Newsha Tavakolian est une jeune photographe iranienne, elle est née en 1981 à Téhéran. Elle s'inscrit dans la lignée des artistes persans qui contourne les interdits pour leurs créations. Elle est associée à Magnum Photos depuis 2017. Du 9 janvier au 17 février à La Filature, Mulhouse :" I know why the rebel sings".

Portrait de Beritan Khabat, 20 ans, de Derek. Rojava, Serikani, Syrie, 2015
Portrait de Beritan Khabat, 20 ans, de Derek. Rojava, Serikani, Syrie, 2015 © Newsha Tavakolian / Magnum Photos

L'exposition à la Filature, scène nationale de Mulhouse, présente les séries photographiques,installations sonores et vidéos consacrées à la jeunesse de Téhéran (Blank pages et Look), aux combattantes du Kurdistan irakien en Syrie (Ocalan’s Angels), aux femmes des FARC en Colombie, aux chanteuses iraniennes face aux interdits (Listen), à une victime yazedi (A Thousand Words for a Picture I Never Took). Emmanuel Walter et Emmanuelle Hascoët ont, avec Newsha Tavakolian, crée cette exposition. 

Je reçois Emmanuelle Hascoët, responsables des expositions chez Magnum Photos, elle nous parle de l'une des séries exposées à Mulhouse : "Listen".

Pour moi,  la voix d’une femme représente un pouvoir ; si vous la taisez, la société entière se trouve déséquilibrée et tout est déformé. Le projet Listen fait écho aux voix de ces femmes réduites au silence. J’ai laissé des chanteuses iraniennes se produire devant mon objectif alors que le monde ne les avait jamais entendues.

Newsha Tavakolian 

Iran, 2010
Iran, 2010 / Newsha Tavakolian / Magnum Photos

Newsha Tavakolian découvre le médium photographique à 16 ans et s’engage alors dans une carrière de photographe-reporter.En 1999, elle couvre le soulèvement étudiant en Iran, en 2002 la guerre en Irak ainsi que plusieurs conflits régionaux. Elle a su s’imposer en tant que photojournaliste et collabore aux grands magazines comme Newsweek, The New York Times, Stern, Der Spiegel ou Le Monde. C'est au moment de l’élection présidentielle iranienne en 2009 qui se termine dans le chaos qu'elle met de côté son activité photo journalistique. Sa photographie est désormais en suggestion, mise en scène. En allant du coté de l'intime, elle revient vers le politique.

J’ai appris à dire ce que je pensais à travers mes photos en maniant l’ambiguïté, sans être jamais explicite. Il a fallu beaucoup d’entraînement pour y arriver. Ce nouveau langage est devenu ma signature. On le décèle aussi dans les clichés que je prends à l’extérieur de l’Iran. 

-  Newsha Tavakolian dans le catalogue de l’exposition dont elle était co-commissaire aux Rencontres d'Arles en 2017 : Iran, année 38.

Les forces paramilitaires Iraniennes rejouent la guerre Iran-Iraq (1980-1988) dans le sud de Téhéran, 2015
Les forces paramilitaires Iraniennes rejouent la guerre Iran-Iraq (1980-1988) dans le sud de Téhéran, 2015 / Newsha Tavakolian / Magnum Photos

Autre série évoquée par Emmanuelle Hascoët, "A thousand words dfor a picture I never took" qui est une création pour l'exposition à la Filature. L'installation témoigne de la rencontre de la photographe avec une jeune fille yazidi victime d’un enlèvement et de viols par des hommes de Daesch. Le texte de Newsha Tavakolian a été mis en voix par la metteuse en scène Charlotte Lagrange.

Pour aller plus loin 

Le site de Newsha Tavakolian et de Magnum Photos 

L'adresse pour découvrir les projets de Fovearts.

Iran, années 38 aux éditions Textuel.

Emmanuelle Hascoët travaille pour Magnum Photos mais aussi là. 

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