Jane Evelyn Atwood est la marraine des "Femmes s'exposent" à Houlgate, ou elle expose un travail inédit en France. L'occasion de revenir sur une oeuvre qui se veut humaniste, de ses débuts rue des Lombards en compagnie d'une prostituée dénommée Blondine, aux couloirs de la mort qu'elle a pu arpenter avec son boîtier.

Jane Evelyn Atwood
Jane Evelyn Atwood © Getty

L'invité

Jane Evelyn Atwood est née à New-York en 1947. Elle arrive à Paris en 1971. Influencée par une exposition de Diane Arbus qu'elle avait vu aux Etats-Unis, elle veut photographie les "gens". Très timide, la jeune photographe se force à rencontrer les futurs sujets de ses photos. C'est comme cela qu'elle rencontre Blondine, une prostituée basée au 19 rue des Lombards. Elle se liera à elle et passera beaucoup de temps à photographier son quotidien et celui de certaines collègues.

Cette année, Jane Evelyn Atwood est la marraine de la 2e édition des Femmes s'exposent, jusqu'au 31 août à Houlgate. Elle y expose un travail inédit en France : Badante. Cette série résulte d'une commande passée il y a quelques années par la ville italienne de Bolzano, dans le nord-est du pays. On y découvre Daria, une jeune femme ukrainienne venue en Italie pour être une "badante". C'est-à-dire un genre d'auxiliaire de vie qui va vivre chez des personnes âgées pour s'en occuper en l'échange d'un salaire. Daria, l'héroïne de Jane Evelyn Atwodd, vit avec quatre vieilles sœurs, toutes gravement malade. Elle envoie le fruit de son travail à sa famille, restée en Ukraine, qui parvient à survivre grâce à cette entrée d'argent.

Mais Jane Evelyn Atwood est aussi connue pour son travail titanesque sur les femmes en prison. En 9 ans, elle s'est rendue dans une quarantaine de prisons pour femme à travers le monde. Au départ, elle souhaite se focaliser sur la France, mais ses différentes demandes auprès de l'administration mettent du temps à aboutir. Systématiquement, Jane Evelyn Atwood demande à passer 7 jours sur place. le minimum pour se permettre d'assister à de vraies scènes de vie carcérale. Ces scènes que l'administration, qui accompagne constamment la photographe, ne souhaite pas forcément qu'elle voit. 

Je suis fascinée depuis le début par les monde clos. La prison représente le monde clos le plus extrême qui existe, pour moi en tout cas. Et en plus, c'est l'être humain qui a inventé cette idée de créer un monde clos pour les gens qui ne peuvent pas être avec le reste de la société. C'est ça qui m'a intrigué. 

Son oeuvre 

Couple qui s'embrasse
Couple qui s'embrasse / Jane Evelyn Atwood

Ce couple est en train de s'enlacer et de s'embrasser. La façon dont ils le font semble assez intense. On ne voit pas leurs visages mais on peut imaginer que c'est un baiser langoureux, un vrai baiser amoureux. Et puis quand on monte un peu les yeux, on voit cette lumière un peu éblouissante. Un éclairage néon, derrière une fenêtre à barreaux. Peut-être que nous sommes dans une prison ?           

- Nicolas Stoufflet, producteur du Jeu des 1000 €

Daria, badante ukrainienne, couche l'une des 4 sœurs dont elle s'occupe quotidiennement
Daria, badante ukrainienne, couche l'une des 4 sœurs dont elle s'occupe quotidiennement / Jane Evelyn Atwood
Dans les couloirs du 19 rue des Lombards
Dans les couloirs du 19 rue des Lombards / Jane Evelyn Atwood

Pour aller plus loin :

Vous pouvez retrouver son travail sur son site personnel.

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