Ferhat Bouda est né en 1976 en Kabylie en Algérie. Il documente la culture Berbère, partout où elle se trouve. Pour témoigner et donner à voir. Comment devient-on photographe ? Portrait d'un photographe sur le fil de l'émotion et de la résistance.

Ferhat Bouda
Ferhat Bouda © Kiên Hoàng Lê

"En documentant la vie des Berbères qui peuplent cette terre généreuse et nourricière, où règne la douceur de vivre, mon projet  s’inscrit dans la démarche d’une culture en résistance. »

Ferhat Bouda se situe dans une tradition de la photographie documentaire etde la narration, de l’essai et de l’engagement. Il mène des enquêtes au long cours aux quatre coins du monde pour photographier les siens, les berbères, partout où ils  vivent. Du maroc jusqu’en Egypte, en passant par le Mali, le Burkina Faso, et le Niger. En zone de paix ou en zone de conflit, comme par exemple auprès des militants de l’Azawad dans le Nord Mali.  

« Je remercie ces peuples qui m’ont permis de les photographier dans leur intimité, ils m’ont accepté chez eu. Ils m’ont  ouvert leur porte et leur coeur. »

Ferhat Bouda vit aujourd'hui en Allemagne. Lauréat de la bourse Pierre et Alexandra Boulat en  2016, Ferhat Boudha est représenté par l’agence VU.

Comment devient-on photographe ? 

" Dans un chantier de la région parisienne, nous vidions un appartement, lorsque je suis tombé sur un appareil qui traînait photo, presque dans la boue. Je l'ai pris, je l'ai nettoyé.  Puis j'ai appris la technique de base. Je n’avais aucune culture. La photographie ne faisait pas partie du tout de ma culture, elle était à l'époque inexistante. "

C’était inimaginable en Algérie de faire de la photographie.

Ferhat Boudha s’investit pour la reconnaissance de l’identité berbère, d'abord par le théâtre et la musique, puis le cinéma le conduit à s’installer en France en 2000. Il pense alors réaliser un film sur sa grand-mère. Jusqu'à ce qu'il trouve, lors d'un de ses petits boulots, un appareil photo... Il décide de se former à la a  photographie, qui se révèle être parfaitement adaptée à sa  sensibilité et à son engagement. 

" Je voulais rencontrer vraiment cette culture. J’ai besoin de beaucoup de temps pour cela. ça prend du temps de mettre en confiance. Je pars, je fais mes repérages, je suis mon instinct sur place. je discute avec les gens, on mange, on boit, on pleure, on rigole ensemble, on chante… Parfois je fais un voyage et  je reviens bredouille, avec très peu d'images. Il faut alors que j’y retourne. "

Les moments les plus intéressants c’est quand on les comprend sans qu’ils parlent, quand on voit le mouvement sans qu’ils bougent.

Ma grand-mère
Ma grand-mère / Ferhat Bouda

(photo décrite par Noëlle Bréham)   "C’est ma grand-mère.  J'ai quitté l’Algérie grâce à elle. Elle m’a secrètement encouragée.  Elle a joué pour moi le rôle du père, du grand-père, de la mère. Elle représente la femme" 

La mère avec sa petite fille
La mère avec sa petite fille / Ferhat Bouda

(photo décrite par Fabrice Barbier) "C’est une mère qui porte son enfant sur son dos. L'enfant a très peur, mais je ne sais pas de quoi elle a peur. De l’appareil ? De l’avenir ? La mère symbolise un passé et un présent, et le bébé : le regard vers futur."

Le site de Ferhat Bouda 

Le site de  l’agence VU 

LIVRE
Le carnet de travail de Ferhat Bouda - Cahiers  2003-2016 est disponible aux éditions Filigranes

DISQUES 

  • Souad Massi, "Raoui"
  • Janelle Monae, « Make me feel »
  • Aquaserge, « Si tu t’en vas »
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