Brigitte Patient reçoit Olivier Culmann, photographe membre du collectif "Tendance floue" qui expose son travail dans le cadre du Festival des Arts visuels de Vevey (Suisse).

Le travail d’Olivier Culmann est traversé par les questions récurrentes de la liberté et du conditionnement. Dans les années 1990, il parcourt plusieurs pays en quête des «mondes de l’école», un travail sur l’institution scolaire, les assujettissements et les insoumissions qui y naissent. Sa photographie interroge l’existence, toujours sur le fil du dérisoire et l’absurde.

Au lendemain des attentats du 11 septembre, il réalise «Autour, New York 2001-2002 », une série consacrée aux spectateurs de l’après-événement, Américains ou touristes venus scruter les ruines du World Trade Center. Les expressions fixées par le photographe fonctionnent ici en miroirs de notre propre sidération face à la catastrophe. Puis, avec « Watching TV » il immortalise les téléspectateurs du monde entier, scrutant l’état des corps et des âmes face aux échos du monde filtrés par les écrans.

À partir de 2010, il formalise une recherche sur les modes de représentation de soi. Passionné par l’imagerie populaire et les codes de mise en scène, il choisit d’utiliser sa propre image pour explorer les fantasmes sociaux et ses interrogations sur l’altérité.

Dans le cadre du Festival Images de Vevey, Olivier Culmann expose deux séries, The Others et Diversions.

  • The Others __

Il s'agit d'un travail sur les codes sociétaux de l’Inde et ses modes de représentation.

Son matériau de base est une série de portraits rendant compte des spécificités visuelles et vestimentaires définissant chaque indien. Dans une société aussi cloisonnée que celle de l’Inde, il s’agit de retranscrire la variété des éléments constituant l’identité de l’individu : religion, caste, classe sociale, profession, origine géographique…

Ces portraits se déclinent ensuite de façon protéiforme et selon les différents procédés de création iconographique pratiqués en Inde : photographie de studio de quartier, utilisation de Photoshop par les laboratoires numériques, peinture…

The Others propose un voyage virtuel à travers l’une des sociétés les plus compartimentées au monde, et dont la production visuelle y est l’une des plus prolifiques.

Par ces photographies, Olivier Culmann explore les limites de la photographie et questionne l’élaboration du statut social à travers la construction de l’image de soi.

  • Phase 1
The Others O. Culmann phase 1
The Others O. Culmann phase 1 © The Others O. Culmann phase1 vevey

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  • Phase 2
The Others O. Culmann phase 2
The Others O. Culmann phase 2 © The Others O. Culmann phase Vevey

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  • Phase 3
The Others O. Culmann phase 3
The Others O. Culmann phase 3 © The Others O. Culmann Vevey
  • Phase 4
The Others O. Culmann phase 4
The Others O. Culmann phase 4 © The Others O. Culmann Vevey

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  • Diversions

"Il y a trois ans, habitant Delhi et prospectant en tant que commissaire pour l’Inde de la biennale Photoquai , je suis allé à la rencontre de plusieurs photographes ou studios de photographie, notamment dans le domaine utilitaire (retouche numérique, publicité, etc.).

L’un d’entre eux m’a montré comment, pour des besoins publicitaires ou de communication, on retouchait les photographies de bâtiments ou d’espaces urbains en y évacuant les personnages indésirables, les fils électriques omniprésents, les traces de pluies de moussons, les déchets qui traînent…

Au final, leurs images présentent des lieux immaculés, vides, calmes, sous un ciel bleu, pur et un soleil éminemment brillant . Autrement dit, une photographie, clean et aseptisée, qui pourrait être perçue comme une image reflet de ce que l’on nomme communément la Shining India .

À Delhi ou à Goa, je suis donc allé faire des photographies de paysages urbains ou de villégiatures, puis je les ai confiées à ce laboratoire de création digitale afin qu’il les traite selon ce même savoir-faire.

En voici un exemple, sur le principe du avant/après ."

Avant:

Olivier Culmann Diversions "avant"
Olivier Culmann Diversions "avant" © Olivier Culmann Diversions "avant"

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Après:

Culmann Diversions après
Culmann Diversions après ©

Festival des Arts visuels Images Vevey du 13 septembre au 5 octobre 2014

Le Festival d’Arts Visuels Images est le premier festival de photographie en plein air de Suisse. Il produit tous les deux ans des expositions de photographie monumentale inédites dans les rues de Vevey; il propose aussi de nombreuses expositions dans divers lieux de la région dédiés à l’image et présente les lauréats du concours qu’il organise: le Grand Prix international de photographie de Vevey.

Entièrement gratuit, le Festival Images est à la fois un véritable musée à ciel ouvert et une plateforme de qualité pour les artistes suisses et internationaux. Pour l’édition de 2012 il a proposé plus de 60 expositions et de nombreux événements et a accueilli plus de 47’000 visiteurs en intérieur et plus de 80’000 en plein air.

La boite à image de Brigitte, lors du festival Images

  • John Baldessari (USA)
John baldessari, Vevey 2014
John baldessari, Vevey 2014 © John baldessari, Vevey 2014

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  • Tadao Cern (Lituanie)
Tadao Cern Vevey 2014/ 1
Tadao Cern Vevey 2014/ 1 © Tadao Cern Vevey 2014/ 1

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Tadao Cern Vevey 2014/ 2
Tadao Cern Vevey 2014/ 2 © Tadao Cern Vevey 2014/

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  • Erik Kessels (Pays-Bas).
Erik Kessels
Erik Kessels © Erik Kessels Vevey 2014

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A LIRE :

Tendance floue/ photo poche
Tendance floue/ photo poche © actes sud

Depuis sa création en France en 1991, le collectif de photographes Tendance Floue propose par son dynamisme, sa capacité d'innovation et l'originalité de son fonctionnement une alternative nouvelle à la notion d'agence photographique. La dimension collective de l'aventure, dans laquelle le "nous" perceptif résulte de la somme des "je" sensibles, s'affirme notamment dans les fameux Mad in , modèles de reportages inédits, nerveux et incisifs, où les compétences et sensibilités de chaque membre s'expriment dans une grande liberté formelle et conceptuelle. Utopique, transgressive, Tendance Floue oppose à la standardisation croissante des pratiques de diffusion et de médiatisation du photoreportage une forme de résistance généreuse, et invente, au fil de ses défis, une nouvelle manière de "vivre la photographie".

Notre partenaire: Réponse photo , la chronique mensuelle de Sylvie Hughes, rédactrice en Chef.

Le numéro d'Octobre, disponible en kiosque depuis le 16 septembre donne carte blanche au photographe Vincent Munier

Réponses photo oct 2014
Réponses photo oct 2014 © Vincent Munier/ Réponses photo

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