Cette semaine, nous recevons Valérie Belin, artiste prolifique qui expose cet été aux rencontres d'Arles sa série Painted Ladies. Elle a été lauréate de nombreux prix, dont le prix Pictet en 2015.

 Sterling silver jug, de la série China Girls, 2018
Sterling silver jug, de la série China Girls, 2018 © Valérie Belin

La photographie montre une jeune femme agenouillée. Elle est environnée d'une nature morte au premier plan, composée d'objets très baroques. Elle est assise sur un tissu qui reprend les motifs de sa robe. Le fond, derrière elle, est composé d'un bouquet de fleur. S'ajoute à cela, un certain nombre de surimpressions de fragments de comics américain. C'est une image très riche, très dense. Cette jeune femme est perdue dans ses pensées.  

- Valérie Belin

L'invitée

Valérie Belin est née en 1964. Elle est diplômée des Beaux-Arts de Bourges et d'un DEA de philosophie à Paris 1. Elle expose ses premières photos au début des années 1990. Puis beaucoup d'autres se sont enchaînées. On peut noter entre autres la rétrospective par la Maison Européenne de la Photographie en 2008; une exposition à Moscou en 2013 et une autre au centre Georges Pompidou en 2015.

Ses premières séries sont consacrées à la représentation d'objets en tous genres : verres en cristal, coffres-forts ou même morceau de viande :

La représentation humaine était très taboue à l'époque. Je suis sortie de l'école avec cette perspective de repeupler mon univers, et ça s'est fait par des objets. Pour moi les verres de cristal étaient la métaphore d'un corps transparent traversé par la lumière. J'ai voulu les photographier comme un portrait. Pareil pour les carcasses de voitures accidentées.

Puis la figure humaine s'impose. En 1999, Valérie Belin signe une série sur des bodybuilders, "mi humain, mi-machine". S'en suit une autre consacrée à des sosies de Michael Jackson, qui explore le thème de la ressemblance :

Etant donné les modifications que Michael Jackson avait opéré sur lui-même, il était déjà un sosie de lui-même. Il suffisait de mimer ces transformations pour pouvoir lui ressembler. De fait, les 5 sosies de cette série sont tous différents, mais ils ressemblent tous à Michael Jackson. Dans cette série, on voit en fait des gueules cassées.

Son oeuvre

 Confession of the lovelorn, de la série All-Star, 2016
Confession of the lovelorn, de la série All-Star, 2016 / Valérie Belin

On aperçoit une jeune femme. il y a une dessin en surimpression, on voit un personnage en pleurs, une femme habillée comme la serveuse d'un diner américain. Peut-être que la première femme est en train de lire cet imprimé... En tout cas il y a une résonance entre la tristesse de cette femme et celle de la serveuse.                                
Ali Rebeihi, producteur de Grand bien vous fasse

Lady_Inpainting, de la série Painted Ladies, 2017
Lady_Inpainting, de la série Painted Ladies, 2017 / Valérie Belin

J'ai sous les yeux une photo noir et blanc, travaillée, retouchée. C'est une photo d'une jeune femme, avec un regard un peu triste. Il y a une patte de l'artiste qui prend pour support une photo qui a ensuite été retravaillée, ce qui lui donne une ambiance très particulière qui sort un peu de la photo traditionnelle. Ce qui émane du portrait cette jeune femme c'est vraiment ce regard perdu dans le vague, un peu triste, un peu mélancolique. On se demande à quoi pense cette jeune femme.                            
Eric Hauswald

Pour aller plus loin...

Vous pouvez retrouver tous les travaux de Valérie Belin sur son site.

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