"I am a man, photographies et luttes pour les droits civiques dans le sud des Etats Unis, 1960-1970", est une grande exposition au Pavillon Populaire de Montpellier jusqu'au 6 janvier 2019. William Ferris, commissaire de cette exposition est spécialiste de la culture sudiste américaine.

I am a man
I am a man © Ernest Wither

Cette exposition complète la programmation du Pavillon populaire pour l'année 2018, une programmation consacrée au lien entre photographie et histoire. William Ferris a réunit les travaux de nombreux photographes qui sont des photojournalistes locaux, des amateurs ou des acteurs engagés dans ce combat : le mouvement des droits civiques dans le sud des Etats unis pendant la décennie 60 - 70. 

Les images sont criantes de vérité, elles illustrent le courage des militants qui ont fait face aux violences et aux brutalités du Sud blanc soumis à la discrimination raciale.

Dans les visages et les expressions des hommes et des femmes qui s'inscrivent sur les listes électorales, qui abolissent la ségrégation en s'asseyant au comptoir d'un restaurant réservé aux blancs, qui manifestent dans la rue, nous ressentons leur courage, leur conviction. La tension est toujours là dans les images, comme cette photo ou l'on voit deux femmes noires croisant dans une rue de Salisbury en Caroline du Nord, des membres du KKL qui a semé la terreur de 1964 à 1969.

Ku Klux Klan meeting in Morganton, North Carolina, Sybil Jones speaks
Ku Klux Klan meeting in Morganton, North Carolina, Sybil Jones speaks / Don Sturkey

Appareil photo en main, je me retrouve à photographier une guerre civile dans laquelle je comprenais, horrifié, que les ennemis étaient des gens comme moi (....) qui pensaient que la blancheur de leur peau leur donnait en Amérique plus de droits qu'à ceux dont la peau était foncée (...) il était du devoir des photojournalistes comme moi (...) de montrer de quoi nous étions témoins.

- Art Shay,  (1922-1918) Rédacteur à Life puis photographe indépendant.

De nombreux événements clés sont immortalisés : 

Les scènes quotidiennes dans le Sud des États Unis sont éloquentes : les Freedom Rides (voyages de la liberté) en 1961, des manifestations au cours desquelles des activistes noirs et blancs montent à bord des bus Greyhound et Trailways en direction du Sud pour promouvoir la déségrégation des transports. 

L'entrée de James Meredith à l'Université du Mississippi, le 1er Octobre 1962, premier Afro-Américain à entrer à l'université. En 1966, il commence une marche solitaire, 354 kilomètres, une marche contre la peur, de Memphis au Tennessee jusqu'à Jackson dans le Mississippi. Quinze mille manifestants se joignent à lui. Pendant cette marche, plus de quatre mille Afro Américains s'inscrivent sur les listes électorales.

La marche sur Washington en 1963, 250 000 personnes qui s'assemblent le 28 août 1963 pour promouvoir les droits civiques et économiques des Afro-Americains. Martin Luther King y prononce son célèbre discours "I have a dream". Puis, il organise la marche des pauvres, Mule Train, "il faut qu'on arrive en chariots tirés par des mules". Le 4 avril 1968, il se tient sur le balcon au deuxième étage du Lorraine Motel à Memphis au Tennessee quand il reçoit une balle, il est emmené à l’hôpital où il décède. Son assassin est arrêté le 8 juin 1968 à Londres.

Mule train Leaves for Washington, Poor People's March
Mule train Leaves for Washington, Poor People's March / Ernest Withers

Les 250 photos de cette exposition sont entrées à l'époque dans les foyers américains.

Qui peut être insensible à la vue de ces militants attaqués pour le simple fait qu'ils voulaient voter, manger et étudier dans un établissement public ? Ces photographies ont forcé les spectateurs à prendre parti, à décider s'ils étaient pour ou contre le changement inexorable qui s'opérait. Elles ont été un catalyseur pour l'avancée historique et ont profondément remis en cause le quotidien de tout un chacun

- William R. Ferris, commissaire de l'exposition, ancien conseiller culturel du Président Clinton, dit qu'il est primordial de voir, revoir les luttes de cette décennie pour les droits civiques dans le Sud des Etats Unis, car dans ce pays, la justice est encore malmenée.

Mourner with sign at the King memorial service, 1968
Mourner with sign at the King memorial service, 1968 / Bob Adelman

Pour aller plus loin 

  • L'exposition I am a man est jusqu'au 6 janvier 2018 au Pavillon Populaire de Montpellier. 
  • Le catalogue de l'exposition I am a man est édité chez Hazan
Programmation musicale
  • RAPHAEL HERRERIAS

    La nuit des parachutes

    2018

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