Photographe canadien, Jeff Wall a marqué son époque en faisant entrer l'image photographique dans le champ des arts plastiques.

Jeff Wall

Jeff Wall
Jeff Wall ©

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Ce qui m’intéresse c’est l’interaction entre les différentes formes photographiques .J’essaye toujours de suivre divers chemins à la fois et d’élargir ma palette.

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Jeff Wall
Jeff Wall ©

Venu à Paris, pour sa première exposition depuis 20 ans, présentée à La Fondation Henri Cartier Bresson, Jeff Wall nous fait l'honneur de sa présence dansRegardez-voir . Il évoque au micro de Brigitte Patient, sa sensibilité précoce à l’art, ses débuts dans l’art conceptuel et la photographie, les différentes formes que prennent son travail.

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jeff wall et H Manning
jeff wall et H Manning ©

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Harold Manning assure la traduction de ses propos.

Eléments de parcours

Jeff Wall est né en 1946 à Vancouver au Canada dans une famille de la middle class cultivée. Il effectue des études d'histoire de l’art à l’université de Vancouver entre 1968 et 1973 et y rédige une thèse sur le mouvement dada et sur le photomontage et le cinéma. De 1970 à 1973 il étudie à Londres au Courtauld institute les pièces de la peinture moderne et travaille sur John Heartfield et Marcel Duchamp. De 1974 à 1975, il obtient un poste d'enseignant au Nova Scotia College of Art andDesign d'Halifax. Avant de pratiquer la photographie, Jeff Wall tente une courte carrière dans l'art conceptuel entre 1960 et les années 1970 et travaille avec Dennis Wheeler sur des projets vidéo et des scénarios. Il commence les tableaux photographiques en 1977. Il devient progressivement un artiste talentueux et reconnu. Son travail montre qu'il est possible de renouveler la photographie documentaire. A partir de 1978, il débute une longue série, les Transparencies (transparents) dont la première photographie s’intitule The Destroyed Room (1978) qui représente une chambre de jeune fille dévastée par l’artiste. Ses œuvres photographiques sont de dimensions imposantes (pouvant mesurer jusqu’à deux mètres sur trois) et sont présentées à l’intérieur de très sobres caissons lumineux ce qui peut faire penser à des panneaux publicitaires ainsi qu'à des diapositives immenses. Ainsi l'artiste se situe entre une perspective cinématographique. Il est considéré comme novateur dans son domaine mais aussi inclassable car ses travaux se situent entre le cinéma, la photographie et la peinture.

Photos Choisies

Jeff Wall commente 4 images de l'exposition Smaller Pictures présentée à la Fondation Henri Cartier Bresson

1/ The giant , 1992

Jeff Wall giant
Jeff Wall giant ©

"Quand j'ai fait cette image, il ya une vingtaine d'années, je ne pouvais pas rendre sa dimension réelle au personnage de la géante, alors j'en ai fait une petite image. Ca a été le début d'autre chose et m'a libéré du grand format."

2/ Searcher, 2007

Jeff Wall
Jeff Wall ©

Quand j'ai vu cette petite fille sur ce fond vert, j'ai immédiatement vu "a picture", c'est à dire, une image bien composée, je n'avais pas d'appareil photo alors je l'ai prise avec un téléphone mobile basique que j'avais avec moi. J. W.

3/Diagonal composition ,1993

jeff wall a diagonal composition
jeff wall a diagonal composition ©

Cette savonnette prise dans mon laboratoire était sous mes yeux depuis des années et soudain, j'ai vu apparaître cette image.

4/A sapling supported by a post , 2000

Jeff wall tuteur
Jeff wall tuteur ©

Le tuteur, en tant que père j'y vois un symbole bien sûr... Cette image est un peu comme une carte postale, un joli sujet que tout le monde peut comprendre... J. Wall

EXPOSITION

Smaller Pictures

Fondation Henri Cartier Bresson

Du 9 septembre au 20 décembre 2015

jeff Wall torso 1
jeff Wall torso 1 ©

Que signifie l’exposition de petits formats pour un artiste qui s’est plutôt illustré par la grande taille de ses tableaux photographiques ? Faut-il y voir (en dehors de l’exiguïté relative de nos salles) une réévaluation par Jeff Wall de ce qui constitue son oeuvre ? L’artiste, qui a lui-même établi la sélection, n’a choisi que des oeuvres originairement conçues en petits formats, provenant, pour la plupart, de sa collection personnelle. Cette « forme-tableau », à la fois « cinématographique » et « presque documentaire », signe les constructions exigeantes du photographe canadien de Vancouver. Très souvent proposées sous la forme de caissons lumineux qui créèrent en partie sa légende, ses compositions font aussi l’objet de tirages encadrés sous verre, et ce, depuis près de vingt ans. Force est de constater que les petits formats sont là, depuis les premières « errances » du « Landscape Manual » de 1969-70 jusqu’à nos jours et qu’ils cristallisent tour à tour nombre des préoccupations de l’artiste. Grand connaisseur de l’histoire des arts et de la littérature, il lui a fallu, à ses débuts, prendre ses distances avec la tradition de la photographie créative, pour pouvoir se situer à nouveau comme photographe . Il a ainsi pu comprendre comment théâtre et cinéma, et pas seulement quelques grands textes littéraires, étaient constitutifs de sa recherche. À l’heure où il est probablement l’un des artistes les plus sérieux de notre époque, parmi les plus recherchés, et dont le pouvoir enchanteur n’est plus à démontrer, Jeff Wall fait preuve d’une grande liberté.

