Véronique de Viguerie est photoreporter. Formée sur le tas en Afghanistan au début des années 2000, elle tombe amoureuse du pays et y retournera à plusieurs reprises. Son sujet de prédilection : les zones de conflit.

Femmes policières en Afghanistan
Femmes policières en Afghanistan © Véronique de Viguerie

"Les deux femmes sur la photo font partie de la première unité de femmes policières d’Afghanistan, mise en place en 2007 à Kandahar, dans le sud du pays (ville où ont émergé les talibans). De l’aveu de la photographe, l’apparition de ces unités de police féminines ont permis une vraie prise en charge des cas de femmes battues, ce qui ne se faisait guère avec des policiers seulement masculins. "

Elles sont cependant obligées de porter la burqa pendant l’exercice de leur fonction. Les hommes, qui trouvaient déjà infamant qu’une femme puisse travailler, ne les aurait pas laissé faire sans. 

- Véronique de Viguerie

L’invitée 

Véronique de Viguerie est née le 12 avril 1978 à Toulouse. Fille d’un père photographe, elle contracte à son tour cette passion dans sa jeunesse. Rêvant de devenir militaire, elle obtient une maîtrise de droit avec l’espoir de passer les concours d’officier. Mais elle choisit finalement de s’orienter vers la photographie et part suivre une formation à Londres. Hasard du calendrier, son premier jour de cours a été le 11 septembre 2001.

Sa première expérience de terrain se fera en Afghanistan. C’est le journal dans lequel elle effectue son stage de fin d’étude, le Lincolnshire Echo, qui l’envoie sur place. C’est le coup de foudre pour le pays. Elle y repart à la fin de ses études et passe 3 ans sur place, période pendant laquelle elle devient photoreporter indépendante.

Depuis 13 ans, elle travaille en binôme avec Manon Quérouil-Bruneel. Entre elles, les tâches sont réparties : à Manon Quérouil-Bruneel l’écriture et à Véronique de Viguerie la photo. Ensemble, elles vendent leurs reportages et arpentent le monde à la recherche de nouveaux sujets. Syrie, Irak, Nigeria, Egypte, Brésil, Yémen… Voilà une partie des destinations où elles se sont rendues ensemble.

« Les images qui hantent, ce sont celles qu’on n’a pas pu prendre »

Son oeuvre

 Delta du Niger, au Nigeria
Delta du Niger, au Nigeria / Véronique de Viguerie

"On est sur l’eau, y’a un petit bateau de couleur bleu et des hommes lourdement armés qui portent des bérets rouges. Ils se dirigent droit vers nous. On est dans la mangrove dans le delta du Niger, au Nigeria, et ces hommes font partie du MEND (Mouvement d’Emancipation du Delta du Niger. 

Le Delta du Niger est complètement pourri par l’industrie pétrolière, l’exploitation de cette ressource a plongé le pays dans le chaos. Les hommes n’ont plus moyen de pêcher à cause de la pollution aux produits toxiques rejetés par l’industrie. 

Ce mouvement attaque les compagnies pétrolières, en planifiant des enlèvements par exemple, et demandent une rançon."

Saada, au nord du yemen
Saada, au nord du yemen / Véronique de Viguerie

"Nous sommes dans le Nord du Yémen à Saada, le berceau des Houthis, grands ennemis de l’Arabie. Cette zone remplie de civils a été marquée zone de guerre et bombardée à outrance, notamment avec de armes interdites par les conventions internationales. Là c’est un quartier de la ville qui a été complètement détruit. Pendant ce reportage on s’est pas mal focalisée sur les enfants. "

Le conflit yéménite est tellement compliqué, on s’est dit qu’en revenant aux enfant on ne pouvait pas dire « ils l’ont mérité parce qu’ils sont de tel ou de tel côté.

Pour aller plus loin...

En 2008, Véronique de Viguerie publie Afghanistan, regards croisés, en collaboration avec Marie Bourreau.

En 2011, elle signe avec sa binôme Manon Quérouil-Bruneel Carnets de reportage du XXIe siècle aux éditions Verlhac.

En 2019, Reporters sans Frontière lui a consacré une édition de ses 100 photos pour la liberté de la presse.

Elle expose son travail réalisé aux Philippines au cours du festival Les femmes s'exposent à Houlgate jusqu'au 31 août 2019.

Les invités
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