Actrice prolifique, à l'écran comme sur les planches, Anny Duperey a eu pendant des années, en marge de son travail, une pratique photographique amateure. Ces clichés sont exposés aujourd'hui. Plongée dans le monde intérieur de l'actrice...

Le pommier
Le pommier © Anny Duperey

C'est un petit pommier dans la brume que j'ai appelée la Branche cassée, parce que c'est ce détail qui donne sa profondeur à la photo. Les herbes devant sont aussi très jolies. J'aime beaucoup les brumes. C'est un peu bateau mais je dois dire que j'ai beaucoup d'affection pour ce petit pommier.     

  - Anny Duperey

L'invitée

On la connaît pour son travail de comédienne, moins pour son travail de photographe. Et pourtant, il n’est pas négligeable. Sa pratique de la photo puise ses origines dans sa jeunesse et sa vie de famille. Anny Duperey naît en 1947 de deux parents photographes. Mais c’est sa grand-mère qui se charge de l’élever : ses deux parents meurent de façon accidentelle alors qu’elle n’a que 8 ans.

Elle s'intéresse originellement à la peinture et passe deux années aux Beaux-Arts de Rouen, mais refuse d'être appelée "peintre". Puis, consciemment ou pas, Anny Duperey se lance dans les traces parentales lorsqu’elle achète en 1971 un boîtier Leicaflex, qu’elle possède encore aujourd’hui. 

Sa pratique va rester purement amateure. Elle photographie beaucoup ses amis, qui passent par la maison de famille corrézienne qu’elle partage un temps avec Bernard Giraudeau. Marie Dubois, Isabelle Adjani ou encore Jean-Pierre Léaud, sont autant de stars passées devant l'objectif d'Anny Duperey. Mais d'autres photographies sont aussi plus abstraites, plus contemplatives.

Ca fait 20 ans que mes négatifs dorment dans des placards. Je n’avais aucune de raison de montrer ces photos à quiconque. Je n’étais pas photographe, même si j’ai aimé cela passionnément.

En vingt années de déclenchement de l’objectif, Anny Duperey ne développe pas, ou peu, ses négatifs. Ce n’est que lorsqu’un ami lui propose de l’exposer qu’elle se replonge dans ces clichés. S’en suit la publication d’un livre en novembre 2018, Les Photos d’Anny, aux éditions Seuil.

Anny Duperey est également exposée cette année aux Promenades photographiques de Vendôme, au sein du manège Rochambeau. Sont rassemblées ses photos mais aussi celles de Patricia, sa sœur cadette, et celles de Lucien Legras, son père. La directrice du festival, Odile Andrieu, explique pour Regardez Voir le choix de cette rétrospective familiale, à l’occasion des 15 ans du festival.

Son oeuvre

PHOTO 1

Nous avons des marches et un pan de mur en granit. C'est déjà une indication : on pourrait être dans le Limousin. L'encadrement de la porte en bois à l'air d'être faite en bois... Et il y a ce jeune garçon, qui ressemble furieusement à Bernard Giraudeau. Il a un chapeau qui recouvre tout son front. Et on voit ses yeux, ce regard assez incroyable. Il est en train de dire au photographe "Bah vas-y prends la ta photo si ça te fait plaisir                      
Denis Cheissoux, producteur de CO2 mon amour

Vue de la fenêtre
Vue de la fenêtre / Anny Duperey

Nous sommes des spectateurs derrière une fenêtre. Au premier plan, nous avons une balustrade en fer forgé. La photo n'aurait pas la même dimension s'il n'y avait pas ce personnage emplumé, un moineau sûrement. Ce moineau est en train de regarder ces tours et il se dit "J'ai besoin de picorer, où vais-je aller?" Ce qui est intéressant, c'est que dans ce décor, la nature a toujours sa place quoi qu'il arrive.                    
Denis Cheissoux

Pour aller plus loin :

Le Voile noir, paru aux éditions Seuil. Anny Duperey y revient sur sa vie et sur sa façon de gérer son drame familial.

Les Photos d’Anny, aux éditions Seuil.

Programmation musicale :

  • Renan Luce - On s'habitue à tout
  • Roseaux/Olle Nyman - Heart & Soul
  • Serge Lama - D'aventures en aventures
Les invités
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.