Trois photographes se cachent derrière ce nom, Nadar : Félix Tournachon, son frère Adrien, et Paul, le fils d'Adrien. À la Bibliothèque Nationale de France à Paris, l'exposition "Les Nadar, une légende photographique" retrace l'histoire de cette entreprise familiale et commerciale qui s'est déployée sur un siècle.

Paul Nadar, Sarah Bernhardt dans Pierrot assassin, vers 1883 BnF, département des Estampes et de la photographie
Paul Nadar, Sarah Bernhardt dans Pierrot assassin, vers 1883 BnF, département des Estampes et de la photographie

Tirages originaux, caricatures, dessins, peintures, écrits, objets : toute l'histoire de l'atelier Nadar, l'un des ateliers les plus importants et les plus durables des débuts de la photographie, est exploré par  les deux commissaires de l'exposition Les Nadar, une légende photographique, Sylvie Aubenas et Anne Lacoste.

Félix Nadar (1820-1910), le plus connu, son frère Adrien Tournachon (1825-1903) et son fils Paul Nadar (1856-1939) furent tout à la fois photographes, peintres, dessinateurs et inventeurs

Une exposition en trois parties : trois parties illustrent les caractéristiques de l’entreprise des Nadar, des années 1850 à la fin des années 1930

Les Nadar par les Nadar

Cette première partie fait la lumière sur l’histoire familiale en présentant une sélection des très nombreux portraits et autoportraits des trois photographes et d’Ernestine Nadar, épouse de Félix et mère de Paul qui a eu un rôle primordial dans le succès de l'entreprise. Souvent mis en scène, travestis, scénarisés, ces portraits constituent une légende familiale qui va des prises de vues en studio dans les années 1850 jusqu’aux instantanés Kodak de Paul Nadar. Ils témoignent en filigrane de l’histoire de la représentation photographique elle-même

Félix, c’est une figure flamboyante du XIXe siècle, Adrien pourrait presque faire figure d’artiste maudit, et Paul est un petit garçon qui naît dans le studio :  on voit les premières photos de lui au sein de sa nourrice, il est choyé par sa mère, il bénéficie d’une existence privilégiée et lui, contrairement à son père  va rechercher une clientèle élitiste.

– Anne Lacoste (commissaire de l'exposition)

Adrien Tournachon, Autoportrait au chapeau de paille, vers 1854 BnF, département des Estampes et de la photographie
Adrien Tournachon, Autoportrait au chapeau de paille, vers 1854 BnF, département des Estampes et de la photographie

Art et industrie du portrait

Ici, ce sont les œuvres les plus connues des Nadar : les portraits emblématiques des célébrités de leur temps : Georges Sand, Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé, Sarah Bernhardt...

Les ateliers successifs des Nadar à Paris, et pour une courte période à Marseille, sont illustrés par des photographies des lieux eux-mêmes, des bâtiments, des salons de réception comme des coulisses de ces adresses alors très réputées. 

Félix Nadar, Charles Baudelaire, 1862 BnF, département des Estampes et de la photographie
Félix Nadar, Charles Baudelaire, 1862 BnF, département des Estampes et de la photographie

Il y a une photographie  que je trouve particulièrement intéressante, c’est ce portrait de Baudelaire, puisque c’est un portrait qui est flou. Ça doit être le seul portait flou de cette exposition, et là on voit bien l’importance du regard et comment une photographie floue peut être particulièrement réussie.

– Anne Lacoste (commissaire de l'exposition)

Félix et Paul Nadar, Victor Hugo sur son lit de mort, 1885 BnF, département des Estampes et de la photographie
Félix et Paul Nadar, Victor Hugo sur son lit de mort, 1885 BnF, département des Estampes et de la photographie

Art et sciences

La dernière partie de l’exposition établit le lien des Nadar avec les découvertes scientifiques de leur temps.

Adrien Tournachon reçoit des commandes pour documenter l’amélioration des races d’animaux d’élevage, il collabore aussi avec le docteur Duchenne de Boulogne pour saisir le mécanisme de la physionomie humaine.

Félix Nadar se fait aussi connaître pour son utilisation pionnière de l’électricité pour les prises de vue nocturnes, souterraines et sous-marines : portraits, reportages dans les égouts et les catacombes de la capitale, photographies sous la mer dans des caissons étanches dans le port de Marseille... Il réalise aussi les premières photographies aériennes.

Paul Nadar, représentant de Kodak en France et lui-même créateur d’un nouvel appareil très maniable, l’Express-Détective Nadar, se révèle un promoteur de l’instantané et un fournisseur de matériel très apprécié des premiers amateurs. 

Leur implication personnelle dans l’atelier, leurs relations complexes et la manière dont ils utilisèrent leur propre image pour promouvoir l'entreprise familiale et leur production sont mis en lumière dans l'exposition.

Félix Nadar, Félix Nadar et sa femme Ernestine posant en ballon dans leur atelier, épreuve non recadrée, vers 1863 BnF, département des Estampes et de la photographie
Félix Nadar, Félix Nadar et sa femme Ernestine posant en ballon dans leur atelier, épreuve non recadrée, vers 1863 BnF, département des Estampes et de la photographie

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