivi des études d’art et de photographie à l’Université Paris 8, Sandra Calligaro s’oriente vers le grand reportage et fait un premier voyage en Afghanistan en 2007. Elle s’y installe finalement quelques mois après. Depuis, la photographe alterne reportages et documentaires pour la presse, commandes multimédia pour le compte d’ONG ainsi que collaborations avec diverses institutions artistiques. Au cours des dernières années, son travail d’auteur s’est principalement concentré sur la ville de Kaboul et l’émergence d’une nouvelle classe urbaine. Le projet, Afghan Dream - réalisé avec une bourse du Centre National de Arts Plastiques,  récompensé  par la Bourse du Talent en 2013 est publié en 2016 aux éditions "Pendant ce temps".

Le travail de Sandra Calligaro est régulièrement exposé : à Corbeil-Essonnes pour L’Oeil Urbain en 2016, au Centquatre, à Paris dans le cadre du festival Circulation(s) 2014 ainsi qu’à la Bibliothèque Nationale de France en 2013; mais aussi à la Maison Européenne de la Photographie, au Musée de la Photographie à Mougins et à l’Institut des Cultures d’Islam à Paris entre 2008 et 2011. La photographe a également collaboré à plusieurs reprises avec l’Institut Français d’Afghanistan à Kaboul, organisant et coordonnant différentes expositions. Elle vient d’entamer la suite d’Afghan Dream : elle photographie les mêmes Afghans, rencontrés hier à Kaboul, aujourd’hui demandeurs d’asile en Europe et en France…

►►► POUR ALLER + LOIN |

PHOTOS CHOISIES

Sous les ruines de Darul Aman, Kaboul, 2012
Sous les ruines de Darul Aman, Kaboul, 2012 / Sandra Calligaro / Picturetank
Mussa, 18 ans. 2010
Mussa, 18 ans. 2010 / Sandra Calligaro / Picturetank
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