Willy Ronis, photographe du XXème siècle et monument de son art, se dévoile cette année avec "Willy Ronis par Willy Ronis" au Pavillon Carré de Baudouin, situé dans le XXème arrondissement de Paris, du 27 avril au 29 septembre 2018. “Regardez Voir” reçoit l'un des commissaires de l'exposition, Jean-Claude Gautrand.

WILLY RONIS Les amoureux de la Bastille, Paris, 1957 © Ministère de la Culture - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, dist. RMN-GP, donation Willy Ronis
WILLY RONIS Les amoureux de la Bastille, Paris, 1957 © Ministère de la Culture - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, dist. RMN-GP, donation Willy Ronis

Deux cents photographies de l’artiste Willy Ronis sont à voir gratuitement au sein de cet espace entièrement géré par le XXème arrondissement de Paris.

Willy Ronis, mort en 2009, à presque 100 ans, a capturé toute sa vie et toute son époque avec des photographies dites “humanistes”, cherchant l’essentiel de la vie quotidienne. Dès 1985, il constitue six albums qui deviendront son “testament photographique” : il choisit en effet ses quelques deux cents photographies, dans ses archives personnelles.

Willy Ronis devient reporter photographe en 1936 et n’a eu de cesse jusqu’à sa mort d’observer le monde, avec une perspective anthropocentrée optimiste et bienveillante tout en prenant en compte les aspects difficiles des années trente et quarante en France. Bien que d’abord passionné de musique, il finit par se prendre au jeu de la photographie grâce à son père qui lui offre un Kodak à soufflet 6.5 x 11 cm. Il doit ensuite, après son service militaire, venir l’aider à son magasin, car l’homme est malade. C’est la mort de son père et la vente du magasin en 1936 qui permet à Ronis de se réaliser pleinement en tant que photographie, en sortant notamment pour découvrir les conflits sociaux qui commencent. Ces conflits seront l’un des grands thèmes de photographies de Willy Ronis, comme le monde ouvrier, Paris ou la province. Et il ne cessera jamais de photographier le monde autour de lui.  

WILLY RONIS Le nu provençal, Gordes, 1949 © Ministère de la Culture - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, dist. RMN-GP, donation Willy Ronis
WILLY RONIS Le nu provençal, Gordes, 1949 © Ministère de la Culture - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, dist. RMN-GP, donation Willy Ronis

Jean-Claude Gautrand, que nous recevons aujourd’hui pour parler de cette exposition, est avec Gérard Uféras, un commissaire de l'exposition. Il est photographe, journaliste, et historien de la photographie française. Jean-Claude Gautrand s'intéresse à la photographie dès les années 40 et il devient au fil du temps une figure importante de ce monde en intervenant comme historien ou écrivain. Il participe à de nombreux festivals et fondations de photographies (Arles, Royan, Lyon) et à de nombreux ouvrages comme Histoire de la photographie française ou Visions du sport - photographies 1860-1960 aux éditions Admira. On lui doit également des monographies sur Paris en photographies (Paris, Portrait of a city aux Éditions Taschen) et sur des photographes comme Brassaï (Brassaï, l’Universel aux Éditions Taschen), Hippolyte Bayard (Hippolyte Bayard, naissance de la photographie aux éditions Trois Cailloux) et Willy Ronis (Willy Ronis. Instants dérobés aux éditions Taschen). Jean-Claude Gautrand est bien sûr avant tout photographe, il a fait l’objet de plusieurs rétrospectives, expositions, et se trouve dans plusieurs collections publiques et privées à travers le monde. 

Pour aller plus loin :

  • Le catalogue d’exposition Ronis par Ronis sera publié par les éditions Flammarion. Il sera disponible début octobre pour suivre la fin de l’exposition et sera une édition scientifique intégrale et inédite des 590 images des 6 albums avec les commentaires de Willy Ronis. 
  • L’ouvrage Paris Ronis, publié par les éditions Flammarion, regroupe une centaine d’illustrations centrées sur Paris. 

Voir aussi :

  • Le Prix Niépce Gens d'images 2018 a été remis cette année, le jeudi 17 mai 2018 à Stéphane Lavoué ! Créé en 1955 par Albert Plécy, le prix est soutenu par la Bibliothèque nationale de France et placé sous le patronage du ministère de la Culture et récompense le travail d’un photographe confirmé, âgé de moins de 50 ans, français ou résidant en France depuis plus de trois ans. 
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.