Regardez voir vous parle aujourd’hui du livre “Jean-François Bauret”, publié chez Contrejour, présentant le travail du photographe Jean-François Bauret disparu en 2014. En parallèle, une exposition expose une quarantaine de photographies vintage de l’artiste à la Galerie Sit Down du 24 mai au 23 juin 2018.

Marie et Laura, 1986
Marie et Laura, 1986 © Jean-François Bauret

Le livre "Jean-François Bauret"

Jean-François Bauret, c’est la première monographie du photographe, mort en 2014. Le livre rassemble un certain nombre de ses photographies, autant des nus que des photographies de publicité. Le récit est rédigé par Gabriel Bauret, frère de Jean-François, commissaire d’expositions et auteur d’ouvrages sur la photographie. La préface du livre est de Claude Nori, photographe et éditeur qui n’hésite pas à replacer le photographe dans le contexte des années 70 et à le décrire comme un “agitateur”. L’avant-propos est d'Anne de Staël, poète, qui trouve dans l’oeuvre de Jean-François Bauret une dimension intérieure propice à son art. 

Proposant des nus photographiques autant que publicitaires terriblement audacieux pour les années 60, faisant poser ses mannequins féminins avec sensualité, langueur, comme avec bestialité, faisant poser ses mannequins masculins avec une posture dite féminine, il a contribué à changer les mentalités, au cœur d’une décennie qui se finira avec Mai 68. 

Les gens que je photographie ne doivent pas rester passifs, je fais appel à leur créativité pour qu’ils soient les coauteurs de mes images. 

Il ouvre en 1962 son studio rue des Batignolles, dans lequel les plus grandes stars défileront tout au long de sa vie. Il travaille très vite pour le magazine Elle, Zoom et expose son travail, autant des photographies de commandes que du travail personnel, tout au long de sa vie. On retient de nombreuses photographies de Jean-François Bauret, donc certaines qui ont fait scandale. L’une des plus audacieuses est présentée en 1967 pour une publicité de la marque de sous-vêtements Sélimaille. Elle montre un homme nu, de profil sur un fond neutre gris. C’est la première fois que l’on voit ça en publicité. C’est le début de la révolution. Il continue en 1970 avec une nouvelle photographie pour la marque Materna : la photographie montre une jeune femme enceinte, totalement nue, qui porte une petite fille également nue qui s’appuie sur le ventre de sa mère pour écouter le bébé. La photographie va créer un vent de remous dans le monde de la photographie. 

Frank Protopapa, Publicité Sélimaille, 1967
Frank Protopapa, Publicité Sélimaille, 1967 / Jean-François Bauret

Le livre alterne mannequins longilignes que l’on connait et reconnait, autant que des personnes ordinaires aux corps que l’on souhaiterait voir plus souvent. Il fit également poser de grands noms comme Klaus Kinski, Michel Tournier ou Serge Gainsbourg. 

Bien qu’audacieux et révolutionnaire, il reste très attaché au monde traditionnel de la photographie. Il participe en 1996 avec Didier de Faÿs et Yan Morvan à la création du site photographie.com et en 1998 à la Bourse du Talent.

L’exposition

La Galerie Sit Down présente Extraits, avec visite de la Galerie sur rendez-vous. 

Elle expose une quarantaine de photographies vintages du photographe, comme Isabelle, 1987, ou le Frank Protopapa, Publicité Sélimaille, 1967 ou encore Marie et Laura, 1986

Aller plus loin

  • Exposition Extraits à la Galerie Sit Down dans le 3ème arrondissement de Paris du 24 mai au 23 juin 2018.
  • Livre Jean François Bauret aux éditions Contrejour
Programmation musicale
  • PARCELS

    Tieduprightnow (radio edit)

    2018

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