Agnès Sire

LIVRE

Le catalogue est disponible aux Éditions Xavier Barral

jeff wall smaller pictures
jeff wall smaller pictures ©

Livre enrichi d’une introduction de Jean-François Chevrier et d’un entretien avec l’artiste.

bandeau RV aussi def
bandeau RV aussi def ©

[PHOTOQUAI](We Are Family, du 22/09/15 au 22/11/15 à Paris Pour sa 5ème édition, la biennale de photographie Photoquai s’installe sur les quais de la Seine, au premier étage de la Tour Eiffel et dans d'autres lieux parisiens, pendant deux mois, pour présenter les œuvres inédites de 40 photographes non Européens. Cette année, les images incitent à la réflexion sur la famille : qu'est-ce que )

[Biennale des images du monde, Musée du quai Branly ](We Are Family, du 22/09/15 au 22/11/15 à Paris Pour sa 5ème édition, la biennale de photographie Photoquai s’installe sur les quais de la Seine, au premier étage de la Tour Eiffel et dans d'autres lieux parisiens, pendant deux mois, pour présenter les œuvres inédites de 40 photographes non Européens. Cette année, les images incitent à la réflexion sur la famille : qu'est-ce que )

Du 22 septembre au 22 novembre 2015

Une exposition en accès libre sur le Quai Branly

Joana Choumali

joana choumali
joana choumali © / J choumali

Jouana Choumali est une photographe ivoirienne née à Abidjan en1974.

« La scarification consiste à inciser superficiellement la peau. Sous la pression de la religion et du gouvernement, mais aussi en raison du mode de vie urbain et de l’introduction de l’habillement dans les villages tribaux, cette pratique tend à disparaître. De nos jours, seules les personnes âgées arborent encore sur leur visage ces empreintes du passé. À Abidjan, ils forment la dernière génération des “hââbré” – le mot kô pour écriture et scarification –. Je les ai photographiés tôt le matin ou le dimanche, chacun posant de face et de dos et éclairé de la même façon, sur un fond neutre. Dans un continent tiraillé entre son passé et son avenir, et plus particulièrement en Côte d’Ivoire, où, depuis la crise de 2010-2011, se pose plus que jamais la question de l’identité, il me paraît essentiel de ne pas oublier ces derniers témoins de l’Afrique d’autrefois. » – Joana Choumali

Ce qui jadis était la norme et traduisait un rang social élevé a fait d’eux des “ exclus ”. J’ai d’ailleurs eu du mal, parfois, à trouver des modèles.

Luis Arturo Aguirre

Né en 1983 à Acapulco (Mexique), L A. Aguirre a commencé la photographie à 17 ans. Bercé par la pop culture et le kitsch, il construit une œuvre nourrie de musique, de cinéma, de peinture et s’inspire aussi des personnages qu’il croise dans la rue. Il est l’un des lauréats 2012 de la XVe Biennale de photographie de Mexico. Il vit et travaille à Acapulco.

Luis Arturo Aguirre
Luis Arturo Aguirre ©

Je me souviens avoir été choqué la première fois que j’ai vu un travesti. Je devais avoir 7 ou 8 ans, j’accompagnai ma tante au marché principal d’Acapulco et je le vis, “lui”. Il se tenait devant l’étal de fruits, cheveux bouclés, peau très sombre, bras musclés, paupières fardées de bleu électrique et lèvres rouges.– Entre, ma belle ! dit-il à ma tante.J’ignore si ce fut sa voix ou son corps qui me troubla le plus...

La série résulte de ma fascination pour les travestis. Leur capacité à se transformer en “femmes” incroyablement belles me stupéfie .

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Le catalogue de l'exposition est disponible auxEditions Actes Sud sous le titreWe are family

livre photo quai
livre photo quai ©

Saluée dès sa première édition pour sa pertinence et son originalité, Photoquai poursuit sa mission fondamentale : mettre en valeur et faire connaître des photographes dont l’œuvre reste inédite ou peu connue en France ; susciter des échanges, des croisements de regards sur le monde.

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