Les trois photographes Julien Magre, Emmanuelle Brisson et François travaillent l’intimité. Trois écritures photographiques sensibles et poétiques.

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. © Julien Magre

Julien Magre 

Quand je suis photographe je ne suis plus mari ou plus père. Le statut de photographe me met en position de spectateur, une distance se crée. L’étrange commence là. 

Diplômé des Arts Décoratifs de Paris en 2000, Julien Magre est représenté par la galerie Le Réverbère à Lyon. Ses livres sont publiés aux éditions Filigranes . 

Julien Magre
Julien Magre © Radio France / Brigitte Patient

« Une image n’est pas pensée à l’avance. Elle peut surgir de nulle part. C’est celui qui regarde qui décide si elle est bonne ou pas. »

Louise, 12 ans
Louise, 12 ans / Julien Magre

(Cette photographie est décrite à l'antenne par Eric Delvaux.)

" C’est ma fille, Louise, à l’âge de 12 ans. On ne sait pas exactement où on est. Son visage devient un aplat rouge. J'y lis un peu de mélancolie, de tristesse ou d’ennui sur son visage.»  (Julien Magre)

"Trouver les mots les plus justes possibles pour exprimer une émotion intérieure. Mes photographies ne sont pas légendées. Mais les mots, les textes m’aident à analyser les choses."

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. / Julien Magre

(photographie décrite à l'antenne par Lucie Sarfaty)

«  J’aime beaucoup cette photographie. Il y a quelque chose de très doux et d’angoissant à la fois » (Julien Magre)

Le Livre Je n’ai plus peur du noir de Suzanne Magre et Julien Magre est disponible aux éditions Filigranes.

Si du ciel ne restait qu’une seule pierre, avec un texte de Matthieu Gounelle -  un livre poétique sur les météorites, a paru en juin 2018 (Filigranes Editions) 

La robe et la main paraîtra au mois d’octobre 2018  (Filigranes Editions)

Jusqu'au 2 septembre 2018 : Exposition, Extrait de la série « Elles » à la Biennale de la photographie de Mulhouse.

Jusqu’au 16 septembre 2018  : Un extrait de sa résidence PMU est exposé à l’Hippodrome de Longchamp

Du  8 au 11 novembre 2018, Julien Magre sera exposé dans le cadre  de Paris Photo sur le stand de la galerie Le Réverbère.

Emmanuelle Brisson

C’est la sincérité qui me porte dans mon travail photographique. 

Emmanuelle Brisson travaille la photographie avec son corps, avec sa personnalité, et avec sa mère. 

« J’ai commencé à faire des photographies de dans mon coin, toute seule. Je me suis mise moi-même en scène. Je me levais le matin, et je faisais des photographies avec un sentiment d’urgence. Une série d’autoportraits est née comme ça. Ma première exposition a eu lieu en 2013 à la Villa Pérochon à Niort. Je suis née photographe à ce moment-là. »

Avec sa série « Les profondeurs du coeur » (lauréate du Prix 2017 de la Quinzaine Photographique Nantaise), Emmanuelle Brisson a photographié sa maman pendant deux ans, une dame belle et forte qu'elle a souhaité emmener dans son travail photographique. 

"C’est une histoire entre elle et moi. J’ai tenté de jouer avec elle ; elle a accepté de jouer avec moi"

Photo de la série "Les profondeurs du coeur"
Photo de la série "Les profondeurs du coeur" / Emmanuelle Brisson

"On est parties toutes les deux  dans la forêt par un bel après-midi de début d’automne, à proximité du village où est née ma maman. J’ai commencé à la photographier. C’est là que j’ai décidé de poursuivre cette série."

Photo de la série "Les profondeurs du coeur"
Photo de la série "Les profondeurs du coeur" / Emmanuelle Brisson

"Ce que j’aime dans cette photographie, c’est son dos courbé, qui a tant porté."

Dorian François

Mes livres, c’est comme un film qui se déroule. Les textes étant comme des sons dans ma tête et mes images, les plans du film. Je choisis le noir et blanc parce qu'il laisse un espace pour celui qui regarde. Il permet d’insérer quelque chose de lui-même dans le regard qu’il porte sur l'image.

Agé aujourd’hui de 33 ans, Dorian François a commencé la photographe à l’âge de 20 ans lors de ses voyages, avec l’idée initiale de faire des reportages.  Dans le livre Solitudes (édité par Les éditions du silence), il retrace son parcours en Chine entre 2014 et 2015, avec des images et des textes :

« Au fur et à mesure du voyage, l’écriture s’éloigne du “carnet de photographe" Ce que je vois et vis en Chine m’emporte vers des souvenirs d’enfance, des rêves, des émotions et des questionnements oubliés qui me renvoient à des proches aimés et à la France. Finalement, le journal écrit n’a presque rien à voir avec la Chine, du moins pas celle que je vois, le pays que je photographie. »

Dorian François
Dorian François © Radio France / Brigitte Patient

photographie de Dorian François prise en studio par Brigitte Patient. 

Son  projet "Pépé"  autour de son grand-père paternel, originaire de Bergerac, est né en juin 2014. Alors que Dorian François revient d'un de ses voyages en Chine, il part pour l'été à Bergerac. Sa grand-mère ainsi que sa grand-tante (la soeur de son grand-père) décèdent ce même été. 

"La situation est déroutante. Je fais des photographies, j’écris. Et je réalise alors que me rapprocher de mon grand-père par la photographie me fait du bien. Je me suis dès lors imposé d’aller le voir tous les deux mois, pendant trois ans et demi, avec la volonté de mettre des mots et de poser des réalités sur les questions de mort, de vieillesse, et de maladie."

Pépé
Pépé / Dorian François

La photographie qui illustre la couverture du livre Pépé (décrite à l'antenne par Camille, Stagiaire par France Inter )

"C’est une photographie de Pépé le jour du décès de ma grand-mère."

Exposition "PÉPÉ" à la Galerie Fait & Cause du 25 septembre au 31 octobre - A Paris, 58 rue Quincampoix, 4e arrondissement.  

Le livre "PÉPÉ" sera disponible aux Editions du silence (LEDS), le 18 septembre.

DISQUES

  • Flavient Berger, "Brutalisme"
  • Jorja Smith, "Blue lights"
  • Nina Simone, "Don't let me be misunderstood"
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