Sophie Zénon et Stéphane Lagoutte, exposés au festival du Regard, s'emparent du médium photographique pour évoquer la mémoire et les blessures de la guerre, de Verdun au Liban.

La création d’un nouvel évènement lié à l’image photographique est toujours une bonne nouvelle, surtout quand il est exigeant ! C’est donc le sourire aux lèvres et l’œil pétillant que l’équipe de Regardez voir se penche sur le berceau de ce quasi nouveau-né qui a pour nom « Le Festival du regard ».

Festival du Regard
Festival du Regard

Avec nous, Sophie Zénon et Stéphane Lagoutte, présentent leur travail, exposé à Saint Germain en Laye, du 17 juin au 15 juillet. Et parmi les bonnes fées de ce festival, saluons les deux directrices artistiques : Sylvie Hugues et Mathilde Terraube.

Stéphane Lagoutte, Sophie Zénon et Brigitte Patient ©Fanny Leroy
Stéphane Lagoutte, Sophie Zénon et Brigitte Patient ©Fanny Leroy © Radio France

Stéphane Lagoutte

Stéphane Lagoutte © Stéphane Lagoutte
Stéphane Lagoutte © Stéphane Lagoutte

Je veux pouvoir assumer ma subjectivité. Je veux découvrir le monde, l'autre, le différent. Je veux pouvoir être remis en cause tout au fond de moi. Car il n'est pas de vie sans mouvement.  S. Lagoutte

  • Eléments de parcours

En 2002, le prix de la Fondation Hachette lui permet de mener un travail au long cours sur la rencontre entre le Maghreb et l'Afrique noire en Mauritanie. Un livre : "Mauritanie - Lumière noire" sera édité en 2005 chez Trans Photographic Press. En 2006 ce travail est exposé aux Rencontres internationales de la photographie d'Arles. Ses travaux, sur la campagne présidentielle en Mauritanie en 2007, puis en 2009, un travail intitulé « La Mort à Bénarès" sont présentés à Visa pour l’image. En 2010 il expose à nouveau aux Rencontres d'Arles puis à la B N F sous le titre "Par Ailleurs", un voyage à travers le monde en restant dans la banlieue parisienne.

Né en 1973, Stéphane Lagoutte pose depuis plus de quinze ans un regard singulier sur la société et plus particulièrement les questions liées aux identités et au déracinement en milieu hostile. Il incarne cette génération de photographes qui, tout en continuant d'arpenter les terrains de l'actualité, complète sa vision en documentant le monde, avec un point de vue personnel. Ses études en arts plastiques l'ont sans doute aidé à opérer ce virage du photojournalisme à une photo plus artistique.

Fin 2011, il commence à se rendre au Liban et obtient l'aide à la photographie documentaire du CNAP. Le festival expose sa dernière série "Beyrouth 75-15" ; Stéphane Lagoutte superpose des photographies de la capitale du Liban d'aujourd'hui à des images d'archives retrouvées dans l'Hôtel Excelsior, lieu abandonné et témoin de la guerre civile de 1975. Grâce à la matière des anciennes photographies associée au papier Fine Art, il nous donne la sensation d'effectuer un véritable voyage dans le temps. Stéphane Lagoutte est membre de l'Agence Myop. Il est représenté en France par la galerie La Petite Poule Noire.

Sophie Zénon

Sophie Zénon © Marion Kalter
Sophie Zénon © Marion Kalter
  • Eléments de parcours

De projets en projets, Sophie Zénon affirme son écriture, développe un univers personnel et atypique où l'expérimentation occupe une place centrale. Pour chaque nouvelle recherche, elle fait appel à un outil photographique différent, à une technique de tirage spécifique ou à un support particulier. Ainsi naissent de somptueuses matières, des objets uniques, des installations ou encore des livres d'artiste, tous riches en émotions. Sophie Zénon réalise ses premières photographies à la fin des années 1990 en Mongolie. Sa découverte du chamanisme, ce système global de pensée dans lequel le monde invisible, et notamment les ancêtres, interagit avec le monde des vivants, la mène en 1998 à reprendre des études universitaires en ethnologie et en science des religions. Fortement marquée par cette expérience, sa démarche artistique se concentre depuis la fin des années 2000 sur cette préoccupation de la disparition, sur la mise en scène photographique de l'absence, sur notre rapport au corps après la mort, à la filiation. Lauréate du prix "Résidence pour la photographie" de la Fondation des Treilles (2016), nommée à la villa Kujoyama (2015), au prix Niépce (2011,2015), au prix de l'Académie des Beaux-Arts (2010), lauréate de la bourse Chroniques Nomades (2000) et du prix Kodak de la critique (1999), son travail fait l'objet de nombreuses expositions en Europe et a intégré des collections publiques. Le festival du Regard présente trois œuvres récentes de Sophie Zénon, une pièce unique "Le Corps à vif" (2014) où, à partir des codes religieux du retable, elle met en scène le corps fragmenté, la maladie mais aussi la guérison ; deux livres d'artiste "Le Grand livre de Palerme" (2012), sorte d'album de famille imaginaire et baroque ; et un inédit "Verdun, ses ruines glorieuses" (2013). Dans ce dernier, la photographie fait dialoguer entre eux des extraits du texte "Bataille d'Occident" d'Eric Vuillard, des monotypes et des archives photographiques de la Première Guerre mondiale et des années 1920. Sophie Zénon est représentée en France par la Galerie Thessa Herold (Paris) et la Galerie Les Comptoirs arlésiens (Arles).

Photos choisies

Verdun, ses ruines glorieuses © Sophie Zenon
Verdun, ses ruines glorieuses © Sophie Zenon

Je veux impliquer le spectateur, qu’il soit dedans et non pas extérieur à l’œuvre, d’où l’idée qu’il puisse tourner autour…

Verdun, ses ruines glorieuses © Sophie Zenon
Verdun, ses ruines glorieuses © Sophie Zenon

J’ai travaillé sur la trace, l’empreinte, on peut sentir l’idée du carbone, de la terre de l’empreinte. Sophie Zénon

Le corps à vif © Sophie Zénon
Le corps à vif © Sophie Zénon

J’ai imprimé des photos sur bois, l’image rencontre les nœuds du bois. Les plantes qui sont sur une des faces des objets sont, elles aussi, liées aux plantes médicinales. S. Zénon

Le corps à vif © Sophie Zénon
Le corps à vif © Sophie Zénon
Le corps à vif © Sophie Zénon
Le corps à vif © Sophie Zénon
Liban © Stéphane Lagoutte
Liban © Stéphane Lagoutte

Dans un vieil hôtel de luxe, au Liban, je suis tombé sur de vieux négatifs qui n’intéressait personne... La poussière s’était fondu à la gélatine .  L'image créée par l'usure était comme rongée, brûlée… une métaphore de la guerre. S. Lagoutte

Liban © Stéphane Lagoutte
Liban © Stéphane Lagoutte
Liban © Stéphane Lagoutte
Liban © Stéphane Lagoutte

Regardez voir aussi...

Programmation musicale

Christophe - Océan d'amour (Capitol - 2016)
Yelli Yelli - Achnou (Neating Drum - 2016)
Alain Bashung - Sommes-nous (1998)

Les invités
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.