«‘Une certaine étrangeté’, terme que l’on doit à Samuel Taylor Coleridge, m’a semblé décrire parfaitement et précisément cet élément qui fascine dans la musique ou dans l’art en général ». Andy Summers, Los Angeles, novembre 2018, co-commissaire de l’exposition au pavillon Populaire de Montpellier jusqu'au 14 avril.

Montserrat, juillet 1981
Montserrat, juillet 1981 © Andy Summers

Le Pavillon Populaire de Montpellier, après avoir dédié sa saison 2018 au rapport entre histoire et photographie, ouvre ses portes à la photographie d'Andy Summers, que vous connaissez aussi comme le guitariste du groupe, The Police. C'est la première rétrospective inédite dédiée au musicien photographe.

Gilles Mora est le directeur du Pavillon Populaire de Montpellier. Il est aussi le commissaire de l’exposition, Andy Summers, Une certaine étrangeté, photographies 1979-2018, réalisée en collaboration étroite avec l’artiste. Le Pavillon Populaire de Montpellier propose pour la première fois au monde une rétrospective dédiée au musicien-photographe. 

Autodidacte, Andy Summers propose une œuvre photographique dense, issue de ses explorations diurnes et nocturnes dans les grandes capitales au fur et à mesure de ses pérégrinations musicales, et de ses souvenirs de coulisses du groupe, The Police.

New York, octobre 2004
New York, octobre 2004 / Andy Summers

Andy Summers a connu le succès au début des années 1980 en tant que guitariste et compositeur du groupe de rock, The Police. Mais depuis 1979, il est aussi photographe. Quatre livres présentant ses photographies sont parus : Throb, publié chez William Morrow publishing en 1983, Light Strings avec Ralph Gibson publié en 2004 par Chronicle Books, I'be watching you chez Taschen en 2007 et Desirer Walks the Street en 2009.  Aujourd'hui, le catalogue de l'exposition au Pavillon Populaire de Montpellier, Andy Summers, une certaine étrangeté, sort aux éditions Hazan.

Andy Summers

Assis dans une chambre d’hôtel à New York, en septembre 1979, je regardais la télé tout en grattant ma vieille Telecaster cabossée, quand je me suis dit qu'il fallait que je m'achète un vrai appareil photo. Notre groupe - The Police - commençait à avoir un certain succès aux États-Unis. Soudain, nous nous retrouvions avec des dollars plein les poches et nous accaparions l'attention médiatique : nous étions le nouveau groupe à la mode. On le sentait dans cette ville, où nos noms retentissaient déjà dans la rue. C'était marrant, mais être assis dans une chambre d'hôtel à contempler les murs, c'était ennuyeux, et nous avions besoin de nous occuper. 

Au premier étage, vous allez découvrir des photos petits formats en noir et blanc, alignées comme un journal de sa vie au sein du groupe The Police : les fans, les chambres d'hôtel, les attentes, les loges, la route, Sting et les autres. 

Durant mes débuts, je cherchais un équivalent photographique à la création musicale, car c’était tout ce que je connaissais. C’était ce à quoi je me référais et, comme il a été dit, "tout art aspire à la condition de la musique". Comment fait-on de la musique avec un appareil photo ? Comment fait-on entrer de la musicalité dans une image ? C’est une question intéressante. Que mes clichés ressemblent à ceux des grands photographes ou qu’ils soient pris à la va-vite dans la rue, ce qui est sûr, c’est que ma pratique était guidée par toutes ces années durant lesquelles j’essayais de "faire de la musique".

Beijing China, Août 2012
Beijing China, Août 2012 / Andy Summers

Au rez-de chaussée du Pavillon Populaire de Montpellier, on est hors du "show business". Andy Summers s'échappe de la scène, des coulisses, et profite des villes et des personnages offerts à son regard pour faire des images, en noir et blanc, empreintes de solitude... 

Mon processus de création changea complètement. Je commençais à prendre mon temps, à faire une photo à la fois, la plupart du temps à l’aide d’un objectif 50 millimètres. J’apprenais une nouvelle manière d’être avec cet appareil (un Leica), un changement de regard et, grâce aux pellicules en noir et blanc, je retrouvais le cinéma percutant que j’avais tant aimé à l’adolescence, les films de Truffaut, les photographies de Cartier-Bresson ; tout cela se réconciliait et s’assemblait dans l’objectif du Leica.

Pour aller plus loin

L'exposition au Pavillon Populaire de Montpellier, Andy Summers, une certaine étrangeté, se déroule jusqu'au 14 avril 2019. Entrée libre. Le catalogue est édité par Hazan.

Après sa création à Montpellier, l'exposition sera reprise dès l'été 2019  aux Pays-Bas, au Bonnefantenmuseum de Maastricht - Musée d'art ancien et contemporain. 

Cheng Du China, mai 2015
Cheng Du China, mai 2015 / Andy Summers
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