Un photographe, un économiste de la culture et un commissaire d'exposition, croisent leurs points de vue sur la précarisation du métier.

Profession photographe, un métier fragilisé...
Profession photographe, un métier fragilisé... © urbancow

O.Culmann :

La photographie va très bien et les photographes très mal...

vue du studio 611 D. Sagot-Duvauroux, brigitte Patient et Olivier Culmann
vue du studio 611 D. Sagot-Duvauroux, brigitte Patient et Olivier Culmann / Fanny Leroy

La profession de photographe va mal, de grands groupes de presse ne paient pas en temps et en heure l’achat des images, et remettent ainsi en cause la survie des photographes, comme des agences ou collectifs qui les soutiennent. Dans le domaine culturel, l’état octroie des aides pour le cinéma ou le spectacle vivant, mais pour la photographie rien.

Pour mieux comprendre, dans quelles conditions travaillent les photographes aujourd’hui nous recevons :

  • Dominique Sagot-Duvauroux, économiste, enseignant-chercheur à l’Université d’Angers, spécialiste des questions d’économie culturelle
  • Olivier Culmann, photographe et membre du collectif « Tendance Floue »
  • François Cheval, ex directeur du Musée de la photographie de Chalon-sur-Saône, où il a activement soutenu la création photographique pendant 20 ans.
Dominique Sagot-Duvauroux et Olivier Culmann poursuivent leur échange à la sortie du studio...
Dominique Sagot-Duvauroux et Olivier Culmann poursuivent leur échange à la sortie du studio... / Brigitte Patient

Dominique Sagot-Duvauroux

Dominique Sagot-Duvauroux
Dominique Sagot-Duvauroux / Anne Audigier

La valeur de la photo s’évapore et se diffuse partout, inventons un alambic pour récupérer les dividendes. Ne serait-ce pas le rôle de l'Etat ?

Éléments de parcours

Économiste, professeur chercheur à l’université d’Angers, spécialiste des questions d’économie culturelle, il a publié de nombreux articles et ouvrages sur ce thème et réalise régulièrement des recherches et rapports d’expertise pour le ministère de la culture français. Il est par ailleurs membre du Conseil d’Administration et trésorier du Fond Régional d’Art Contemporain des Pays de la Loire , membre du conseil d’administration de Trempolino, la Fabrique Nantes , association de soutien aux artistes musiciens en émergence. il est également membre du comité directeur de l’association Les Gens d’Images qui soutient la photographie, notamment en décernant chaque année les prix Niepce (meilleur photographe français) et Nadar (meilleur livre de photographie édité en France). Dominique Sagot-Duvauroux a signé deux ouvrages: Le marché de l’art contemporain, Ed de la Découverte et Les collectionneurs d’art contemporain, Ed. La documentation française.

Dominique Sagot-Duvauroux :

On paye les photos à des prix dérisoires qui ne permettent pas au photographe de vivre de leur travail. On parle de vol et de piraterie dans le domaine du droit d’auteur, mais là il y a vraiment une forme d’abus.

Olivier Culmann

Olivier culmann
Olivier culmann / Soham Gupta

Un conseil à un jeune photographe: ayez de l'audace et soyez patient.

Photographe depuis 25 ans, Olivier Culmann a traversé la révolution numérique et partage avec nous son analyse de la situation actuelle du métier.

Éléments de parcours

Né en 1970 à Paris, Olivier Culmann est photographe depuis 1992 et membre du collectif Tendance Floue depuis 1996. Le conditionnement social et le libre-arbitre habitent l’œuvre d’Olivier Culmann. À cheval entre l’absurde et le dérisoire, son œuvre analyse avec une acuité millimétrée la question de nos vies quotidiennes et de nos rapports avec les images. Revenant sans relâche sur ses obsessions – et les nôtres –, il nous emporte par son humour et son art de la narration. Son dernier livre : The Others, est paru aux éditions Xavier Barral.

Je viens d’une génération qui a commencé par travailler pour la presse. Aujourd’hui, pour s’en sortir, on se diversifie entre vente de tirage, ateliers de workshop, et commandes corporate (pour les entreprises) …

François Cheval

On peut clairement parler d’une prolétarisation du métier, les écoles de photos qui continuent à faire le plein, fabriquent de futurs chômeurs… Ce qui me soucie, c’est l’absence d’économie alternative à la crise actuelle. La galerie et les musées ne peuvent être une solution pour l'ensemble des photographes. La photo a pour mission de documenter le monde, sa finalité n'est pas pas nécessairement un projet artistique.

Dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris, François Cheval assure avec Nadia Blumenfeld-Charbit le commissariat de l'exposition:

Studio Blumenfeld New York 1941-1960, L'art en contrebande

Du 3 mars au 4 juin 2017, tous les jours sauf le mardi, de 11h à 19h

Regardez voir aussi

Pierre Morel propose un résumé des démarches et des droits des photographes ici

Regardez voir est en partenariat avec le magazine FISHEYE

La playlist de l'émission

  • PARCELS: Myenemy, (2017)
  • BLONDINO: Bleu (2016)
  • Marvin GAYE: I heard it through the grapevine (1968)
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